Loir-et-Cher : en Sologne, une page Facebook soutient les producteurs et restaurateurs locaux

La page Facebook "Ici en Sologne", complétée d'un compte Instagram et d'un site internet, sert de vitrine aux producteurs et restaurateurs du sud du Loir-et-Cher. Depuis le premier confinement, le couple qui anime la page témoigne d'un intérêt de plus en plus important des habitants.

Guillaume et Anne-Sophie Chenuet/La page Instagram d'Ici en Sologne
Guillaume et Anne-Sophie Chenuet/La page Instagram d'Ici en Sologne © Guillaume Chenuet/Capture d'écran Instagram Ici en Sologne

Comme beaucoup d'autres bonnes idées, "tout est parti d'un apéro entre amis". Voilà comment Guillaume Chenuet résume la naissance d'Ici en Sologne, une page Facebook spécialisée dans la promotion de produits locaux des forêts du sud du Loir-et-Cher. Régulièrement, le couple Chenuet poste sur ses réseaux une belle photo d'un produit régional, agrémenté d'un petit texte vendeur.

Une page née d'un engagement : Guillaume et Anne-Sophie Chenuet, habitants de La Ferté-Beauharnais -petit village au milieu des étangs, sur la route entre Romorantin et Lamotte-Beuvron- sont locavores. C'est-à-dire qu'ils ne consomment que des produits locaux pour des raisons notamment environnementales. "Dans la cuisine, on a notre carte de la Sologne, avec des cercles de 25, 50 et 100 km autour de la maison pour chercher les produits qui rentrent dans le locavorisme", affirme Guillaume Chenuet.

Promouvoir le fermier du bout de la rue

Un soir de 2016, il réalise que ses amis n'ont pas conscience de la quantité de produits disponibles à deux pas de chez eux :

On leur proposait des produits venant des fermes d’alentours. Et on s’est rendu compte que peu de gens savaient qu'un fermier d'à-côté faisait du lait, ou qu’un agriculteur proposait du saucisson à la sortie du village.

Guillaume Chenuet, Ici en Sologne

Pour remédier à ce problème, le couple crée la page Facebook comme un moyen de partager des bons plans, de faire la promo des artisans solognots, tout en servant la cause du locavorisme. "On a vu nos amis nous suivre, puis des gens qu'on ne connaissait pas, puis des producteurs...", se souvient Guillaume Chenuet. 

Bientôt, le couple reçoit une multitude de messages de gens "qui trouvent ça génial, et qui nous encouragent, et ça motive". Si bien qu'il peut passer des après-midis entiers à répondre à ces messages.

"On apprend sur le tas"

Lui étant professeur en collège à Blois, et elle animatrice en résidence seniors à Romorantin-Lanthenay, les Chenuet improvisent ce travail de community manager en bénévole, sur leur temps libre. "Par passion, et pour les producteurs qu'on rencontre, qui sont amoureux de leurs produits et de leur terroir." 

Ce succès les a poussés à agrémenter leur page Facebook d'un site internet -"plus vraiment à jour parce que c'est du boulot, on apprend sur le tas"- et d'un compte Instagram. S'y affichent en grand des asperges solognotes, un burger du moment au confit de canard produit à Chémery, et du vin estampillé Cheverny. Mais aussi des recettes maison et des plats de restaurateurs qui, eux aussi, se fournissent localement.

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Des photos souvent chiadées avec "mise en scène et détails", et parfois prises "à l'arrache avant de manger les produits parce qu'on avait oublier d'en parler". Car le couple achète les produits dont ils font la promotion "comme des clients normaux, sans venir devant le producteur avec notre carte Ici en Sologne". "On refuserait de faire de parler d'un produit si un producteur nous le demandait", assure Guillaume Chenuet, qui ne se considère pas vraiment comme un publicitaire.

Soutien aux restaurateurs pendant les confinements

Aujourd'hui, les pages Facebook et Instagram d'Ici en Sologne comptent chacune un peu plus de 2 000 abonnés. Un nombre qui a fortement augmenté depuis le début de la crise sanitaire. "Il y a un vrai intérêt pour le local depuis le premier confinement, note le professeur en collège. On ne sait pas si les gens vont jusqu'à l'achat, mais ils se renseignent chez nous de plus en plus."

Alors pendant les trois confinements, la page a servi de relais pour les plats à emporter des restaurateurs contraints de fermer leurs salles. A l'approche de la réouverture, Guillaume Chenuet ne cache pas son impatience : "On va aller soutenir les restaurateurs en mangeant chez eux, après les avoir soutenus pendant qu'ils étaient fermés".

Ces nouvelles aventures gastronomiques risquent de faire les choux gras d'Ici en Sologne, d'autant que les Chenuet concèdent être "loin d'avoir gouté tous les produits du coin".  

 

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