Rentrée scolaire en Centre-Val de Loire : « Tout le monde ne sera pas prêt »

Avant la rentrée du 2 novembre, les crèches, écoles, collèges et lycées doivent une nouvelle fois s’adapter aux consignes sanitaires de dernière minute. Contrairement au premier confinement, ces établissements scolaires resteront ouverts, et ce, malgré le reconfinement. 
 

Crèches, écoles, collèges et lycées font leur rentrée ce lundi 2 novembre, dans un contexte sanitaire et sécuritaire préoccupant.
Crèches, écoles, collèges et lycées font leur rentrée ce lundi 2 novembre, dans un contexte sanitaire et sécuritaire préoccupant. © Vincent Michel/MaxPPP
Professeurs, parents d’élèves et syndicats se sentent à nouveau pris de court. Avec une rentrée prévue ce lundi 2 novembre et des informations gouvernementales qui tombent au compte-gouttes, ils réclament des indications claires, ainsi qu’un soutien matériel et humain de la part du ministère de l’Education nationale.


Masque dès 6 ans, division des classes et créneaux horaires dans les cantines

"Il faut que les écoles restent ouvertes", "Il faut que les enfants gardent un contact social avec leurs camarades et leurs professeurs", "C’est le meilleur moyen pour limiter la fracture sociale et l’échec scolaire". À Tours en Indre-et-Loire, les parents sont presque tous unanimes. Ils veulent que leurs enfants retournent en classe. Mais dans quelles conditions ?

Au lendemain des annonces d’Emmanuel Macron, le Premier ministre, Jean Castex, a affirmé jeudi 29 octobre devant l'Assemblée nationale que le port du masque sera obligatoire pour tous les enfants dès l'âge de six ans, contre 11 ans jusqu’alors. Le gouvernement a également demandé aux responsables d’établissement de limiter aux maximum "le brassage" des élèves, en les divisant en petits groupes et en imposant des créneaux pendant les récréations et à la cantine - lieu où le respect des gestes barrières reste très limité.

Manque de moyens humains et matériels

Bien que favorable au maintien des cours en présentiel, Paul Agard, représentant syndical FSU 37, dénonce un cruel manque de moyens : "Nous n’avions déjà pas les éléments matériels nécessaires avant ce possible reconfinement. Là, nous allons faire une rentrée dans une situation encore plus alarmante alors que les professionnels n’ont pas suffisamment de masques pour les élèves. C’est anxiogène."

Afin de soulager les familles, de nombreuses communes de la région distribueront dès lundi des masques en tissu aux élèves des écoles primaires. C’est le cas de Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret), mais aussi de La Riche (Indre-et-Loire), où 750 masques réutilisables seront distribués gratuitement aux élèves des écoles Paul Bert et Ferdinand Buisson. De son côté, le gouvernement assure qu’il fournira lui aussi des masques aux familles en difficulté.
 

Tout le monde ne sera pas prêt.

Martine Rico, coordinatrice régionale FCPE Centre-Val de Loire


Les associations de parents d’élèves estiment par ailleurs que la division des classes est souhaitable, mais que pour qu’elle soit réalisable, il faudra recruter du personnel supplémentaire. "Tout le monde ne sera pas prêt. Notamment chez les plus petits, qui nécessitent une attention toute particulière, et donc plus de surveillants", alerte Martine Rico, coordinatrice régionale de la FCPE Centre-Val de Loire.
 

Je suis soufflée par le manque d’organisation du gouvernement

Chrystel de Filippi, adjointe à l’Education à la Ville d’Orléans

Annoncée à 10h00 lundi 2 novembre, reportée l’après-midi puis reportée au lendemain. Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a finalement annoncé vendredi 30 octobre en fin d’après-midi que la rentrée se fera finalement bien lundi matin à 8h dans les collèges et lycées, et à 8h30 dans les écoles élémentaires. L’hommage au professeur Samuel Paty prendre lui la forme d’une minute de silence, à 10h00.

Un manque de communication jugé inadmissible par Chrystel de Filippi, adjointe à l’Education à la Ville d’Orléans : "J’ai rappelé des agents pendant leurs vacances pour qu’ils puissent nous prêter main forte pour les accueils périscolaires avant la rentrée prévue initialement à 10h. J’ai finalement dû les décommander à cause des dernières modifications d’emploi du temps. C’est irrespectueux pour les agents, les élus locaux, les enseignants et les parents. Je suis soufflée par le manque d’organisation du gouvernement."



 
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