La BA 705 de Tours, un rôle stratégique

© service photo BA 705
© service photo BA 705

La base aérienne 705 de Tours s’apprête à fêter son centième anniversaire, les 6 et 7 juin. L’occasion de revenir sur ses missions, éminemment stratégiques. France 3 Centre-Val de Loire lui consacre une émission spéciale samedi.

Par Luc Perot

Alphajet sur le tarmac de la BA 705 / © Service photo BA 705 Pour beaucoup, la base aérienne 705 se résume à son école de chasse, dont on a appris la fin programmée, prévue pour les toutes prochaines années. Le rôle de cette dernière reste bien sûr important dans le dispositif français de défense. On y forme, bon an mal an une cinquantaine de pilotes à l’excellence. Cours théoriques, exercices sur simulateurs et également formation pratique aux commandes d’un Alphajet, cet avion d’entraînement reconnaissable à son pavillon orange visible en haut de la queue de l’appareil.

Pour un élève pilote, huit à dix soutiens au sol

240 personnes participent directement à cet apprentissage. Pour un élève pilote, il faut compter huit à dix soutiens au sol, tous métiers confondus.

Présentation de la BA 705 de Tours
Présentation de la BA 705 de Tours
Pour importante qu’elle soit, l’école de chasse ne constitue en réalité que la partie la plus visible de l’activité de la BA 705. D’autres missions lui reviennent, tout aussi stratégiques, à commencer par la protection du territoire national, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. C’est dans ce cadre qu’elle accueille régulièrement sur sa plateforme des avions de combat qui assurent un véritable rôle de police du ciel.

450 personnes se relaient au centre de Cinq-Mars-la-Pile

La BA 705, c'est aussi la surveillance de l'espace aérien / © Service photo BA 705 Toujours dans le cadre de sa mission de protection du territoire national, son site de Cinq-Mars-la-Pile – qu’on appelle aussi "site Mailloux" – est le siège du centre de détection et de contrôle. Equipé de radars, il surveille une grande partie de l’espace aérien français. 450 personnes s’y relaient nuit et jour.

La base aérienne dispose également de services administratifs et de services qui entrent dans le dispositif permettant à la direction des ressources humaines de l’Armée de l’air de fonctionner sans discontinuité.

Une ville dans la ville

Véritable ville dans la ville, la BA 705 s’étend sur 310 hectares. 2.300 personnes y travaillent, dont 300 civils.

La base entretient par ailleurs des liens étroits avec l’aéroport civil de Tours, et apporte à ce dernier un soutien logistique indispensable, notamment pour assurer le contrôle aérien, les services d’assistance et de secours, et même l’entretien des pistes.

Vues sur Loire à la BA 705
Vues sur Loire à la BA 705
Pilotes et observateurs de l'Escadrille 15 (31e RAO) / © Service photo BA 705
Pilotes et observateurs de l'Escadrille 15 (31e RAO) / © Service photo BA 705

 

Base aérienne de Tours : une longue histoire et une fin programmée

►Cent ans, une longue histoire pour la base aérienne « François et Jean Tulasne » de Tours. Cette base a été créée à son emplacement actuelle lors de la Première guerre mondiale, en novembre 1915. On l’appelait alors la « BA 109 ». Elle portera même ce nom jusqu’en 1961.

Destinée à former des pilotes, l’école d’aviation de Tours  est alors dotée de biplans Caudron G III et de quelques G IV.

►En mai 1917 les premiers aviateurs américains arrivent pour passer leur brevet élémentaire de pilote. En novembre de la même année, l’école est cédée aux Américains. Ils y forment principalement des pilotes d’observation, des observateurs et des photographes.

►Une fois la paix revenue, le site redevient français, en 1919. Ce camps d’aviation est alors le seul terrain de l’ouest de la France.

►Il accueille la 31ème escadre d’observation en 1934, qui devient escadre de bombardement en 1937. 

►Début 1961, une école de pilotes de chasse arrive de Meknès, au Maroc, et s’installe sur la base de Tours, qui prend son nom actuel de "base aérienne 705".

►On sait aujourd’hui que l’école de chasse est appelée à disparaître dès l’abandon des Alphajets, sans doute à l’échéance 2017. De nouveaux services administratifs de l’Armée de l’air pourraient être appelés à s’implanter, accompagnés de l’arrivée de personnels. La BA 705 deviendrait alors une base sans unité aérienne.

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