Coronavirus : la mort d’un gardien au centre pénitentiaire d'Orléans-Saran serait bien due au Covid-19

Faut-il attribuer le décès du surveillant au Coronavirus ? L’administration et l’ARS démentent tout lien, malgré la présence de 2 détenus testés positifs ce mercredi. / © Eric Malot/Republique du Centre/MAXPPP
Faut-il attribuer le décès du surveillant au Coronavirus ? L’administration et l’ARS démentent tout lien, malgré la présence de 2 détenus testés positifs ce mercredi. / © Eric Malot/Republique du Centre/MAXPPP

Un surveillant du centre pénitentiaire de Saran, près d’Orléans, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon une source interne à la prison, son décès serait bien dû au coronavirus. 2 détenus avaient par ailleurs été testés positifs au Covid-19 mercredi 25 mars.

Par Rédaction de France 3 Centre-Val de Loire

Le surveillant du centre pénitentiaire d’Orléans-Saran (Loiret), mort en milieu de semaine, serait bien porteur du coronavirus. C’est l’information que nous a confié une source interne à la prison, contactée ce samedi 28 mars.

Le gardien de 54 ans est brutalement décédé à son domicile, dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 mars, d’un arrêt cardiaque consécutif à une embolie pulmonaire. Il était en arrêt maladie depuis une semaine, pour « état fiévreux ». A la suite de cette perte tragique, la famille du défunt aurait demandé un test de dépistage du Covid-19.

Le procureur de la République du tribunal d’Orléans a pour sa part indiqué ne pas communiquer sur ce dossier. Par ailleurs, l’administration pénitentiaire et l’Agence régionale de santé n’ont pas confirmé cette information.

 

Les 2 détenus placés dans des cellules isolées

Au lendemain du décès, les collègues du surveillant ne pouvaient pourtant pas s’empêcher d’établir un lien avec les deux détenus du centre pénitentiaire testés positifs la veille du drame, mercredi 25 mars. L’administration a immédiatement placé ces derniers dans des cellules isolées, dans le quartier dit des nouveaux arrivants.

Toutes les mesures ont été prises en respectant scrupuleusement le protocole de l’ARS, assure la Direction interrégionale des services pénitentiaires, basée à Dijon. Les personnes qui ont été en contact avec eux ont toutes été vues par des médecins et les cellules des deux cas avérés sont désinfectées tous les jours.

Une hospitalisation des deux détenus contaminés ne semble pas prévue dans l’immédiat.
 

Des surveillants inquiets

De leur côté, les surveillants n’affichent pas le même enthousiasme. Ils sont nombreux à dénoncer le manque de moyens de protection. "Les gardiens n’ont ni gel ni masque", dénonce Aymeric Regneau, éducateur sportif au centre de Saran, avant d’ajouter :

Notre administration a toujours un train de retard. Les activités des détenus se poursuivent comme auparavant, ils pratiquent du sport ensemble, font leur promenade quotidienne ensemble, comme si de rien n’était.

De source syndicale, on apprend que plusieurs agents auraient été placés dernièrement en quarantaine. L’un d’entre eux, dont le bureau est contigu à celui du surveillant décédé, serait lui aussi souffrant depuis une semaine.

Une propagation incontrôlée du coronavirus dans les établissements pénitentiaires, c’est le scénario qui inquiète les organismes sanitaires autant que le ministère de la Justice. Nicole Belloubet, la Garde des Sceaux, prévoit, grâce à une ordonnance récemment approuvée en conseil des ministres, d’accorder des réductions de peine à certains détenus pour lutter contre le développement du virus dans le milieu carcéral. En France 5 000 à 6 000 détenus pourraient ainsi bénéficier de cette mesure.

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