Indre : un collectif d'associations lance un appel à la solidarité pour les foyers les plus modestes

Droit au Logement 36, d'autres associations nationales et de nombreuses personnalités publiques, appellent les citoyens à arrêter de payer leur loyer pour obtenir un moratoire en faveur des foyers les plus modestes. 

Depuis le confinement, le nombre de foyers qui ne peuvent plus payer leur loyer a augmenté
Depuis le confinement, le nombre de foyers qui ne peuvent plus payer leur loyer a augmenté © Richard Villalon/MaxPPP

Les entreprises n'auront pas été les seules à souffrir financièrement du confinement. Selon le chercheur de l'IRES Pierre Concialdi2,5 à 2,8 millions de ménages français ont vu leurs revenus diminuer voire disparaître pendant cette période.

Les causes de cette baisse de revenus sont multiples : chômage partiel voire total, augmentation des dépenses alimentaires et énergétiques, baisse des aides alimentaires... Chaque fois, la conséquence est la même : les foyers les plus modestes peinent à payer leurs loyers en temps et en heure.

Pour pallier cette inégalité rendue plus importante encore durant le confinement, un collectif d'associations dont Droit au Logement (DAL) 36 et de personnalités publiques appellent à la solidarité des citoyens. Pour celà, ces derniers sont incités à arrêter de payer leurs loyers pour alerter les bailleurs sur une situtation de plus en plus critique. 

Par le biais de cette action, DAL36 espère interpeller le gouvernement et les société HLM du danger qui menance plusieurs miliers de locataires : "le gouvernement prend le risque inconsidéré de provoquer des procédures d’expulsion massives et d’ajouter à l’angoisse générée par l’épidémie celle des locataires en difficulté économique".

Le but de l'opération : faire pression sur les bailleurs pour obtenir un moratoire des loyers pour les foyers en difficulté, une augmentation des APL et un arrêt des procédures à l'encontre des locataires (expulsions, suspensions de bail...)

Une initiative déjà expérimentée en Europe

Les associations espèrent éviter à de nombreuses familles de se retrouver à la rue. En effet, alors que la fin de la trève hivernale a été repoussée au 10 juillet, les expulsions risquent d'être plus importantes que les années précédentes à cause de la baisse significative des revenus après le confinement.

L'idée du report de paiement est donc plébicité par les associations, et largement inspirée des politiques allemandes et suisses, puisque nos voisins européens ont décidé d'instaurer un moratoire des loyers pour une période de trois mois pour les locataires les plus modestes, avec un délai de paiement s’étendant jusqu’à septembre 2022.

Certaines grandes villes étrangères comme Barcelone ou Lisbonne ont, elles aussi, décidé de geler les loyers HLM jusqu'à la fin juin au moins.

Le DAL espère donc obtenir de tels résultats avec l'opération Locataires solidaires : "Nous demandons aux communes, départements et intercommunalités à la tête d’un organisme HLM, et à l’ensemble des bailleurs, de ne prendre aucune sanction à l’égard des locataires solidaires et de leurs locataires en difficulté du fait de la pandémie".

Afin de réunir un maximum de soutien, le DAL a créé un site internet dédié à cette opération solidaire. Les personnalités publiques sont nombreuses à avoir signé cet appel : Jean-Luc Mélenchon, l'actrice Adèle Haenel, la chanteuse Aloïse Sauvage ou encore Philippe Poutou. A l'heure actuelle, Locataires solidaires recueille 1 912 signatures.

 

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