Loir-et-Cher : le responsable communication d'En Marche écarté après un flirt avec l'extrême-droite sur Facebook

Sur Facebook, Gilles Chêne a partagé des publications au discours proche de l'extrême-droite. / © Lionel BONAVENTURE / AFP
Sur Facebook, Gilles Chêne a partagé des publications au discours proche de l'extrême-droite. / © Lionel BONAVENTURE / AFP

Les déclarations de Gilles Chêne sur son profil facebook reprennent de nombreux thèmes et éléments de langage chers à l'extrême-droite.

Par Yacha Hajzler

C'est le groupe Parti Socialiste du Loir-et-Cher qui a mis un coup de pied dans la fourmilière, ce 7 novembre au soir, avec un tweet énigmatique :
En suivant le fil twitter du parti, on se rend compte que les propos reprennent ceux de Frédéric Orain, premier secrétaire du PS 41. Il affiche, sous forme de capture d'écran, les publications d'un compte Facebook aux publications qui reprennent des thèmes et élément des langages chers à l'extrême-droite. 
"Un migrant va avoir droit à un logement meublé, un clochard français et son chien ont droit à une soupe chaude sur un trottoir, mes où va la France !!! (sic)" peut-on ainsi lire sur le compte. Un peu plus bas, une citation attribuée au Général de Gaulle justifie le racisme par ces mots : "Si [une communauté] se plaint de racisme à son égard, c'est qu'elle est porteuse de désordre". Cette dernière publication a d'ailleurs été partagée deux fois, en novembre et, bien plus tôt, en juin 2019, isolée au milieu de publications plus personnelles. 
 

Derrière ces propos, un responsable LREM


Pourtant, l'auteur, Gilles Chêne, n'appartient pas au Rassemblement National. Il se présente comme le responsable de la communication du groupe LREM 41. Le 7 novembre, cette mention apparaissait clairement, et plusieurs fois, sur son profil Facebook. Elle avait disparu ce 8 novembre au matin. Persistait tout de même la mention "Gère la République en Marche Loir-et-Cher", qui elle a disparu après que nous ayons contacté le référent du groupe En Marche, Sylvain Giraud. 

La présentation de Gilles Chêne sur les réseaux sociaux est corroborée par des publications facebook de LREM, l'identifiant clairement comme tel, et par des partages réguliers de ses publications jusque septembre 2019.
Gilles Chêne était d'ailleurs dans la course avec Sylvain Giraud pour devenir référent LREM 41, comme en attestent plusieurs articles de presse
 

LREM remercie Gilles Chêne... et le PS


Contacté par France 3, ce dernier a répondu dans un communiqué. "Dès la publication de Monsieur Chêne, j’ai immédiatement pris contact avec lui pour lui signaler que ses propos ne correspondaient en rien à la pensée de notre mouvement et c’est pourquoi nous avons convenus d’un commun accord qu’il quitte ses fonctions d’animations de ces pages numériques. La ligne politique et les valeurs que défend La République En Marche sont claires et ne souffrent aucune ambiguïté."

Le référent précise que, si Gilles Chêne n'a pas été radié du parti, il n'exercera pas d'autres fonctions au sein de l'antenne du Loir-et-Cher.

Sylvain Giraud tient également à répondre au Parti Socialiste : "L’intérêt que porte le PS41 à nos publications nous honore mais nous ne pouvons accepter ces accusations. Depuis la création de notre mouvement, nous avons constamment combattu les thèses du Rassemblement National. Leur vision de notre pays n’est en rien la nôtre et nous le prouvons chaque jour en portant les réformes nécessaires à l’avancée du pays. Nous n’avons à ce titre aucune leçon à recevoir et ne sommes pas dupes de cet activisme pré-électoral."
 

La gronde de l'aile gauche d'En Marche 


Ce n'est pas la première fois qu'En Marche est accusé de jouer le rapprochement idéologique avec le Rassemblement National de Marine Le Pen, notamment en remettant récemment l'immigration au centre du débat public. Le mécontentement avait grossi jusque dans les rangs du parti d'Emmanuel Macron, l'aile gauche du parti dénonçant un virage jugé dangereux. 
Un message pas vraiment entendu, semble-t-il, puisque le gouvernement a de nouveau fait gronder dans ses rangs en renforçant les contrôles autour du recours à l'Aide Médicale d'Etat ou encore en imposant un délai de carence de 3 mois aux demandeurs d'asile qui souhaitent accéder à la Protection universelle maladie
 

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