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Indre : les retombées de la polémique devant l'abattoir du Boischaut

L'abattoir du Boischaut a été temporairement fermé - Photo d'illustration / © GUILLAUME SOUVANT / AFP
L'abattoir du Boischaut a été temporairement fermé - Photo d'illustration / © GUILLAUME SOUVANT / AFP

Clients indifférents, professionnels sceptiques et syndicalistes en colère : les réactions face à la polémique suscitée par les nouvelles images de l'association L214. 

Par Avec AFP

Devant l'abattoir municipal du Boischaut, dans l'Indre, fermé provisoirement samedi après la diffusion d'une vidéo de L214 y dénonçant la maltraitance animale, un employé vêtu de blanc s'activait ce 5 novembre au matin.

"Je lave", lâche-t-il, tandis que des clients l'interrogent sur la date de réouverture de l'établissement. L'après-midi même, une équipe de la  Direction
départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations était sur place pour une enquête administrative, selon l'AFP. 
 

Une partie des 17 salariés a été priée de prendre des congés. Dans le département, la profession oscille entre incompréhension et craintes pour l'avenir de la filière.
 

Les professionnels avancent des explications


"On n'est pas au manège enchanté", tacle Philippe Demiot, président de la FDSEA. Il juge "discutable" la "méthode" de l'association L214. Le responsable redoute une baisse des cours, dans une filière à la santé déjà fragile. "On veut protéger les animaux et on détruit les hommes, les éleveurs qui veulent amener de bons produits aux clients sont pris au piège", estime-t-il. 
 

Au rayon boucherie d'un supermarché voisin de l'abattoir, les clients restaient indifférents à la polémique. Mais un panonceau : "Notre viande de boeuf est abattue chez Tricoche à Mérigny", a été apposé sur la vitrine réfrigérée.

Les éleveurs du coin, eux, sont partagés. A la ferme de l'Étang, située à proximité de l'abattoir, Maxime Pion, responsable local des Jeunes agriculteurs, est lui plutôt étonné: "S'il y avait des problèmes flagrants et réguliers, ça serait remonté", commente-t-il, précisant qu'un agent de la DDCSPP est "en permanence dans les locaux" de l'abattoir. "Ces images, on ne peut les cautionner", ajoute t-il, assurant qu'il n'y a "pas d'excuses".

Philippe Condy, ancien éleveur de brebis, estime que le problème vient d'un manque de formation du personnel.  "Sur les 17 salariés, j'en connais plusieurs qui sont là depuis 15-20 ans et font bien leur métier, mais le reste du personnel est là un peu par dépit, et manque de qualification."

Éric Jouhanneau, éleveur bovin, se dit choqué par les images. "Ça refroidit. Il faut tuer les animaux dans les règles, je n'ai jamais vu ce genre de choses", assure-t-il. Pour lui, l'abattoir n'aurait pas dû être géré par une communauté de communes. 
 

Vers un affrontement en justice


Le président de la communauté de commune, lui, renvoie la responsabilité vers des employés qui ne respecteraient pas les protocoles mis en place. Le contre-la-montre est lancé. Selon le président de la communauté de communes chargée de la gestion de l'établissement, François Daugeron, "on a trois mois pour trouver un fonctionnement qui soit validé par les services de l'État".

Animaux suspendus par une patte, découpés alors qu'ils semblent encore conscients... La vidéo choc diffusée vendredi par L214 a provoqué la réaction rapide du ministère de l'Agriculture qui a ordonné le lendemain la fermeture provisoire de l'établissement public.

Deux plaintes s'affronteront devant la jusitce : l'une par l'abattoir pour intrusion et captation d'image d'un lieu privé ; l'autre par L214 pour "maltraitance animale".
 

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