Sans ouverture à l'horizon, les propriétaires des châteaux du Centre-Val de Loire restent dans l'incertitude

Difficile donc pour les propriétaires des châteaux du Centre-Val de Loire de se projeter sans annonce claire de la part de la ministre de la culture. Grands travaux, nouvelles formes de visites, tournage de séries ... chacun essaye tant bien que mal de se préparer au grand jour.

Le château de Cheverny en avril 2017. Photo d'illustration
Le château de Cheverny en avril 2017. Photo d'illustration © Sergi Reboredo/picture alliance / Sergi Rebored/MaxPPP

Quand rouvriront les châteaux du Centre-Val de Loire, symbole majeur du tourisme de la région ? La ministre de la culture Roselyne Bachelot annonçait chez nos confrères de BFMTV que "nous allions vers le bout du tunnel" sans toutefois préciser de date exacte de retour dans les lieux de culture. Une situation pesante pour les propriétaires de ces demeures. Ce sont les visites qui permettent d'assurer tout l'entretien de leur établissement : "Notre activité a baissé de 50% entre 2019 et 2020" pour Laure Bommelaer, propriétaire du château de la Bussière. Tous sont unanimes : la fermeture pendant les périodes de fêtes a été fatale.

Les propriétaires n'ont pas non plus pu compter sur les vacances de février. Sans nul doute, c'était pour eux la goutte de trop. Alors aujourd’hui, sans aucune échéance prononcée, ils envisagent tant bien que mal leur réouverture.

Profiter du manque de visiteurs pour faire des travaux

Au château de la Ferté Saint-Aubin, Lancelot Guyot, le propriétaire, a entamé des travaux conséquents. "Que je sois ouvert ou fermé, le château doit être entretenu. Le lieu se restaure en temps normal petit à petit grâce à ses visiteurs. Sans dégager de revenu, les travaux, les charges et les assurances s'accumulent". Ces dernières s'élèvent à plus de 20 000 euros par an selon lui.

A La Bussière, Laure Bommelaer, la propriétaire du château, est sur la même longueur d'onde. Une façon pour elle de mettre à profit l'absence de visiteurs. "On restaure tout le haut du château pour faire des chambres d'hôtes, même si ce n'est pas vraiment la période. On n'avait pas exploité cette partie depuis 1958". Son équipe finalise tous les travaux qui pourraient gêner les futures visites. Dans le même temps, elle se projette quant à la réouverture "On prévoit beaucoup de choses en extérieur, notamment avec la visite de notre potager classé jardin remarquable. On met aussi en place une visite avec un QR Code". A l'heure où nous écrivons ces lignes, la préfecture du Loiret a autorisé la visite des parcs et jardins du château de la Bussière jusqu’au 7 mars. Un vrai soulagement pour la responsable de la demeure, Clémentine Gentil.

Certains demeurent pessimistes ...

A cette période, ils ne sont pas nombreux à se rendre sur site. Seule la propriétaire, son mari et deux jardiniers y travaillent quasiment tous les jours. Une autre employée est, pour l'instant, en chômage partiel. Ils espèrent la faire revenir à partir du 1er mars "dans l'espoir d'ouvrir en avril". "Si on n'ouvre pas pour les beaux jours, ça serait catastrophique. Je ne veux pas l'imaginer", confie Laure Bommelaer.

Même constat au château de Cheverny. “Y’aura panique à bord si nous n’ouvrons pas fin mai”, selon Charles-Antoine de Vibraye, le propriétaire des lieux. Après avoir réalisé un bon été et de bonnes vacances de la Toussaint, il espère, comme beaucoup d’autres, une réouverture pour Pâques.

Ce qui est terrifiant, c’est qu’on a aucune perspective de réouverture

Charles-Antoine de Vibraye, propriétaire du château de Cheverny

Depuis la fermeture de leur propriété en novembre, ils parviennent à entretenir et rénover le château avec leur petite trésorerie. Ils ont en revanche été contraints de reporter les travaux de restauration. Pour l’instant, le couple n'anticipe aucune réouverture. Il demeure dans l’attente d’une date, une annonce, un signe de la part de la ministre de la culture. “Le château est le pivot de la visite et nous avons des expositions autour, donc on souhaite ouvrir l’ensemble du site. En avril, on a 250 000 bulbes de tulipes, répartis sur 3 jardins, on serait désespérés de les garder pour nous”

... pendant que d'autres parviennent à rebondir

Pour pallier à sa fermeture, le propriétaire du château des Grotteaux, à Huisson-sur-Cosson, a trouvé le moyen de redonner vie à sa demeure. Dans ce lieu d'hôtellerie 5 étoiles, un tournage de film a débuté à la fin du mois de février. Avec ces trois jours de tournage, Gael du Halgouet espère rééquilibrer ses comptes “C’est l’équivalent d’un demi-mois d’activité, c’est quand même pas mal. C’est aussi une ressource financière supplémentaire qui donnera de la visibilité au château”

Comme ses homologues, il se préparait à ouvrir le 15 mars mais a dû revoir son calendrier, dans l’attente des annonces gouvernementales.

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