Vigilance au covid-19, seuil d'alerte, vulnérabilité : qu'est-ce que cela veut dire et qui est concerné ?

Après trois jours de progression exponentielle, la propagation du virus semble baisser ce 29 août, avec 5400 cas. Le Loiret reste au-delà du seuil d'alerte, et l'Eure-et-Loir ainsi que l'Indre-et-Loire en "vigilance modérée".

Les campagnes de tests se poursuivent en France, où le gouvernement revendique 900 000 personnes testées par semaine. Photo d'illustration
Les campagnes de tests se poursuivent en France, où le gouvernement revendique 900 000 personnes testées par semaine. Photo d'illustration © PHILIPP GUELLAND / MAXPPP
Après plusieurs jours de croissance importante du nombre de cas de covid-19, Santé publique France a annoncé ce 29 août 5 453 nouveaux diagnostics positifs en 24 heures, un chiffre en baisse. Dix-sept départements français sont désormais considérés en situation de "vulnérabilité élevée", un classement réalisé par Santé publique France à partir de l'ensemble des indicateurs de suivi de l'épidémie, dont le Loiret. 

Mais entre les seuils de vigilance, d'alerte, les taux de positivité et désormais cette surveillance renforcée sur 17 départements, il y a de quoi se perdre ! Comment faire le tri au milieu de l'abondance d'informations publiées par les différentes institutions de santé ?
 

Différents indicateurs pour une surveillance la plus précise possible

Tout commence en réalité au niveau local et régional. Dans chacun de ses bilans, l'Agence régionale de santé indique plusieurs indicateurs, dont le taux d'incidence qui mesure le nombre de cas positifs sur 100 000 habitants, et le taux de positivité qui établit le rapport entre personnes testées positives et le total de personnes testées.

Lorsque le taux d'incidence dépasse 10 cas positifs pour 100 000 habitants, le département atteint un premier "seuil de vigilance", indique l'ARS dans chacun de ses communiqués. Au-delà de 50, comme cela a été le cas du Loiret la semaine passée, on atteint le "seuil d'alerte". A l'heure actuelle, tous les départements du Centre-Val de Loire à l'exception de l'Indre sont en état de vigilance, et le Loiret reste proche du seuil d'alerte.
 

Une "analyse contextualisée quotidienne des risques"

Plus finement, "à partir de l’ensemble des indicateurs produits et des signalements reçus, incluant les investigations de clusters", Santé publique France réalise chaque jour, département par département, "une analyse contextualisée quotidienne des risques". "L’indicateur du niveau de vulnérabilité qui en découle traduit à la fois la circulation virale et l’impact sur la santé de la population du département. Il est évalué par les cellules régionales de Santé publique France et discuté chaque jour avec les Agences régionales de santé."

En d'autres termes, un département peut avoir un taux d'incidence ponctuellement élevé après la découverte de foyers viraux (ou "culsters") mais si ces clusters sont maîtrisés, la circulation du virus peut avoir été ralentie. A ce titre, le Loiret reste donc en situation de vulnérabilité élevée, tandis que l'Indre-et-Loire et l'Eure-et-Loir font l'objet d'une "vigilance modérée". Le Cher et le Loir-et-Cher, malgré un taux d'incidence qui reste au-delà du seuil de vigilance de l'ARS (respectivement 10,5 et 18,9 à la date du 28 août), ne font pas actuellement l'objet d'une vigilance particulière de la part de Santé publique France.


La carte ci-dessous, créée par Santé publique France, indique l'évolution du taux d'incidence par département, semaine après semaine. Pour l'ouvrir dans votre navigateur, cliquez ici.

 

Dix-sept départements en état de vulnérabilité élevée

Parmi les 17 départements en situation de vulnérabilité élevée, cinq se trouvent en Ile-de-France (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Val d'Oise) et quatre dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Var et Vaucluse). Les autres territoires concernés sont la Gironde, l'Hérault, le Rhône, la Sarthe et, Outremer, la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe.

Le 29 août, Santé publique France a annoncé que 5 453 nouveaux diagnostics positifs ont été comptabilisés, contre 7 379 le 28 août, 6 111 le 27 et 5.429 le 26, qui constituaient de nouveaux records depuis que les tests se déroulent à grande échelle.
 

Le taux de positivité des tests a en revanche poursuivi sa progression, s'établissant à 4% sur les sept derniers jours, contre 3,9% annoncés vendredi, 3,8% jeudi et 3,6% mercredi. Le 28 août, en région Centre-Val de Loire, ce taux était de 2,6% en moyenne d'après le dernier rapport de l'ARS daté du 28 août. A l'échelle des départements, le Loiret était en tête avec 3,3%, suivi de près par l'Eure-et-Loir (2,90%) et le Loir-et-Cher (2,80%).

Depuis le début de l'épidémie 30 602 personnes sont décédées en France, soit 6 de plus en 24 heures, dont 20 095 au sein des établissements hospitaliers et 10 507 (données du 26 août) en établissements sociaux et médico-sociaux. 4 530 personnes étaient hospitalisées en raison du Covid-19, soit cinq de moins que jeudi, dont 400 patients dans un service de réanimation, soit 13 de plus en 24 heures. Dans le Centre-Val de Loire, 969 personnes sont mortes du covid-19 depuis le début de l'épidémie.
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