PORTRAIT. Vétérinaire volontaire, il vaccine pour la première fois des humains contre le Covid-19 dans le Loiret

C'est une conséquence de la montée en puissance de la vaccination voulue par Emmanuel Macron. De nombreuses professions médicales peuvent désormais administrer le vaccin anti-Covid19. Rencontre avec Jean-Claude Laurent, vétérinaire du Loiret qui a pour la première fois vacciné des humains ce mardi.

Portrait de Jean-Claude Laurent, vétérinaire volontaire pour vacciner des humains contre le Covid-19 dans le Loiret.
Portrait de Jean-Claude Laurent, vétérinaire volontaire pour vacciner des humains contre le Covid-19 dans le Loiret. © R. Benbourek / France Télévisions

Le docteur Jean-Claude Laurent est vétérinaire à Saint-Denis-en-Val dans le Loiret, spécialiste des chats. En 37 ans de carrière, il a vacciné des milliers de boules de poils à quatre pattes. Mais pour la première fois cette semaine, il s’occupera de plantigrades. Le docteur Laurent est vaccinateur volontaire pour lutter contre l’épidémie de Covid-19.

"Ça me semble tout à fait normal dans la mesure modeste où l’on peut aider. Pendant longtemps le facteur limitant c’était le vaccin. Si c’est maintenant les bras qui manquent, moi je trouve ça bien de donner un coup de main."

Pas de stress particulier d’ailleurs pour ce professionnel aguerri, la vaccination des félins ne diffère pas de la vaccination des autres mammifères.

Je pense que la technique on l’a pour nos animaux, on ne devrait pas avoir de difficultés à s’adapter à l’homme.

Première vaccination humaine : mission accomplie

Ce mardi 13 avril, le docteur Jean-Claude Laurent est appelé à se rendre au tout nouveau centre de vaccination géant installé dans un gymnase d’Olivet dans le Loiret. Dans ce vaccinodrome, d’autres vétérinaires ont déjà sauté le pas, tout comme des pharmaciens ou encore des sages-femmes. Pour toutes et tous, un briefing est organisé avant de passer à la vaccination en elle-même.

"Techniquement l’injection n’est pas très compliquée puisque toutes ces professions ont déjà été formées pendant leurs années études. Après ça peut être de la remise à niveau pour toutes les personnes qui n’ont pas été vaccinées depuis longtemps comme les retraités ou une adaptation très spécifique sur la préparation du Pfizer qui n’est pas un vaccin comme un autre", explique Adrien Thevelein, chargé de mission à la Fédération Française des Sauveteurs Secouristes (FFSS).

La précision est en effet de rigueur dans la manipulation du sérum conçu par les laboratoires Pfizer/BioNTech. Avant l’arrivée des premiers patients, Jean-Claude Laurent, accompagné de ses formateurs, doit préparer un maximum de doses, avec beaucoup délicatesse. Pas d’appréhension en revanche pour la première piqure. Le nouveau vacciné n’a quasiment rien senti.

Jean-Claude Laurent en train de vacciner un de ses premiers patients.
Jean-Claude Laurent en train de vacciner un de ses premiers patients. © R. B / France Télévisions

"Il a fait ça de manière très professionnelle, je n’ai pas eu plus de douleurs que si cela avait été fait par un médecin ou une infirmière", approuve le premier patient du docteur Laurent.

"La santé humaine est corrélée à la santé animale"

Cette semaine, sur l’agglomération d’Orléans, sept vétérinaires se sont déjà portés volontaires pour vacciner contre le Covid-19. Cela représente 20% des professionnels de la zone. Pour Jean-Claude Laurent, plus que du simple volontariat, il s’agit d’un acte symbolique dans un contexte de pandémie globale.

"On sait que la santé humaine est corrélée à la santé animale, d’ailleurs l’apparition de cette pandémie est liée aux animaux et à un déséquilibre environnemental qui a fait que ces virus se sont retrouvés chez l’homme. La santé c’est un tout, on ne peut pas distinguer la santé humaine de la santé des animaux, tout ça est lié et c’est pourquoi cela me parait normal que l’on puisse intervenir", explique-t-il.

Pour apporter sa petite pierre à l’édifice du grand combat contre la pandémie, Jean-Claude Laurent donnera de son temps au vaccinodrome d’Olivet tous les mardis après-midi, sur l’un de ses jours de repos. Ses indemnités de 160 euros par demi-journée seront entièrement reversées à deux associations de protection des chats, l’APCLO (l’Association pour la Protection des Chats libres d’Orléans) et le Chado (Club house des chats domestique).

 

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