"On ne peut pas balayer les cyclistes comme ça" : des associations "enterrent" le plan vélo d'Orléans

Une trentaine de personnes se sont rassemblées à Orléans pour "enterrer" le plan vélo voté en 2019 par la Métropole. Les associations pointent des promesses non-tenues.

Ce sont des obsèques symboliques qui sont organisées, ce 21 décembre en fin d'après-midi, à Orléans. Environ trente cyclistes se sont rassemblés à l'appel du collectif citoyen Vélorution et de l'association Droit Accessibilités Mobilité Métropole Orléans (DAMMO), pour "enterrer" le plan vélo de la métropole d'Orléans, voté en 2019.

"À chaque plan, nous avons beaucoup d'espoir. Et puis, rien ne se passe", dénonce Françoise Bégout, membre de Vélorution. "On nous parle d'importants crédits alloués aux pistes cyclables, mais on ne les voit pas.

Des arguments partagés par Yann Pierens, le président de DAMMO : "La collectivité vote des plans stratégiques qu'elle n'applique pas. Par rapport à d'autres villes qui proposent des plans ambitieux, Orléans régresse".

Un plan vélo qui pédale dans la semoule

En 2019, la métropole orléanaise se dote d'un plan vélo qu'elle juge "ambitieux". Les objectifs sont clairs : allouer un "budget annuel moyen de 5,3M€" pour créer "268 km d’itinéraires cyclables utilitaires existants, à créer ou réaménager"  à l'horizon 2028.

Or, quatre ans après le lancement de ce plan, le compte n'y est pas : seuls 5% des 268 km prévus pourraient être réalisés d'ici 2026, selon les services de la métropole. "Ce plan a été détricoté au profit d'autres ouvrages comme les places de parkings", dénonce Yann Pierens.

Christian Dumas, maire d'Ingré en charge de la politique cyclable et des circulations douces à la métropole d'Orléans, ne conteste pas le chiffre, mais relativise : "Tout dépend de quoi on parle : des axes structurants ? Des aménagements déjà réalisés ? J'ai du mal à appréhender ce chiffre".

Si l'élu reconnaît que "les choses n'avancent pas aussi vite qu'il le voudrait", il conteste les critiques au sujet d'un manque de volonté politique : "La métropole est mobilisée pour mettre des moyens financiers conséquents et rendre le territoire beaucoup plus "circulable" pour les vélos. Mais cela prend du temps".

Ce temps long, c'est justement la principale critique portée par les associations de cyclistes. Elles pointent un retard grandissant sur le plan adopté en 2019 : "Sur les seize lignes de vélo prévues dans le schéma en 2019, une seule est actuellement à l'étude", glisse un adhérent de DAMMO. "Donc on pourrait voir naître un bout de ligne en 2025". Christian Dumas confirme que les travaux pourraient débuter "à partir de la fin de l'année 2024", mais reconnaît ne pas pouvoir "promettre" que la ligne sera achevée d'ici 2026.

Changer de braquet

Pour Yann Pierens, il faut que la métropole "change de logiciel" : "On est écouté, mais pas entendu. On ne peut pas balayer les cyclistes comme ça alors même que la ville se densifie et que le vélo devient le moyen de transport le plus rapide pour se déplacer", abonde le président.

"Tout cela ne peut pas se faire brutalement. Il faut du consensus, avec les citoyens, les associations, mais aussi les mairies qui ont les pouvoirs de police de la circulation", rétorque l'élu de la métropole.

Ces pouvoirs de police permettent aux maires de poser un veto concernant les aménagements de la voirie. Un frein pour la métropole que la collectivité "ne souhaite pas" modifier pour contraindre les municipalités réfractaires à mettre en place les lignes cyclables.