Prolonger le séjour des pandas de Beauval, un enjeu de la visite d’Emmanuel Macron en Chine

Brigitte Macron est marraine du bébé panda Yuan Meng. / © THIBAULT CAMUS / POOL / AFP
Brigitte Macron est marraine du bébé panda Yuan Meng. / © THIBAULT CAMUS / POOL / AFP

Le directeur du zoo de Beauval accompagne Emmanuel Macron lors de sa visite en Chine jusqu’à mercredi 6 novembre. Objectif : convaincre les autorités chinoises de prolonger de dix ans le prêt du couple de pandas au Zooparc du Loir-et-Cher.

Par France 3 Centre-Val de Loire avec AFP

Le parc zoologique de Beauval en France va-t-il pouvoir garder ses pandas géants ? Cette question pourrait être tranchée lors de la visite d'Emmanuel Macron en Chine, où ces animaux sont considérés comme des trésors nationaux. "C'est comme si la France prêtait Mona Lisa !", s'enthousiasme Delphine Delord, directrice associée du Zooparc de Beauval. 

Seuls pandas présents en France, le couple formé du mâle Yuan Zi ("rondouillard") et de la femelle Huan Huan ("joyeuse") sont arrivés en 2012 dans le zoo du Loir-et-Cher dans le cadre d'un prêt de dix ans par les autorités chinoises. La famille s'est depuis agrandie avec la naissance, le 4 août 2017, de Yuan Men ("accomplissement d'un rêve"), qui avait été très médiatisée.
Le bébé doit partir en Chine d'ici un an environ, une fois qu'il sera sevré. Mais le zoo de Beauval espère bien conserver ses parents, selon son directeur, Rodolphe Delord, qui fait partie de la délégation accompagnant Emmanuel Macron, arrivé lundi après-midi à Shanghai.

"Les choses avancent dans le bon sens. Il n'y a pas de raison que les pandas ne puissent pas rester en France, car les relations franco-chinoises sont excellentes", a expliqué Rodolphe Delord. Il a indiqué avoir évoqué cette question avec le chef de l'Etat qui "a promis d'en parler" lors de sa visite en Chine, prévue jusqu'à mercredi.

Un animal emblème de la biodiversité

Le sujet pourrait être également abordé par Brigitte Macron, marraine de Yuan Meng, à qui elle était allée rendre visite à Beauval en décembre 2018 avec des dignitaires chinois. "La naissance d'un bébé panda est élément favorable pour les négociations", analyse Delphine Delord.
           
Pour Rodolphe Delord, la présence des deux pandas géants à Beauval est "un symbole extrêmement fort" qui "permet de sensibiliser le public à la conservation de la biodiversité". 

Une fréquentation du zoo en forte hausse ces dernières années

Depuis l'arrivée des deux plantigrades noirs et blancs, la fréquentation du zoo a bondi de 600.000 à 1,6 million de visiteurs par an, selon son directeur. Ils en sont devenus les stars, choyés dans des enclos spécialement aménagés avec des plantes venues de Chine, dont des bambous.

Pour Delphine Delord, "la hausse de l'attractivité du zoo engendrée par la présence des pandas a permis de mettre en place des parrainages d'animaux. L'argent récolté permet notamment de soutenir des programmes de conservation et de recherches. Notre association protège par exemple le Tamarin pinché en Amazonie."

Le parc espère célébrer dans les prochaines années une nouvelle naissance car "tous les signaux sont au vert" pour que Huan Huan tombe de nouveau enceinte. Cependant, la directrice associée du zoo le rappelle : "La femelle panda n'est féconde qu'un seul jour par an."

Les deux pandas géants ont été accueillis comme des vedettes lors de leur arrivée, à bord d'un avion spécialement affrété, en janvier 2012, après de longues négociations ayant débuté sous la présidence de Jacques Chirac avant d'être poursuivies par Nicolas Sarkozy. Leur prêt avait été conclu dans le cadre de "la diplomatie du panda" développée par Pékin, qui a confié des dizaines de ces ursidés à plusieurs pays, comme les Etats-Unis ou le Japon. 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus