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Assassinat de Jean Leccia, directeur général des services du Conseil Général de la Haute-Corse

La voiture de Jean Leccia à bord de laquelle il a été assassiné, le 23 mars 2014 à Tallone, au nord d'Aléria / © PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP
La voiture de Jean Leccia à bord de laquelle il a été assassiné, le 23 mars 2014 à Tallone, au nord d'Aléria / © PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP

Le directeur général des services du département de la Haute-Corse, Jean Leccia, 53 ans, a été assassiné dimanche 23 mars vers 23h15 à Talonne, à la sortie nord d'Aleria. Deux hommes circulant en moto ont tiré une quinzaine de projectiles, cinq d'entre eux auraient touché la victime.

Par JC, POC et AFP

La victime dirigeait aussi le cabinet du président PRG du Conseil général, Joseph Castelli, un proche de celui de l'exécutif de la Collectivité territoriale de Corse et député PRG de Haute-Corse Paul Giacobbi, dont un proche conseiller, Dominique Domarchi, avait été assassiné il y a trois ans, également un soir d'élections.

Ce haut-fonctionnaire, à la tête de la Direction générale des services départementaux, avait été  placé en garde à vue en novembre 2010 et entendu par le  juge Charles Duchaine de la Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, qui instruisait, à cette époque, un vaste dossier pour favoritisme et détournement de fonds publics.


Jean Leccia a été tué d'une rafale d'arme automatique

Jean Leccia, qui était seul à bord de sa voiture, regagnait son domicile bastiais de retour du village de San-Gavino-di-Fiumorbu où sa fille se présentait aux élections municipales. Son ex-épouse et leur fille le suivaient à bord d'un autre véhicule. La petite Citroën de la victime, montée sur le talus bordant la route lors de l'agression, a été criblée de balles.
Le procureur de la République de Bastia, Dominique Alzéari, a déclaré sur place que la victime avait été tuée sur le coup, atteinte d'"une rafale d'arme automatique de gros calibre". Dominique Alzéari, accompagné du préfet de Haute-Corse, Alain Rousseau, a annoncé que la direction de la police judiciaire et la section de recherches de la gendarmerie avaient été co-saisies pour l'enquête.

Le procureur n'a fait "aucun lien à ce stade" avec les élections, soulignant toutefois que "ce n'est pas un signe positif pour la démocratie". Un important dispositif de sécurité a été mis en place par la gendarmerie et des opérations de recherche du commando de tueurs ont été organisées. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a exprimé son "effroi" et assuré dans un communiqué que "tous les moyens seront mis en oeuvre afin de permettre l'identification et l'interpellation des auteurs de ce lâche assassinat." Il a aussi adressé à la famille de la victime ses "sincères condoléances". 

Rassemblement devant le conseil général de Bastia

Lundi 24 mars au matin, les salariés de la préfecture de Haute-Corse ainsi que ceux du conseil général se sont rassemblés à Bastia devant les services du département pour rendre hommage au haut fonctionnaire.

Rassemblement, à Bastia, devant les grilles de de la préfecture et du Conseil général pour rendre hommage à Jean Leccia, le 24 mars au matin / © FTViaStella/AM.Leccia
Rassemblement, à Bastia, devant les grilles de de la préfecture et du Conseil général pour rendre hommage à Jean Leccia, le 24 mars au matin / © FTViaStella/AM.Leccia


Assassinat de Jean Leccia, directeur général des services du Conseil Général de la Haute-Corse



17 homicides en 2013

Un soir d'élections déjà Il s'agit du deuxième homicide depuis le 1er janvier en Corse, où 17 homicides et 14 tentatives ont été enregistrés l'an dernier.
Jean Leccia avait été entendu comme témoin dans une autre affaire concernant l'utilisation de fonds publics à des fins privés pour la construction de gîtes touristiques appartenant à des élus ou des proches du Conseil général, notamment des parents d'un maire assassiné en 2011, a-t-on indiqué de source proche de l'enquête.

Cet élu, Dominique Domarchi, 63 ans, maire du village de Saint-André-de-Cotone et proche conseiller et ami personnel de M. Giacobbi, avait été tué chez lui de plusieurs décharges d'arme de chasse, il y a presque trois ans jour pour jour, le 21 mars 2011.
L'élu revenait également, le soir de son assassinat, d'une soirée électorale au Conseil général de Haute-Corse à Bastia pour les législatives. Comme dans la plupart des assassinats perpétrés en Corse ces dernières années dans les milieux du grand banditisme et de la criminalité organisée, la lumière n'a jamais été faite sur cette affaire. 

Nombre de ces forfaits ont été perpétrés sur la plaine orientale, dans l'Est de l'île, théâtre d'une intense spéculation foncière et immobilière et de racket où
s'entrecroisent souvent des intérêts politiques et financiers sur fond d'activités de type mafieux pourtant souvent dénoncées par les ministres de l'Intérieur Manuel Valls et de la Justice Christine Taubira. 

Le dossier de l'assassinat de Jean Leccia sera probablement transféré dès le début de la semaine à la Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille (Jirs), chargée des affaires de criminalité organisée. 


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Question/Réponse : Eric Leoni, professeur à l'université de Corse

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