West Side Story : après la comédie musicale et les films, place à l'opéra chorégraphique

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Clément Joubert, le directeur artistique de la Fabrique Opéra Val de Loire s'attaque à un monument, West Side Story. Il organise des causeries pour démocratiser l'opéra, et inciter à venir découvrir le prochain spectacle.

Ce mercredi 19 janvier au conservatoire d'Orléans, un homme seul sur scène gesticule pendant plus d'une heure. Dynamique, enthousiaste, Clément Joubert porte des bretelles, comme un clown. Ce chef d'orchestre à la verve facile. Lorsqu'il évoque son prochain spectacle "West Side Story" de Leonard Bernstein, il est littéralement habité.

Fils du directeur de conservatoire d'Orléans, il a vécu avec des parents qui voulaient transmettre, qui avaient envie de faire entendre des émotions, " j'ai envie de transmettre ça, aussi" affirme l'artiste.  Raconter des histoires, il sait le faire, il rend des choses accessibles.

Clément Joubert incite son public à battre la mesure, il lui explique l'importance du triton, qui créé le sentiment de malaise et de tension et évoque également des anecdotes. Les Shark (les portoricains dans l'histoire) permettent d'évoquer la pression sociale subie par les portoricains. Le mambo devient alors la première "battle" de l'histoire, c'est à qui va danser le mieux.

Le but de ces causeries est de faire le lien entre la salle et la scène et se rapprocher du public. Selon Clément Joubert, un chef d'orchestre véhicule d'abord des émotions fortes.

Comédie musicale vs opéra

Tout part d'un constat : "les gens me disent souvent j'adore la comédie musicale, je n’aime pas l'opéra, et je leur explique que West Side Story, c'est un opéra chorégraphique". Libre adaptation de Roméo et Juliette de Shakespeare, "West Side Story" c'est toujours la même histoire : deux amoureux qui ne peuvent pas s'aimer et qui meurent.

Une même œuvre, trois adaptations : celle de Spielberg, la plus récente, celle de Bernstein, le film aux 10 oscars et, à l'origine, la comédie de Broadway de 1957 qui a été jouée plus de 700 fois avant de partir pour une grande tournée mondiale.

Comme pour chaque spectacle de la Fabrique Opéra Val de Loire, afin d'éviter le problème de la lecture, l'histoire est racontée en français et chantée dans la langue originale. L'opéra, ici, devient un prétexte, le spectacle appartient aux jeunes. 1200 personnes travaillent sur ce projet tout au long de l'année 650 jeunes apprentis de la région, de 15 établissements pour les décors, les costumes etc. Sur scène, 200 artistes se produiront. En attendant de voir le spectacle au Zénith d'Orléans du 23 au 27 mars prochain, d'autres conférences seront organisées dans plusieurs lieux, comme à Gien le 2 février prochain. Comme en Amérique, à la Fabrique Opéra, tout est possible !