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Sartène: le prêtre diocésain est remplacé par un moine, les croyants bloquent leur église

© FTVIASTELLA
© FTVIASTELLA

Les croyants de Sartène sont exaspérés par le remplacement de leur prêtre par un moine franciscain à la rentrée. Ce dernier n'habitera pas dans la ville. Inconcevable pour les fidèles, qui ont bloqué leur église ce matin avant d'alpaguer l'évêque de Corse. Mais ce dernier s'avoue impuissant.

Par Rémi Clément

C’est une scène inédite qui s’est jouée, ce dimanche matin, aux abords de l’église de Sartène. En colère, une dizaine de fidèles ont alpagué Monseigneur l’évêque de Corse Olivier de Germay avant de bloquer l’accès à la chapelle.

La communauté catholique sartènaise est ulcérée par le départ de son prêtre, prévue pour le mois de septembre, et son remplacement par un moine franciscain. Ce dernier ne résiderait pas dans la paroisse mais dans un couvent, à l'écart de la ville. Une différence insurmontable pour les quelques milliers de croyants de Sartène, qui souhaitent vivre aux côté de leur prêtre.

"Pourquoi pas des prêtres en intérim ?"


"Nous voulons un prêtre. Sartène a toujours eu un prêtre. Donc il le faut", lance un croyant à l'évêque. "Je suis quand même une grande croyante, je ne suis pas un petit truc", s’énerve une quinquagénaire, "nous tout ce qu'on demande, c'est le maintien du prêtre en place, un point c'est tout" poursuit-elle.

Pour le maire de la ville, Paul Quilichini, il est tout simplement inconcevable que Sartène ne dispose d’un prêtre à temps complet ne serait-ce que pour les "3500 personnes qui veulent avoir une réception religieuse pour les enterrements, pour les mariages, etc."  Et d’ironiser : "Sinon on peut effectivement avoir des moines itinérants et faire venir le prêtre de Porto-Vecchio ou celui de Bastia. Pourquoi pas des prêtres intérim ?"

"Je ne vais pas les inventer"


L’évêque de Corse s’il entend les revendications de ses fidèles, appelle les mécontents à faire preuve de réalisme. "Il y a un manque de prêtres. Bien sûr qu’habituellement, les paroisses sont d’avantages confiées à des prêtres diocésains. Mais on n’en a pas, je ne vais pas les inventer."

Et invoque une responsabilité collective : "quelles sont les communes qui ont donné un jeune à l’église pour qu’il devienne séminariste puis prêtre aujourd’hui ? Il n’y en a pas beaucoup."

Reportage: Cécile Claveaux et Jacques Paul-Stefani
Sartène


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