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La Collectivité de Corse veut rétablir la vérité sur le nuage de Tchernobyl

Le président du Conseil exécutif de Corse, Paul Giacobbi / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA/AFP
Le président du Conseil exécutif de Corse, Paul Giacobbi / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA/AFP

Le président du Conseil exécutif de Corse, Paul Giacobbi, présente mardi 15 octobre à Paris une "enquête indépendante" sur la forte augmentation dans l'île des maladies de la thyroïde, pourtant toujours niée par les autorités, après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl de 1986.

Par Grégoire Bézie avec AFP

L'étude scientifique, menée par 25 chercheurs et dirigée par le professeur Paolo Cremonesin de l'hôpital Galliera de Gênes, avait fait état d'une forte augmentation des maladies de la thyroïde, dont des cancers, en Corse après le passage du nuage radioactif de Tchernobyl en 1986.

"Cette étude, réalisée pour la première fois en France à l'initiative d'une région visait à dissiper le climat de polémiques et de confusion qui entourait, depuis 25 ans, les retombées sanitaires du nuage de Tchernobyl, résultant notamment des lacunes des enquêtes effectuées précédemment par les organismes d'Etat", a indiqué Paul Giacobbi.

"S'il survenait une catastrophe comme Fukushima, le droit français ne permettrait d'indemniser personne", souligne-t-il à l'adresse de l'Etat qui avait écarté l'enquête italienne.
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Tchernobyl: le rapport d'enquête de la CTC présenté à l'Assemblée nationale
Michèle Rivasi, députée européenne, membre d'Europe Ecologie-Les verts; Pierre Rossini, membre de la commission Tchernobyl de l'Assemblée de Corse; Paul Giacobbi, président du Conseil exécutif; Josette Risterucci, présidente de la commission Tchernobyl de l'Assemblée de Corse; Neil Goury, membre de l'Association française des malades de la thyroïde


Mme Touraine avait ainsi jugé le 23 juillet à l'Assemblée que cette étude "ne permet pas (..) d'établir un lien de cause à effet plus direct entre le nuage de Tchernobyl et le développement de ces cancers" en Corse.

Dans une note de trois pages, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) avait, à l'unisson, rejeté le travail des scientifiques italiens, estimant que les données de l'enquête "approximatives et mal décrites" faisaient "apparaître des limites majeures" sur l'analyse statistique et l'interprétation des résultats.

Rappelant que "depuis le début, (l'IRSN) a menti et a fini par le reconnaître, en 2002", le président du Conseil exécutif de Corse a souligné qu'un document de trois pages "pour répondre à une étude épidémiologique de centaines de pages (...) n'est pas une note d'information, mais de désinformation."

Mettant notamment en cause "le poids du lobby nucléaire", Paul Giacobbi doit présenter à l'Assemblée un projet de résolution sur la reconnaissance d'une présomption de lien de causalité entre l'exposition aux radiations et la maladie ou le décès.

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