INFOGRAPHIE. Le variant Delta désormais majoritaire en Centre-Val de Loire, le Loir-et-Cher voit rouge

Publié le Mis à jour le
Écrit par R. Bizeul, avec la rédaction de France 3 CVDL

Malgré la fin des restrictions sanitaires, le Covid-19 demeure présent. La diffusion du variant Delta fait craindre aux autorités une potentielle 4e vague. En Centre-Val de Loire, la situation est disparate mais ce variant bien plus contagieux est désormais dominant dans la région depuis ce weekend.

"Le variant Delta est 6 fois plus contagieux que le variant initial", alertait le Docteur Thierry Prazuck, chef du service des maladies infectieuses du Centre hospitalier régional d’Orléans le 9 juillet dernier. Avec la levée des restrictions sanitaires, la crainte de nombreuses contaminations durant l’été apparaît. La menace est telle qu’elle devrait obliger Emmanuel Macron à durcir le ton et prendre de nouvelles mesures dès lundi 12 juillet 2021. Ce jour-ci, le chef de l’État doit s’adresser aux Français à 20 heures.

Apparu pour la première fois en Centre-Val de Loire le 15 juin 2021 où deux cas avaient été détectés au CHRU de Tours, le variant Delta est désormais majoritaire dans la région depuis ce weekend. A la date du 11 juillet, il représente dans la région 58,9% des cas positifs de Covid-19 ayant la mutation L452R, présente sur le variant Delta, selon les données de Santé Publique France. Au niveau national, le variant est aussi devenu dominant avec 58,8% des contaminations.

Si pour le moment, le Loiret est le moins touché avec une mutation présente dans 30,61% des tests positifs, c’est tout l’inverse dans le Loir-et-Cher. Le variant Delta y représente 79,17% des cas. C'est cependant moins que le 9 juillet dernier, où il avait grimpé à 83,3%.

Entre les deux, l’Indre-et-Loire (63,27%), l’Indre (66,67%) et l’Eure-et-Loir (64%) et le Cher (50%) voient le variant Delta progresser à grande vitesse sur leur territoire. 

Le nombre de cas positifs reste pour le moment relativement faible et les services hospitaliers ne sont pas sous tension. Mais la contagiosité de ce variant Delta fait craindre le pire aux autorités sanitaires.

Pour le Docteur Thierry Prazuck, un seul moyen d’échapper à une forte reprise de l’épidémie : la vaccination totale. "Après une dose, les anticorps qui neutralisent le virus sont encore un peu faibles, ce n’est qu’après la deuxième dose que l’on a une bonne efficacité", explique le chef du service des maladies infectieuses du CHR d’Orléans. Il assure qu’avec les deux doses, l’efficacité des vaccins contre ce variant Delta est de 95 %. Il prend en exemple le cas la Grande-Bretagne où le variant Delta est diffus depuis bien plus longtemps : "On constate que là-bas, le variant Delta se diffuse par les personnes qui n’ont qu’une dose, mais pas celles qui en ont deux."

L’ARS Centre-Val de Loire abonde dans son sens et incite chacun à se faire vacciner, en précisant que, sur toute la région, des doses et des créneaux sont disponibles. Face à la diffusion de ce variant extrêmement contagieux, la vaccination apparaît donc la seule solution pour se protéger soi-même et protéger son entourage. 

"Une immunité collective qui ne viendra que par la vaccination"

En Centre-Val de Loire, selon les données de Santé publique France, 39,4% de la population ont reçu leurs deux doses. Un taux encore trop faible pour contrer le virus, et qui continue d’alimenter le débat sur l’obligation de la vaccination, en particulier pour le personnel soignant.

Interrogé à ce sujet par France 3, le vice-président de l’Association des Maires de France et maire d’Issoudun, André Laignel, a dénoncé une injustice. "Une décision ciblée sur une catégorie spécifique ne peut pas être opportune. C’est une discrimination à l’égard de professionnels impliqués pendant la crise alors qu’ils exercent déjà dans des conditions détériorées", accuse-t-il. 

En attendant une telle décision de la part de l’exécutif, les autorités sanitaires veulent convaincre la population du caractère indispensable de la vaccination. "C’est une véritable course contre le virus, insiste Thierry Prazuck. Il faut qu’on soit en mesure de le stopper en atteignant l’immunité collective à l’aide de la vaccination le plus vite possible." Plus que jamais, il incite chacun à se faire vacciner afin d’éviter cette 4e vague menaçant le pays. 

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