Centre-Val de Loire : que faire pour lutter contre les incendies en temps de sécheresse

Feux de moisson, incendies de forêt ou de broussailles,... en temps de sécheresse, une simple étincelle peut être dévastatrice. Les sapeurs-pompiers sont en alerte et donnent des conseils préventifs

© Maxppp/PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN/Philippe NEU
Avec les effets du changement climatique, la région Centre-Val de Loire fait partie des nouvelles zones exposées aux risques d’incendie, avec les Pays de la Loire et la Bretagne. Depuis le début du mois de juillet, les sapeurs-pompiers de la région sont en alerte. Chaque après-midi, trois à quatre incendies ont lieu quasiment en simultané. La plupart sont aussitôt maîtrisés, mais pour les sapeurs-pompiers, cela représente une vigilance de tous les instants.  

Réchauffement climatique et effets de la crise de la Covid 19

Le constat est là : avec le réchauffement climatique, la saison des feux liés à la sécheresse pourrait passer de trois à six mois. Pour le lieutenant-colonel Alain Boissonnet, du groupement départementale des sapeurs-pompiers de Semoy (Loiret), les années se ressemblent désormais : " Nous avons atteint le niveau de risque d'incendie que le sud de la France avait il y a 15 ans. Il n'y a plus d'année de pause."

Les pompiers redoutent également la sur-fréquentation notamment en forêt, causée par un désir de la population de sortir, après avoir subit le confinement pendant la crise du coronavirus : "Les gens sont venus passer leurs vacances à la campagne", explique Alain Boissonnet. "Depuis quelques semaines, on a remarqué une forte fréquentation dans les forêts, mais aussi sur les plages en bord de Loire".  

Neuf feux sur dix sont d’origine humaine

Neuf feux de forêt sur dix sont d’origine humaine et un sur deux est lié à une imprudence. Concernant les feux de récoltes, avec des températures très hautes, du vent à 40, 50 kilomètres heure et beaucoup de poussières dans l'air, ils peuvent être provoqués par les machines agricoles qui chauffent, par une lame qui frotte une pierre en effet silex ou encore par la poussière accumulée lors de la moisson.

En forêt et dans les espaces naturels, les incendies peuvent partir à cause d'imprudences ou d'actes de malveillance. Les feux sont souvent liés au stationnement d'une voiture sur un chemin où l'herbe est sèche. "Le pot d'échappement en contact avec l'herbe peut atteindre très rapidement 500 degrés lorsqu'il fait très chaud", ajoute le lieutenant-colonel.

Les mégots de cigarette jetés par les fenêtres, les barbecues dans les maisons à la lisière de forêt, les travaux de soudure ou de meulage en extérieur sont autant de causes d'imprudence.

Aujourd’hui, 80 % des incendies sont déclenchés à moins de 50 mètres des habitations. 
 

Les actes de prévention

Pour lutter contre ce fléau, les sapeurs-pompiers ont mis en place un partenariat avec les agriculteurs. Ensemble, ils ont constitué un réseau d'alerte professionnel qui doit permettre d'améliorer la lutte contre les incendies dans les champs et développer des actes préventifs comme l'installation d'extincteurs dans les machines ou la mise en place de coupe-feu (charrues ou déchaumeuses).
© SDIS

Quant à la prévention auprès des particuliers, les pompiers appellent au respect des règles et au bon sens de chacun : 
Eviter les barbecues, ne pas jeter ses mégots de cigarette, éviter les travaux en extérieur, ne pas brûler de végétaux dans son jardin même s'il y en a peu, ne pas stocker son bois de chauffage le long des maisons, ainsi que les bouteilles de gaz.
Alain Boissonnet ajoute : "Et puis proscrire les lanternes chinoises".  
Dans cette prévention, l'Office national des forêts tient également un rôle important. En forêt d'Orléans par exemple, pour éviter au maximum des départs d'incendie causés par des imprudences, l'ONF du Loiret a interdit temporairement la circulation des véhicules à moteurs dans les massifs de Lorris-Les Bordes et de Châteauneuf-sur-Loire.   

Ce qu'il faut faire lorsqu'on est témoin d'un incendie

En premier lieu, il faut appeler le 18 ou le 112 en indiquant le lieu, la nature des végétaux qui brûlent, voire le nombre d'hectares. "Il ne faut surtout pas chercher à éteindre le feu si on n'est pas équipé pour", explique Alain Boissonnet. "Puis vous devez vous éloigner du feu, vous mettre en sécurité et attendre les secours. Si on se trouve dans une maison, mieux vaut fermer les volets. Surtout évitez de jouer les curieux et de vous approcher par exemple en voiture du lieu de l'incendie pour ne pas obstruer le passage des pompiers".
 

Les impacts majeurs des feux de végétation sur l’environnement

Outre les impacts sur les personnes et les biens, les incendies de forêt causent des dommages à la faune et à la flore. Chaque incendie de forêt détruit tout ou partie des animaux et végétaux sur son passage. Seuls les grands mammifères et certains oiseaux arrivent à s’enfuir à l’approche du front de feu. Les impacts sont immédiats. Ils sont non seulement économiques, mais aussi environnementaux (atteinte à la biodiversité et aux paysages) et touristiques. 
Les incendies de forêt ont également des impacts sur la qualité de l’air. Les émanations de fumée de bois peuvent altérer les mécanismes des défenses immunitaires pulmonaires, et entraîner une altération de la fonction pulmonaire des personnes exposées.

►www.ecologique-solidaire.gouv.fr
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