Loir-et-Cher : les obsèques de la résistante Cécile Rol-Tanguy se dérouleront à Monteaux le 12 mai

Résistante de la première heure, Cécile Rol-Tanguy est morte à 101 ans le 8 mai 2020. Ses obsèques auront lieu ce 12 mai dans son village du Loir-et-Cher.
Ce 8 mai 2020, pendant que nous célébrions tout bas la fin de la Seconde Guerre mondiale et la victoire sur l'Allemagne nazie, Cécile Rol-Tanguy est morte. Décorée de la médaille de la Résistance, grand officier de la Légion d'honneur, grand-croix de l'ordre national du Mérite, cette résistante communiste de la première heure est partie à 101 ans, dans la maison familiale de Monteaux, dans le Loir-et-Cher. 
 

Le "dernier hommage" des camarades


Si les funérailles de Cécile Rol-Tanguy doivent se dérouler "dans l'intimité familiale afin de respecter les règles sanitaires", ses amis du PCF se sont organisés avec la famille pour lui offrir un dernier hommage "populaire et citoyen" dans les rues de Blois.

Une haie d'honneur attendra le cortège, place du Colonel Rol-Tanguy, formée par les "camarades du PCF et de la CGT", qui aboreront un foulard ou une fleur rouge. Place de la Résistance, un hommage sera rendu par le maire de Blois et les associations d'Anciens combattants. Ces célébrations seront ouvertes à tous ceux qui souhaiteraient honorer cette "grande dame de la Résistance". Des fleurs pourront également être déposées par tous "à la chambre funéraire des Pompes funèbres Bouvier Goury, 24 rue de Bejun à Blois, avant 12h00". 

Cécile Rol-Tanguy, résistante de la première heure


Fille du syndicaliste François Le Bihan, déporté à Auschwitz en 1942 par le "convoi des 45 000", Cécile Rol-Tanguy intègre le parti communiste en 1938, et devient la marraine de guerre d'Henry Rol-Tanguy, qu'elle épousera l'année suivante.

En 1939, la vie éclate. Cécile Rol-Tanguy perd son premier enfant d'une maladie. Les nazis marchent sur Paris. Henri Rol-Tanguy est réquisitionné dans une usine d'armement, François Le Bihan arrêté. Contactée par la CGT, elle entre dans la Résistance en rédigeant des tracts. Lorsque son mari lui revient, en 1940, elle devient son agente de liaison. Après des années à passer tracts et armes dans les poussettes et les cabas de courses, c'est elle qui rédige, avec son mari, l'appel à l'insurrection des Parisiens en août 1944.
 

"On a beaucoup oublié les femmes"


Depuis la mort de son mari, en 2002, Cécile Rol-Tanguy assurait aussi la veille de la mémoire. "Je suis un peu étonnée de me retrouver là encore 70 ans après, mais c’est pour rappeler le souvenir de tous ceux et celles que j’ai connus et qui sont partis. (...) Cela m’émeut de voir qu’on a beaucoup oublié les femmes, confiait-elle à France 24 en 2014. Avec ma dernière nomination pour la Légion d’honneur, j’ai considéré que je représentais toutes les femmes qui n’avaient rien eu." Il y a quelques années, elle s'était confiée à José Fort, journaliste pour l'Humanité, sur le sort du monde actuel. "Au soir de ma vie, j’ai un souhait : que les jeunes générations reprennent le flambeau de la paix, de la liberté, de la résistance en s’opposant à l’intolérance d’où qu’elle vienne et en trouvant des voies nouvelles pour un avenir meilleur."
 
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