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Suicide de policiers : “Ce qui remonte du terrain, c'est sur ça qu'on veut des réponses”

Une pancarte en forme de bouclier : "Stop aux suicides dans la police" / © BELPRESS/MAXPPP
Une pancarte en forme de bouclier : "Stop aux suicides dans la police" / © BELPRESS/MAXPPP

Christophe Castaner s'est exprimé sur la question du suicide des policiers. Il n'a rien annoncé sinon l'accélération d'un précédent plan d'action. Le syndicat Alternative Police CFDT reste dubitatif. 

Par Yacha Hajzler

"Aux annonces de Monsieur Castaner, on dit : "peut mieux faire", et surtout "doit mieux faire".  Yannick Le Roux est représentant du Cher et de l'Indre pour le syndicat Alternative Police CFDT. L'organisation réserve un accueil pour le moins frileux aux annonces du "1er flic de France", Christophe Castaner. 
 

Pas de nouveau dispositif


Le 12 avril, le ministre de l'Intérieur en visite à l'hôpital des gardiens de la paix de Paris, a pris la parole sur la recrudescence des suicides au sein des forces de l'ordre. Il a annoncé notamment la création d'une "cellule alerte prévention suicide".

Problème, le ministre Castaner n'a en fait rien promis de nouveau, se bornant à vouloir accélérer un plan mis en place par son prédecesseur, Gérard Collomb. 
 

"Il avait eu un impact quasiment nul, puisqu'il n'a pas été mis à exécution", ironise Yannick Le Roux. Décrété en mai, le plan de Gérard Collomb n'a pas empêché le suicide annuel de 35 policier et 33 gendarmes. En 2019, déjà 26 policiers se sont donnés la mort dont une policière retrouvée à Guainville, en Eure-et-Loir, le matin du 8 avril. 
 


En interne, une gestion dictatoriale


"Un suicide, c'est multi-factoriel, bien sûr, concède le leader syndical. Le fonctionnaire de police est un humain comme tout le monde. On a aussi des problèmes personnels, familiaux, financiers... Mais il y a quand même un réel problème au niveau de la hiérarchie. Il y a encore beaucoup de tabous dans la police."

Yann Le Roux dénonce une gestion "autocratique", dans certains commissariats. Pression hiérarchique, politique du chiffre et avancements de carrière obtenus par copinage s'ajoutent aux cycles de travail lourds et inadaptés. "Quand malheureusement nos collègues passent à l'acte, quand ils laissent un courrier, c'est souvent l'administration qui est incriminée."
 

Régions rurales : une double discrimination


"En région Centre, on est aussi très concernés par le manque de moyens humains. Toutes les DDSP sont en-dessous du chiffre de fonctionnement de référence."

Résultat : la réforme européenne du temps de travail, qui impose 11heures de repos entre deux journées en fonction, n'est pas appliquée. "Il n'y a que les grosses circonscriptions de France qui ont pu passer au "vendredi fort", et ne travaillent qu'un weekend sur deux et un mercredi sur deux. A Vierzon, ou Châteauroux, c'est impossible de mettre ça en place. C'est une double discrimination."
 

Confronter le ministre à la réalité


Pour Alternative Police CFDT, la levée de ces tabous est primordiale pour espérer résoudre la crise que traversent les fonctionnaires de police.

"Encore lors de son dernier discours, à aucun moment Mr Castaner n'a eu ce discours de vérité et n'a pris le problème à bras-le-corps. On aimerait faire confiance, mais on voit que ce qui est annoncé n'est pas suffisant, et malheureusement, si on se réfère au passé, il y a eu beaucoup de bla-bla, et rien de concret."
 

Le syndicat, qui organise depuis le début de l'année des colloques sur le sujet, a invité ses hauts responsables hiérarchique à la prochaine réunion, le 22 mai. "On va leur présenter les cas concrets qu'on a pu relever sur la région Centre. Ça remonte du terrain, et c'est sur ça qu'on demande des réponses."

 

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