"On ne peut pas payer" : la région Centre-Val de Loire attaque la hausse des prix pratiqués par SNCF Réseau

Huit régions de France ont déposé un recours devant le Conseil d'État contre SNCF Réseau, à la suite de l'augmentation des tarifs des péages ferroviaires pour 2024. Pour le Centre-Val de Loire, la facture gonfle de 11 millions d'euros.

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"Ils veulent tuer le ferroviaire !" Philippe Fournié, vice-président de la région Centre-Val de Loire chargé des transports, ne décolère pas. La collectivité, avec sept autres régions de France métropolitaine, a déposé un recours devant le Conseil d'État contre SNCF Réseau, pour contester les tarifs de ses péages ferroviaires, comme l'a appris le média L'Informé.

Filiale de la SNCF, l'entreprise entretient le réseau ferroviaire français, et espère atteindre l'équilibre financier en 2024. Pour y parvenir, elle a décidé d'appliquer une importante majoration des péages, payés par les régions pour faire circuler des TER sur les lignes ferroviaires. Une hausse, en moyenne, de 8% sur l'année 2024, mais qui varie selon les régions.

11 millions d'euros à trouver par la région

En Centre-Val de Loire, "on nous annonçait 3 à 4%", mais "ils ont décidé d'augmenter de 13%", souffle Philippe Fournié. Ce qui, selon lui, ferait passer la contribution annuelle de la région de 73 à 84,6 millions d'euros.

Ça ne correspond à aucune réalité, ni via l'inflation, ni à la hausse du coût de l'énergie, ni aux matériaux... Ça correspond juste au fait que l'État, son seul actionnaire, ne donne pas assez à SNCF Réseau dans sa trajectoire financière.

Philippe Fournié, vice-président Centre-Val de Loire chargé des transports

Il est à noter cependant que la hausse des coûts de l'énergie et des matériaux ont fait augmenter les dépenses d'entretien des lignes françaises par SNCF Réseau, entretien grandement financé par les péages. Hors, ces deux dernières années, la hausse des péages avait été inférieure à l'inflation : +2,2% en 2022 contre 5,2% d'inflation, +2,4% en 2023 pour une inflation à 4,9%. Interrogée par France 3 sur sa stratégie, SNCF Réseau n'a pas souhaité s'exprimer.

L'élu régional réclame avant tout une hausse de la contribution de l'État dans les investissements de la SNCF, et cite une étude de l'association des opérateurs ferroviaires allemands "Allianz pro Schiene". Selon cette dernière, la France investit 46 euros par habitant dans le train, contre 103 euros en Italie, 124 euros en Allemagne, ou encore 158 au Royaume-Uni. Et ce notamment car les régions mettent grandement la main à la pâte dans les investissements ferroviaires, via le règlement des péages.

Vers une nouvelle hausse du prix des billets ?

Reste que le Centre-Val de Loire va devoir payer 11 millions d'euros en plus de péages cette année. Une facture qui s'ajoute au surcoût de fonctionnement du réseau de 25 millions d'euros pour cause d'inflation. Pour y faire face, la région a augmenté les prix des billets Rémi en ce début 2024. De quoi dégager... 6 à 7 millions d'euros. On est encore loin du compte.

"On ne peut pas payer", assure Philippe Fournié. Mais le vice-président de la région l'assure : il n'y aura pas de nouvelle hausse.

Alors, pour s'en sortir budgétairement, "on va être obligés de ne pas augmenter notre offre de transports, alors qu'on est dans un moment où le ferroviaire reprend des couleurs, et qu'on a eu une hausse de 10% de la fréquentation en 2023". À moins d'un succès du recours.

Ou plutôt double recours. Car les régions ont également décidé d'attaquer l'ART, l'autorité de régulation des transports, qui a validé la hausse des tarifs pratiqués par SNCF Réseau en juillet 2023. Selon l'AFP, les décisions sont attendues mi-février concernant l'ART, et dans les semaines suivantes pour SNCF Réseau.