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La région s'oppose à un éventuel projet de stockage des déchets nucléaires

La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire serait destinée à accueillir un nouveau bassin de stockage de déchets nucléaires / © PHOTOPQR/BERRY REPUBLICAIN/MAXPPP
La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire serait destinée à accueillir un nouveau bassin de stockage de déchets nucléaires / © PHOTOPQR/BERRY REPUBLICAIN/MAXPPP

Après le maire de Belleville-sur-Loire, c'est le président de la région Centre qui a communiqué sa position sur l'éventuelle construction d'une piscine de stockage de déchets nucléaires dans le Cher. Le Conseil régional doit voter ce jeudi une motion pour montrer son désaccord. 

Par Yacha Hajzler

"La région Centre-Val de Loire n’a pas vocation à devenir la poubelle nucléaire de la France." Le ton est donné, grave et surtout très ferme. Ce 16 février François Bonneau, président de la région Centre-Val-de-Loire, prend position dans l'affaire d'une supposée construction de piscine de stockage des déchets nucléaires à Belleville-sur-Loire, dans le Cher.

Un stockage permanent


Ce projet, censé être mené par EDF et jusqu'à présent visiblement secret, a été révélé le 13 février par nos confrères du site web Reporterre, spécialisé dans les problématiques écologiques. Selon eux, l'entreprise prévoit de construire, d'ici à 15 ans, une nouvelle piscine de stockage des déchets nucléaires sur le site de la centrale de Belleville. 

Particularité : il ne s'agirait pas d'une piscine de stockage temporaire, comme en est munie chaque centrale, mais bien d'un bassin destiné à un stockage permanent. D'une capacité de 8000 tonnes, il serait destiné à accueillir en particulier un mélange d'uranium et de plutonium, le Mox, susceptible de relâcher une grande quantité de matière radioactive à la moindre défaillance de la piscine. 

Une piscine de stockage des déchets nucléaires - Photo d'illustration / © PHOTOPQR/SUD OUEST
Une piscine de stockage des déchets nucléaires - Photo d'illustration / © PHOTOPQR/SUD OUEST

"Stupeur" et agacement


Patrick Bagot, le maire de Belleville-sur-Loire, avant déjà exprimé auprès de France 3 son opposition à un tel projet. La région lui emboîte donc le pas, et avec énergie encore. Dans son communiqué, François Bonneau relève d'abord le manque total d'information dans ce dossier, évoquant la "stupeur" des élus face aux révélations de la presse. 

"A aucun moment un débat pourtant nécessaire et légitime n'[a] été engagé pour évoquer les questions relatives au devenir énergétique de notre région", s'indigne-t-il dans le document et ce alors même que les élus ont rencontré le ministre de la Transition énergétique, Nicolas Hulot, il y a quelques mois. 

Le dossier sera évoqué le 21 février lors de la prochaine session plénière du conseil régional. François Bonneau veut unir les élus autour de sa position et obtenir une entrevue avec Nicolas Hulot. Il exige également, de la part d'EDF et de l'Autorité de Sûreté du Nucléaire la transmission de toutes les informations.

Un extrait du communiqué de la région
Un extrait du communiqué de la région

Le classement UNESCO, argument de poids 


La région rappelle dans ce communiqué qu'elle est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est un argument assez porteur. Quatre sites sont en effet distingués par l'organisation : la cathédrale de Chartes, celle de Bourges, l'église de Neuvy-Saint-Sépulcre et le Val-de-Loire dans son intégralité.

Belleville-sur-Loire n'est pas située à proprement parler dans le périmètre distingué par l'UNESCO. En revanche, elle en est suffisamment proche pour que les obligations assorties à cette distinction s'y appliquent. 

Cerclé de bleu sur cette carte, le patrimoine distingué par l'UNESCO. Belleville-sur-Loire, cerclée de rouge, en est très légèrement excentrée.
Cerclé de bleu sur cette carte, le patrimoine distingué par l'UNESCO. Belleville-sur-Loire, cerclée de rouge, en est très légèrement excentrée.

En effet, être classé au patrimoine mondial comporte des avantages, notamment des fonds alloués et un impact touristique considérable. Evidemment, ces avantages sont associés à des conditions.

Les signataires de la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel doivent ainsi s'engager "à apporter leur concours à l'identification, à la protection, à la conservation et à la mise en valeur du patrimoine culturel et naturel."  En matière de construction, les sites classés sont donc surveillés, et un bassin de stockage de déchets nucléaires cadre assez peu avec l'esprit. 


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