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Agressions sexuelles à l'université d'Orléans : entre 5 et 10 étudiantes victimes, l'établissement renforce sa sécurité

Plusieurs agressions ont été perpétrées rue de Vendôme, un endroit mal éclairé de l'université / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Plusieurs agressions ont été perpétrées rue de Vendôme, un endroit mal éclairé de l'université / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

Ary Bruand, président de l'université, prend la pleine mesure du problème, alors que les agressions sexuelles sur des étudiantes se sont succedées la semaine dernière. 

Par Yacha Hajzler

"Ce chiffre est sans doute sous-évalué... De ce qu'on sait aujourd'hui, entre 5 et 10 étudiantes auraient été victimes d'une agression la semaine dernière". Ary Bruand, directeur de l'université d'Orléans, est aussi grave que la situation l'exige. 
 
 

Agressions sexuelles en série


La première agression sexuelle d'une étudiante a lieu sur le campus de l'université d'Orléans, à La Source, le 19 novembre. L'université en est avertie le 22. "Ce sont des faits qui sont derrière nous, et en fait on s’aperçoit progressivement qu’on est dans une situation qui se répète", raconte Ary Bruand. 

Cette même semaine, 4 autres étudiantes se déclarent victimes des mêmes faits. Mais, si celles-ci ont averti leur université ou la police, d'autres ne souhaitent pas témoigner. C'est cette information, entre autres, qui permet au président d'affirmer "sans exagérer" que le nombre de victimes connu jusque là serait, hélas, sous-estimé. 

"Nous, on propose aux victimes de prendre contact avec le service médecine-santé, et les psychologues de l’établissement, où elles auront bien sûr un rendez-vous en toute priorité."
 
 

Un mode opératoire similaire


Le mode opératoire est le même : un homme, entre 20 et 30 ans, le visage recouvert d'une capuche, suit l'étudiante puis se jette sur elle pour lui toucher les parties intimes, et s'enfuit ensuite en courant. Le président évoque aussi des placages au sol, une agression dont il ne faut pas sous-estimer le traumatisme. 

Une seule victime a fait été d'une agression différente, le jeune homme l'aurait rattrapée avant d'attraper ses fesses. Deux signalements différents, avec deux profils similaires mais distincts, ont été enregistrés par la police. 

"C’est vrai que ça fait réfléchir, je vis sur le campus où ça s’est passé… On fait quand même attention" raconte Mathilde, 21, qui constate quand même que son établissement est loin de la psychose collective. 
 

La sécurité renforcée


"Dès la semaine dernière, on a commencé une cartographie de l’éclairage sur le campus pour prendre la mesure des soucis" entame Ary Bruand. Les premières agressions se sont en effet déroulées dans des lieux peu éclairés, déjà assez tard dans la soirée. La dernière, en revanche, a bien été perpétrée de jour, dimanche, vers 16h45. 

"Securitas, ils sont là quand ils sont là, la police, on la voit de manière rarissime", estime un responsable de filière. Une donnée qui devrait évoluer rapidement, selon le président de l'université. 

"Les agents de sécurité, on leur demande de réorganiser leur travail en soirée, pour qu’ils soient présents entre 17h et 21h dans l’enceinte du campus et non en train de fermer les bâtiments comme ils le font habituellement", explique-t-il. 
 
Le président de l'université, Ary Bruand, détaille les mesures de sécurité mises en place. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Le président de l'université, Ary Bruand, détaille les mesures de sécurité mises en place. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

Deux agents supplémentaires ont d'ores et déjà été recrutés, et la société en charge du campus devrait encore envoyer prochainement des renforts. Autre mesure : les groupes d'étudiants et d'étudiantes peuvent être raccompagnés par des agents lorsqu'ils terminent tard. Ce dispositif devrait être maintenu et étendu, "tant que le problèmes n'est pas réglé"

Enfin, l'université est entré en contact avec l'Etat, afin que le dispositif de vidéosurveillance du campus soit remis en état. "Mais c’est quelque chose qui va demander un certain nombre de semaines", reconnaît Ary Bruand. 
 

Agression sexuelle : jusqu'à 5 ans de prison

L'agression sexuelle (sur une personne majeure) est définie comme "toute atteinte sexuelle sans pénétration commise sur une victime avec violence, contrainte ou menace." Cela signifie que l'auteur des attouchements n'a pas obtenu, comme le précise le ministère de la Justice, "le consentement clair et explicite de la victime." 

La relation entre les victimes n'est en rien une circonstance atténuante, puisque l'agression sexuelle est reconnue y compris, par exemple, entre conjoints

Une agression et une tentative d'agression sont punies de la même peine : jusqu'à 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. La peine peut être assortie d'une injonction de soins, ou encore d'une interdiction de séjour dans un lieu particulier. Le condamné est également inscrit automatiquement au fichier des agresseurs sexuels. 

Si vous avez été victime d'une agression sexuelle, vous pouvez contacter :
 

  • 08 Victimes au 116 006. Appel gratuit, ouvert 7/7 de 9h à 21h. Par mail : 08victimes@france-victimes.fr 
  • Violences Femmes Info au 39 19. Appel gratuit, de 9h à 22h du lundi au vendredi ; de 9h à 18h les samedi, dimanche et jours fériés. Cet appel est anonyme et ne figurera pas sur votre facture de téléphone. 

Il convient de rappeler que, dans les cas d'agressions sexuelles comme de viol, la victime n'est jamais elle-même responsable de son agression, peu importe son activité, son comportement ou sa tenue vestimentaire. 

 

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