Retards, pannes, incidents d'exploitation: que se passe-t-il sur le réseau de transports TAO de la métropole d'Orléans ?

Le réseau TAO de la métropole d'Orléans rencontre des difficultés depuis quelques semaines : 232 départs de bus ont été annulés et 115 pannes et incidents d'exploitation ont été relevés rien que la semaine dernière. 
La TAO prend en charge 125 000 voyageurs quotidiennement.
La TAO prend en charge 125 000 voyageurs quotidiennement. © Alexandre MARCHI / PHOTOPQR / MAXPPP
Vous faites peut-être partie des usagers qui n'ont pas pu arriver à temps au travail ou à l'école à cause des transports en commun ces dernières semaines. Et vous n'êtes pas les seuls : en ce moment, il y a de la friture sur les lignes du réseau de transports TAO.

Et la situation ne semble pas s'arranger. Ce vendredi, les messages "Info Trafic" continuent de se multiplier sur le compte Twitter Réseau TAO Orléans. "Départs suivants annulés. Merci de votre compréhension", peut-on lire. 

Sur les réseaux sociaux, les utilisateurs râlent. La plupart d'entre eux ne comprend pas l'origine de ces incidents répétés.

L'élue métropolitaine communiste Dominique Tripet a soulevé le problème le 24 septembre dernier lors du conseil de la métropole d'Orléans. "Où que nous habitons dans notre métropole, nous savons toutes et tous quelle galère c’est, entre matériel vétuste et mal entretenu : par exemple des portes de rames du tram A, condamnées depuis des mois. Les rames continuent pourtant de circuler. (...) Il y a aussi les sempiternels retards pour x raisons, qui font qu’ayant RDV à l’hôpital, en centre-ville ou autre, il vous faut prévoir une heure de plus à l'horaire "normal" au départ pour être sûr de l'honorer,", a-t-elle déclaré. 
Elle-même usagère des transports et abonnée aux alertes TAO, Dominique Tripet a recensé sur son compte Facebook le nombre d'incidents survenus entre le lundi 28 septembre et le vendredi 2 octobre sur l'ensemble du réseau. Le constat est sans appel : 232 départs annulés, 125 alertes réseau, 115 pannes et incidents d'exploitation.

D'où vient le problème ? 

Dimitri Thibault est responsable syndical chez Sud TAO et travaille depuis quatre ans au sein de l'entreprise. Il dénonce une "dégradation des conditions de travail pour les chauffeurs depuis des années", qui pourrait en partie expliquer la multiplication des problèmes sur le réseau.

Il y a moins de moins en moins d'agents et de bus à disposition. On ne peut pas les remplacer. Du coup, on réduit les moments de battement entre deux trajets pour les chauffeurs pour éviter qu'il y ait trop d'attente pour les usagers.

Le syndicaliste, lui-même chauffeur de bus, explique n'avoir parfois pas le temps d'aller aux toilettes pendant son service. Et il doute que la situation évolue dans le bon sens. "Nous avons une grande vague de départs à la retraite en ce moment. Il faudrait recruter 70 chauffeurs, mais personne ne postule car les salaires restent très bas au vu des conditions de travail."

Le vieillissement du parc de bus est également en cause, selon Dimitri Thibault. Il souligne aussi le manque de techniciens de maintenance disponibles pour les réparations et l'entretien des rames.

Certains de nos cars affichent 800 ou 900 000 kilomètres, ils ont au moins 20 ans. Les usagers nous reprochent parfois de mal conduire, mais nous essayons de faire le maximum avec le matériel en notre possession.

Fabrice Mayer, le directeur de Keolis Orléans - Val de Loire, n'a pas réagi à cette heure à nos sollicitations. Il a toutefois répondu il y a quelques jours à nos confrères de La République du Centre et ne contredit pas les faits avancés par les syndicats. "Nous avons un problème avec notre matériel roulant qui est en cours de renouvellement. Et puis, nous sommes confrontés à un problème d’effectif chronique. (...) Cela s’est accentué avec le Covid. Nous avons dû suspendre notre recrutement et notre formation. (...) On comprend le mécontentement des usagers et on s’en excuse.", a-t-il expliqué au quotidien.

Le réseau TAO en chiffres

Le réseau TAO couvre les 22 communes de la métropole d'Orléans avec 1400 points d'arrêt : il compte 42 lignes de bus et 2 lignes de tramway.
 
Depuis sept ans, l'entreprise Keolis est en charge du fonctionnement du réseau : sa filiale orléanaise embauche 750 salariés, dont près de 500 conducteurs de bus et de tramways. Chaque jour depuis le déconfinement, 125 000 voyageurs empruntent les transports dans la métropole en semaine : 60 % d'entre eux voyagent en tramway, 40 % avec le bus. Au total, cela représente un peu plus de 36 millions de voyages par an, selon les chiffres de 2019.
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