Appel à l'aide de la Tanière : le zoo-refuge propose un jeu-concours solidaire pour boucler le budget

Malgré de nouvelles donations et une promesse d'aide financière par deux ministres, le zoo-refuge de la Tanière, près de Chartres, est toujours loin de boucler son budget de fonctionnement annuel.

Les animaux du zoo refuge de la Tanière, en Eure-et-Loir, gardent le moral
Les animaux du zoo refuge de la Tanière, en Eure-et-Loir, gardent le moral © La Tanière

L'appel à l'aide lancé fin février par le zoo-refuge de la Tanière, près de Chartres (Eure-et-Loir), n'est pas resté lettre morte. 3 000 donateurs se sont manifestés, rassemblant une somme de 200 000 euros. "Forcément, ça fait plaisir, remercie Sophie Fernandes-Petitot, chargée de communication du site. La moyenne des dons était à 50 euros, mais il y a eu quelques personnes qui ont été particulièrement généreuses !"

Pourtant, si toute l'équipe est sensible à cet élan de générosité, force est de le reconnaître : les comptes n'y sont pas. Pour loger, nourrir et soigner ses animaux, les frais de fonctionnement du refuge sont de 4 millions d'euros à l'année. Une somme colossale, qui s'explique par les soins particuliers apportés au sein de ce sancturaire et le profil des animaux recueillis : fauves ou camélidés en retraites de cirques, primates sortis de laboratoires...

A la Tanière, du soin et du temps pour les animaux

"Depuis 2 ans, on a sauvé 1 millier d'animaux, et on en a toujours 600 à demeure, et tout ça sans jamais avoir été ouverts au public. On est sur des animaux issus majoritairement de sauvetages, qui demandent des soins et une alimentation particulière. Par exemple, on ne peut pas se permettre de prendre de la nourriture un peu "défraîchie" car il leur faut de vrais apports vitaminiques et protéiniques." détaille la chargée de communication.

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Certains animaux ont besoin de chirurgie à leur arrivée, l'autre d'un suivi vétérinaire pointue pour une pathologie. Et le soin, pour la Tanière, c'est aussi prendre le temps. Si selon Sophie Fernandes-Petitot, un zoo classique tourne avec 1 soigneur pour 100 animaux, à la Tanière, le ratio est de 1 soigneur pour 30 animaux.

"Une grosse partie des animaux qui sont issus des trafics animaliers, qui ont été enlevés jeunes à leur parents, parfois avant le sevrage, sont très "imprégnés" [de la présence humaine, ndlr], ils ont besoin de beaucoup d'attention. Le maître-mot, ici, c'est le bien-être. Même si on essaie de les détacher peu à peu, de leur rendre leur animalité, on ne peut pas tout couper du jour au lendemain."

Promesse d'aide ministérielle : "c'est une bouffée d'oxygène, mais une petite bouffée"

Le 5 mars, les ministres Barbara Pompili et Marc Fesneau se sont rendus sur place. "Concernant les animaux de saisie que l'on récupère, il ne faut pas oublier que notre principal pourvoyeur, c'est l'Etat. 70% à 80% de ces animaux sont amenés par les douanes, la gendarmerie, l'office français de la biodiversité... Et ces animaux, une fois qu'ils ont été déposés, ils sont entièrement à notre charge, il n'y a pas de subvention" rappelle le zoo-refuge. Une précision qui a été dûment fournie aux deux ministres.

"Je pense qu'ils ont été aussi agréablement surpris de voir la qualité des installations et la façon dont les animaux ont été pris en charge" estime Sophie Fernandes-Petitot, qui nous remet en mémoire la somme dépensée au départ pour ces équipements zoologiques : 25 millions d'euros. "On se considère comme ayant une mission d'utilité publique. Parce que tous ces animaux saisis par l'Etat, si nous ne sommes pas là, qu'est-ce qu'ils deviennent ?" Car en France, les refuges du genre se comptents sur les doigts d'une main, et ils n'ont pas tous les 20 hectares dont dispose la Tanière.

Résultat de la visite : la promesse d'une aide exceptionnelle pour nourrir les animaux en ces temps de fermeture contrainte, à hauteur de 360 000 euros. "Forcément, c'est une bouffé d'oxygène, mais ça reste une petite bouffée puisque ça ne couvre même pas les frais de fonctionnement d'un mois entier. On l'attend tout de même avec impatience, car on ne les a pas encore reçus, malheureusement."

Une visite privée VIP à remporter

Alors pour espérer sauver la Tanière de la fermeture, et tous ces animaux d'un avenir incertain, le zoo-refuge se tourne de nouveau vers son public. En octobre 2020, le site avait rouvert brièvement et mis en place une billetterie en ligne. Avec la seconde vague, de nombreux acheteurs se sont retrouvés dans l'incapacité d'utiliser leur ticket.

"Tous ceux qui ont acheté, entre octobre 2020 et le 31 mars 2021, un billet au tarif individuel adulte ou enfant pourront participer à un tirage au sort et on désignera 20 tickets gagnants qui auront droit à une visite privée VIP de la Tanière avec 4 accompagnants, en compagnie des fondateurs, où ils pourront aussi voir l'envers du décor, rencontrer nos soigneurs...." détaille Sophie Fernandes-Petitot.

Que ceux qui manqueront le coche du tirage au sort se rassurent : tous les billets achetés restent valables durant 5 ans. "C'est une jolie manière de nous soutenir, éthique et solidaire. On est très pressés de rouvrir nos portes au public. On veut leur montrer tous ces animaux ! Ce n'est pas parce qu'ailleurs ils sont considérés comme trop moches qu'ils ne seront pas montrés chez nous. Ce sont des êtres vivants."

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