Les Canadairs quittent leur base historique de Marignane

ILLUSTRATION- Les douze Canadair de la Sécurité civile basés entre Marignane et Ajaccio restent au sol en attendant les résultats des analyses complémentaires. / © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
ILLUSTRATION- Les douze Canadair de la Sécurité civile basés entre Marignane et Ajaccio restent au sol en attendant les résultats des analyses complémentaires. / © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Les avions qui luttent chaque été contre les incendies dans le sud de la France ne décolleront plus à compter de 2016 de Marignane dans les Bouches-du-Rhône, mais de Nîmes dans le Gard. Pour les pilotes, ce déménagement constitue une "perte opérationnelle".

Par Grégoire Bézie

Le ministère de l'Intérieur en a officiellement fait l'annonce le 14 janvier: la base avions de la Sécurité Civile créée voilà 50 ans sur l'aéroport de Marseille-Provence déménagera en 2016 pour l'aéroport de Nîmes-Garons.

Gêne du trafic commercial

La base de Marignane "connaît aujourd'hui des difficultés de fonctionnement" et "ne permet plus de garantir un engagement opérationnel optimal", justifie le ministère de l'Intérieur. En cause, la hausse du trafic commercial de l'aéroport qui serait perturbé lors des décollages urgents, les appareils de la Sécurité Civile étant prioritaire.

C'est en tout cas ce que dénonce depuis plus de dix ans, la direction générale de l'aviation civile (DGAC), pour qui la présence des Canadairs à Marignane s'avère pénalisante pour la régulation d'un trafic aérien en augmentation. Des arguments réfutés par les pilotes. 

Une "perte opérationnelle"

Pour les pilotes, ce déménagement constitue surtout une "perte opérationnelle". "Le fait de déménager va faire perdre aux 80 pilotes des 26 avions concernés (12 Canadair, 9 Tracker, 2 Dash et 3 Beechcraft, ndrl), les infrastructures d'un aéroport international ouvert 24h sur 24, pour combattre les incendies dans le sud de la France", précise François Tauveron, délégué du SNPNAC (syndicat national du personnel navigant de l'aéronautique civile).

Dix-huit vols hebdomadaires sont assurés depuis l'aéroport de Nimes au plus fort de la saison, soit à peine plus de deux vols par jour, mais surtout "le trafic aérien n'y est ouvert que de 8h à 20h" insiste le secrétaire national du SNPNAC Alain Huet, craignant que le délai opérationnel de la flotte en dehors de ces horaires n'en soit d'autant allongé. 

La Corse à plus d'1H20 de vol

Au-delà, c'est surtout un précieux temps de vol de perdu pour la Corse. "Depuis l'aéroport de Marseille-Provence, le temps de vol moyen pour rejoindre la Corse est de 60 minutes. Depuis Nimes, il faudra compter 1H20 minimum. [...] Vingt minutes qui peuvent transformer un incendie en désastre écologique", ajoute Alain Huet.

La Corse bénéficie au 1er juillet, pendant la période "risque feux de forêt", du détachement de deux Canadair sur l'aéroport d'Ajaccio et de deux Tracker pré-positionnés à Bastia-Poretta. En dehors de cette période, les bombardiers d'eau décollent de Marignane pour rejoindre l'île. 

Créée le 24 juin 1963 à Marignane, la base avions de la Sécurité Civile devrait déménager à l'issue de la saison feu 2016 pour être pleinement opérationnelle en 2017 au départ de l'aéroport de Nîmes-Garons. La base de Nîmes héberge déjà la division hélicoptère de la Sécurité civile depuis 1999.

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