Nouveaux pensionnaires, nouveaux aménagements, les zoos et réserves animalières du Centre-Val de Loire font peau neuve

Après plus d'un an entrecoupé de fermetures, les zoos et parcs du Centre-Val de Loire rouvrent enfin. Au zoo de Beauval, à la réserve de la Haute-Touche ou encore au zoo-refuge de la Tanière, les propriétaires en ont profité pour rénover leurs espaces, et accueillir de nouvelles espèces.

Un jeune guib d'eau, ou sitatunga, gambade dans le parc de la Haute-Touche.
Un jeune guib d'eau, ou sitatunga, gambade dans le parc de la Haute-Touche. © MNHN A.Iatzoura

Cela fait plus d'un an qu'ils serrent les dents et comptent les jours. Le 19 mai, les zoos, parcs et refuges animaliers du Centre-Val de Loire ont été autorisés à rouvrir leurs portes. Le zoo de Beauval (Loir-et-Cher), la réserve de la Haute-Touche (Indre) ou encore le zoo-refuge de la Tanière (Eure-et-Loir) : ils ne partaient pas tous du même point mais, pour cette réouverture, ils ont tous procédé à des aménagements, et accueilli de nouveaux pensionnaires.

A Beauval, espèce rarissime et optimisme ambiant

Quand on le questionne sur ses pertes, Rodolphe Delord rit jaune. Entre le chiffre d'affaire manquant et les compensations reçues, les calculs ne sont pas encore finalisés. "Nos frais étaient de 100 000 euros par jour pendant la fermeture. L'année dernière, on a perdu 20% de notre chiffre d'affaire sur l'année, mais on a tout de même fait 1 million de visiteurs sur 5 mois" peut tout de même indiquer le directeur du zoo de Beauval. A cela s'ajoute la pression du PGE (Prêt garanti par l'Etat), contracté pour amortir le choc. "Le but c'est de le rembourser à date, c'est-à-dire en mai 2022. Parce que sinon, ça devient un piège, une dette en plus, et des investissements en moins."

D'autant que Beauval a sacrifié sur l'autel de la prudence une réouverture immédiate. "Nous sommes le parc le plus visité de France, et le site le plus visité du Centre-Val de Loire, donc on s'était engagés notamment auprès du gouvernement à ne rouvrir qu'après le weekend de la Pentecôte. On craignait d'avoir trop de monde, et il fallait re-former nos saisonniers" explique Rodolphe Delord.

Malgré l'obstacle, le directeur du zoo maintient un moral d'acier. "L'été sera bon, l'automne sera bon. Les Français vont ressortir en France très vite, et les parcs zoologiques n'ont jamais autant été visités que ces dernières années. Les gens ont besoin de se retrouver dans la nature, en famille, se reconnecter à la biodiversité... Je suis optimiste sur l'avenir ! Faisons-nous vacciner et sortons de cette crise, en espérant qu'elle n'aura eu qu'un impact limité sur l'activité de nos entreprises" enjoint l'entrepreneur.

D'autant que le parc a profité de sa période de fermeture pour embellir son parc. L'île des gorilles, par exemple, a été totalement rénovée. De nouvelles espèces attendent aussi les fidèles du parc, notamment un nouveau mâle éléphant, et de tout jeunes bébé koalas. Rodolphe Delord tient également à présenter la nouvelle fierté du parc : un groupe de singe exceptionnel. "Ce sont des langurs des hangur de Douc, qui sont arrivés du zoo de Bangkok. C'est une espèce rarissime, ce sont les seuls en France, ils nous ont été confiés dans le cadre d'un programme d'élevage international." L'espèce est classée en danger critique d'exctinction par l'UICN.

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A la Tanière, la première ouverture d'un zoo pas comme les autres

Jeu-concours solidaire, appel à l'aide sur les réseaux sociaux, entraide locale... Le zoo-refuge de la Tanière n'avait pas ménagé ses efforts pour se maintenir à flots pendant les durs mois de fermeture. C'est la première fois que le refuge ouvre ses portes, après de vastes travaux d'aménagement sur les 20 hectares de parc, dont environ 14 seront ouverts à la visite. "Pour nos visiteurs, tout va être nouveau, s'enthousiasme Sophie Fernandes-Petiot, responsable de la communication. On a la capacité, jusqu'à fin juin, d'accueillir 2500 personnes par jour, de ce côté-là il n'y aura pas de soucis."

Le parc sera accessible dans sa totalité aux personnes en situation de handicap, avec un tarif préférenciel. "On fait de l'inclusivité animale, c'est normal de faire aussi de l'insclusivité humaine, et hyper important pour nous."

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Evidemment, la Tanière n'est pas un zoo tout à fait comme les autres. Les animaux ici ne sont pas achetés, ils sont recueillis, sauvés de cirques, de laboratoires, de la maltraitance ou de la maladresse de précédents propriétaires. "Ce n'est pas une collection animalière, on présente les animaux qu'on a secourus. On en a certains qui sont arrivés chez nous parce que considérés comme "pas beaux" ailleurs, qui ont un handicap." Avec cette politique, certains enclos sont plus remplis que d'autres. "Pour vous citer un exemple, on n'a une seule autruche, Solange ! Son propriétaire est décédé, sa fille ne pouvait pas la prendre en appartement", illustre Sophie Fernandes-Petiot.

Au cours de votre visite, des panneaux thématiques vont permettront d'en apprendre plus sur les espèces et leur statut de conservation dans la nature, l'histoire de chaque animal, mais aussi sur le déroulement d'un sauvetage, la manière de devenir soigneur animalier...

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Attention, les 600 animaux accueillis dans le refuge ne seront pas en même temps visibles du public. "On est avant tout un lieu de soin, on a des animaux qui sont en convalescence, qu'on laisse se reposer, rappelle notre interlocutrice. De la même manière, comme certains ont été un peu bousculés, tous les enclos ont des "lieux de retrait", qui permettent aux animaux d'être à l'extérieur mais de se cacher s'ils ne veulent pas se présenter au public. Et puis, pour les animaux domestiques, avec lesquels on peut aller au contact, on va faire un roulement pour que ce ne soient pas toujours les mêmes qui soient papouillés !" rit la chargée de communication.

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La réserve zoologique de la Haute-Touche repart gagnante

A la Haute-Touche, dans l'Indre, on a été un peu chanceux. Le parc de 150ha étant fermé chaquée année de novembre à avril, les confinements et fermetures successives n'ont que peu bousculé son modèle économique. "Côté pertes, on n'a pas trop à se plaindre, l'an dernier nous avons fait une excellente saison, donc nous avons réalisé pratiquement le même chiffre d'affaires qu'en 2019", confie le directeur du site, Roland Simon. Preuve que les augures sont toujours belles pour le site indrien : le record de visite de tous temps a été battu dès ce dimanche 23 mai, avec plus de 1500 visiteurs sur la journée. "C'est une performance pour un weekend de réouverture !"

La réserve accueille de plus trois nouvelles espèces."On a le potamochère, qui est un sanglier d'Afrique de l'Ouest, un sanglier tout rouquin, c'est assez sympathique, rit Roland Simon. On a les nilgaut, un couple de grandes antilopes indiennes ; et le parc des oiseaux de l'étang africain accueille maintenant un petit groupe de sitatunga , des antilopes d'Afrique de l'Ouest, inféodées aux milieux humides, comme les marais. Elles sont très bien sur les berges de l'étang, et il y a déjà eu trois petits !" savoure le directeur du parc.

Un jeune guib d'eau, ou sitatunga, gambade dans le parc de la Haute-Touche.
Un jeune guib d'eau, ou sitatunga, gambade dans le parc de la Haute-Touche. © MNHN A.Iatzoura

Mais la Haute-Touche a encore une plus grande surprise, un nouveau pack VIP, qu'elle inaugure spécialement pour la réouverture. Les personnes qui choisiront cette visite privilégiée auront droit à des visites guidées, une découverte des coulisses de la réserve et des différents corps de métier qui s'y activent tous les jours, mais aussi des processus de sauvegarde des espèces. Et, clou du spectacle, le parc leur sera ouvert dès 9h, soit une heure avant l'heure d'ouverture officielle.

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