Suppression de postes chez Michelin : les usines Joué-lès-Tours et Saint-Doulchard aussi concernées

Michelin annonce ce mercredi 6 janvier la suppression de 2 300 postes à travers la France. A Joué-lès-Tours en Indre-et-Loire et à Saint Doulchard dans le Cher, le personnel se dit être confiant.

L'usine Michelin de Saint-Doulchard
L'usine Michelin de Saint-Doulchard © France Télévisions

Le bibendum blanc va devoir se dégonfler un peu. Michelin a annoncé ce mercredi 6 janvier la suppression de 2 300 postes en France dans le cadre d'un "plan de simplification et de compétitivité sur 3 ans". Tout en réaffirmant ses ambitions de développement dans notre pays, le groupe précise que ce plan "exclue tout licenciement" et "ne repose pas sur des fermetures de sites". Cette dernière crainte subsistait après l'annonce de la fermeture de l'usine de La Roche-sur-Yon le 10 octobre 2019.

Le groupe envisage par la même occasion la modernisation de ses sites. Durant ces trois années, il travaillera de façon à proposer des pièces "haut de gamme, à haute plus-value technologique".

Le plan ne découle pas de la crise sanitaire, il n'est pas conjoncturel. Cette annonce, elle est plutôt dûe à la forte pression concurrentielle dont le secteur est victime. "On a une importation de pneus à bas coût très importante, notamment provenant d'Asie, depuis une dizaine d'année" complète Jacques Glémot, le directeur du site de Saint-Doulchard (Cher). En effet, les usines de notre région sont elles aussi impactées par ce plan. 

Les usines aéronautiques étaient déjà prêtes

Le cas de l'usine de Saint-Doulchard est un peu particulier par rapport au reste de la France. Spécialisée dans le secteur de l'aéronautique, sa production a été très impactée par la crise sanitaire. "On avait un plan de relance très ambitieux début 2020 qu'on a dû arrêter. 50% de nos effectifs étaient en chômage partiel" explique le directeur du site.

De ce fait, depuis juin, lui et les partenaires sociaux s'interrogent sur la relance totale du marché de l'aéronautique, qui "ne seraient pas prévu avant 2023". En septembre dernier, ils ont alors créé Cap 2025, un plan validé par le groupe, qui permettra le recours au chômage partiel de longue durée en 2021 et 2022. "L'activité partielle va nous permettre de répondre aux demandes du marché tout en conservant des compétences correctes et sans impacter le personnel" se réjouit Jacques Glémot.

Pour regagner de la productivité, il compte aussi sur "l'évolution naturel de l'effectif" : "il y aura des personnes qui vont changer de métiers, certains partiront à la retraite, d'autres demanderont des mutations ou tout simplement à partir de l'entreprise. Seulement on n'embauchera pas". Si aujourd'hui ils sont 622, il estime le nombre de ses salariés "entre 530 et 550" d'ici 2023. Le plan de simplification et de compétitivité proposé à échelle nationale s'intègre donc parfaitement avec ses projets. 

"Des outils sont mis en place pour interdire les licenciements"

A Joué-lès-Tours, l'objectif grâce à ce plan est avant tout de moderniser les outils utilisés. "Ça concernera nos deux ateliers. Dans le premier, on va rénover tous nos automatismes de calandrage (action de comprimer du caoutchouc pour qu'il devienne homogène, ndrl) et dans le second les membranes de cuisson qui servent à fabriquer les pneus" explique Olivier de Chassey, le directeur du site.

Il n'a pas encore estimé combien d'employés seraient concernés la suppression de poste dans son suine. Il sait seulement que les sept personnes qui travaillent sur les flaps (fond de gente pour protéger les chambres à air) ne seront plus dans ce domaine. "Parmi elles, deux vont partir à la retraite. Quant aux 5 autres, nous les accompagnerons dans leurs reconversions. Des outils d'anticipation de départ à la retraite et de rupture conventionnelle collective sont mis en place pour interdire les licenciements".

Comme son homologue du Cher, Olivier de Chassey est confiant quand à l'avenir de son usine. Il rappelle aussi que l'usine va se diriger peu à peu vers de nouvelles activités à forte valeur ajoutée, "notamment dans les domaines des services, matériaux durables, de la transition énergétique et du recyclage".

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