Santé : près de 4 femmes sur 10 n’ont pas consulté de gynécologue depuis 3 ans

© PHILIPPE HUGUEN / AFP
© PHILIPPE HUGUEN / AFP

Selon une étude publiée en avril 2019, près de 4 femmes sur 10 n’ont pas consulté de gynécologue depuis 3 ans. En Centre-Val de Loire, c'est le cas d'une 1 femme sur 2 de + 50 ans !
 

Par Ch.Launay

L'agence Harris Interactives vient de publier une étude pour le compte de la société de services et technologie en santé Medicine4i**.  Selon ce sondage réalisé en février 2019, 50% des femmes de + 50 ans résidant en Centre-Val de Loire n’ont pas consulté de gynécologue durant les trois dernières années. C’est au-dessus de la moyenne nationale (45,5%). Un record qui concerne également la catégorie des 15-49 ans avec 34,8% des femmes qui sont restées sans consulter pendant plusieurs années. C’est 4 points au-dessus de la moyenne nationale.  

La pénurie de spécialistes et les délais d’attente sont les premières causes avancées pour expliquer ce déficit de consultation des gynécologues dans notre région considéré comme l'un des tout premier désert médical de France. 


Des délais d'attente qui excèdent un mois et demi

 Les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous chez le gynécologue expliquent la désertion des cabinets. Ils sont de 84 jours en Centre-Val de Loire alors qu’il faut compter 20 jours de moins en moyenne en France.

Sans surprise, les patientes sont d’autant plus pénalisées qu’elles habitent en milieu rural. Dans notre région, une sur-mortalité liée au cancer du sein a d'ailleurs été observée dans les départements du Cher et de l'Eure-et-Loir. 
 
Le suivi gynécologique régulier est le meilleur garant d’une détection précoce de cas de cancers (du sein, du col de l’utérus). A défaut d’avoir d’obtenu un rendez-vous chez un gynécologue, les femmes ont la possibilité de se faire suivre par un médecin généraliste ou par une sage-femme  nous précise Lucie Sainson, dont c'est la profession.  "Les médecins généralistes et les sages-femmes sont habilités à réaliser un frottis cervico-vaginal en suivant les recommandations, c'est à dire dès 25 ans et tous les 3 ans (sauf les 2 premiers à 1 an d'intervalle)" . 

Pour obtenir un rendez-vous chez un généraliste, cette fois, les délais d’attente tombent à huit jours en moyenne. Un temps qui parait dérisoire comparé à celui des spécialistes. Mais qui parait si loin de l’époque où l’on pouvait obtenir un rendez-vous pour le jour même. C'était il y a plus de 30 ans ! 


Vers un développement de la télé-médecine ? 

S'inspirant des situations vues au Québec ou en Suède, dans des régions difficiles d'accès, la région Centre-Val de Loire défend l'ouverture de consultations de télé-médecine, en présence d'une infirmière qui relèverait les constantes du patient (tension, poids, température...) et dialoguerait à ses côtés avec un praticien via Skype. 
 
**L’enquête Harris / Medicine4i porte sur un échantillon de 4 000 personnes
 

A lire aussi

Sur le même sujet

La colére des bénévoles face à la précarité

Les + Lus