"Ce propos me scandalise", Jack Lang attaque le directeur du lycée catholique Stanislas

L'ancien maire de Blois s'en est pris au directeur du lycée privé catholique Stanislas, accusé de diffuser des idées homophobes dans son établissement depuis plusieurs semaines.

Les jours et les semaines se ressemblent pour le lycée ultraconservateur Stanislas. Après les critiques des personnalités politiques, des syndicats et des associations, c'est au tour de l'ancien ministre de la Culture de s'immiscer dans le débat.

À la suite des polémiques entourant la ministre de l'Éducation Amélie Oudéa-Castera, les accusations s'accumulent autour du fonctionnement de l'établissement : homophobie, propos anti avortement, contournement des règles de Parcoursup, rapport de l'inspection pointant des "dérives", rares sont les jours sans que ce lycée très élitiste soit pointé du doigt.

Déclarations "stupéfiantes"

Ce 26 janvier, sur le réseau social X (ex-twitter), l'ancien maire de Blois et actuel président de l'Institut du monde arabe s'est attaqué aux déclarations du directeur Frédéric Gautier une semaine plus tôt sur le plateau de nos confrères de BFM TV. L'homme a notamment assuré devoir rendre compte d'une "double légitimé", celle de "l'église" et celle de "l'État".

Des propos qui n'ont pas manqué de faire réagir, certains accusant le directeur de ne pas respecter le principe de séparation entre l'État et l'église, alors même que l'établissement reçoit d'importants financements publics.

Engagement en faveur de la mixité

Pour Jack Lang, les déclarations du directeur sont "stupéfiantes" : "Vous affirmez que vous mettez sur le même plan ce que vous appelez la légitimité de l’Église catholique et la légitimité de la République. Ce propos me scandalise", interpelle-t-il.

J’ai été l’auteur d’un accord en 1992 jugé "historique" par Monseigneur Lustiger. Je l’avais signé en ma qualité de ministre de l’Éducation nationale avec Monseigneur Cloupet, alors secrétaire général de l’enseignement catholique.

Jack Lang, président de l'Institut du monde arabe

Le président de l'Institut du monde arabe rappelle qu'il avait signé en 1992, un texte au côté des représentants de l'Église catholique : "Des engagements avaient été clairement pris en faveur de la mixité : la mixité sociale comme la mixité entre les sexes. Manifestement, votre établissement ne respecte pas l’esprit de cet accord", dénonce-t-il et d'asséner : "Dès lors, il serait légitime que l’État s’interroge sur sa participation financière au fonctionnement de votre établissement et s’assure du strict respect des obligations qui vous incombent."

Une demande de suppression des subventions déjà formulées par l'opposition de gauche. De son côté, la mairie socialiste de Paris a annoncé "suspendre" plus d'un million d'euros de financement public à l'établissement.