La “petite martyre de l’A10” s’appelle Inass Touloub. Ses parents mis en examen

Frédéric Chevalier, procureur de Blois a tenue une conférence de presse sur l'affaire de la disparue de l'A10 / © F3CVDL
Frédéric Chevalier, procureur de Blois a tenue une conférence de presse sur l'affaire de la disparue de l'A10 / © F3CVDL

Le père et la mère de la fillette de quatre ans dont le corps avait été découvert en 1987 au bord de l'autoroute A10 ont été mis en examen jeudi, a annoncé le procureur de la République de Blois, Frédéric Chevallier.

Par Amélie Rigodanzo

« Inass Touloub a enfin un nom et une identité ». C’est par ces mots que le procureur de la république de Blois, Frédéric Chevallier, a tenu à débuter sa déclaration.

Née le 3 juillet 1983 à Casablanca, Inass a vécu 18 mois avec sa grand-mère maternelle au Maroc avant de rejoindre ses parents en 1985 qui vivaient alors à Puteaux en région parisienne.

L’enfant était Inscrite dans une école maternelle mais n’a jamais été scolarisée. « Elle a été déclarée dans les fichiers de la CAF, elle a été inscrite sur des passeports, sur un livret de famille donc elle a eu une existence légale et juridique », a déclaré le représentant du parquet.

Inass était la troisième d’une fratrie de 7 enfants (3 filles et 4 garçons). Elle a été retrouvée morte, le corps mutilé et emmailloté, le 11 août 1987 sur les bords de l’autoroute A10 à hauteur de Suèvres dans le Loir-et-Cher.

Les parents s’accusent mutuellement


Séparés depuis 2010, les  parents de la fillette ont été interpellés mardi 12 juin au matin à leurs domiciles respectifs. Le père d’Inass âgé aujourd’hui de 66 ans vivait toujours à Puteaux tandis que sa mère (64 ans) habitait Villers- Cotterêts dans l’Aisne.

Au cours de leurs gardes à vues, tous deux se sont renvoyés la responsabilité des blessures causées à l’enfant et qui ont provoqué sa mort.

C’est le 10 août 1987, la veille de la découverte du corps sur l’autoroute, que l’enfant serait morte. En rentrant chez lui ce jour-là, le père d’Inass aurait découvert le corps inanimé de sa fille et dit avoir été « suffisamment lâche pour ne pas faire autre chose que de partir vers le Maroc » selon les mots du procureur. Sur la route, alors que les deux sœurs et le frère d’Inass étaient dans la voiture, le couple a déposé le corps de la fillette.

Le père a expliqué avoir « vécu un enfer » avec son épouse, affirmant que cette dernière était violente à son égard mais aussi envers leurs filles. L’homme se dit aujourd’hui soulagé d’être libéré du lourd secret porté durant près de 31 ans.

Egalement entendue, la mère de la petite martyre à d’abord déclaré ne plus avoir de souvenirs avant d’affirmer que sa fille n’était pas décédée. Devant le juge d’instruction, elle change une nouvelle fois de version et se dit, elle aussi, victime des violences de son époux. Elle a également reconnu qu’elle pouvait être parfois violente à l’égard d’Inass mais nie être impliquée dans sa mort.

Les parents d’Inass Touloub ont été mis en examen et écroués pour meurtre, recel de cadavre et violence volontaire sur mineur de 15 ans.

Le Colonel Thomas Andreu, commandant de la section de recherches d'Orléans (à gauche) et Frédéric Chevallier, Procureur de la République de Blois (à droite) ont donné une conférence de presse le jeudi 14 juin en fin d'après-midi. / © France 3 CVDL / Pierre-Dominique Lepais
Le Colonel Thomas Andreu, commandant de la section de recherches d'Orléans (à gauche) et Frédéric Chevallier, Procureur de la République de Blois (à droite) ont donné une conférence de presse le jeudi 14 juin en fin d'après-midi. / © France 3 CVDL / Pierre-Dominique Lepais

« L’évolution de l’enquête a été longue mais le temps n’a jamais couru contre nous. Parce que l’évolution de la science a permis de faire évoluer cette enquête »


Les enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie d’Orléans ont pu retrouver les parents de la fillette grâce au fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG).

L’un des frères d’Inass a été interpellé en 2016 dans le cadre d’une autre affaire et son ADN a alors été prélevé. Une correspondance à ensuite été trouvée avec un prélèvement effectué sur la couverture qui enveloppait le corps de la fillette. « Il y une avancée parce que le premier travail criminalistique a été bien fait », a déclaré Thomas Andreu, commandant de la section de recherches de gendarmerie d'Orléans.

Le procureur de la république à également salué la persévérance et la rigueur des enquêteurs : « Tout a été fait pour que 30 ans et 10 mois plus tard nous puissions élucider sereinement un drame».


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