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Attentats en Corse: le bâtonnier d'Ajaccio présenté à un juge

08/09/14 - Transfèrement à Paris du bâtonnier de l'ordre des avocats d'Ajaccio, Dominique Ferrari / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
08/09/14 - Transfèrement à Paris du bâtonnier de l'ordre des avocats d'Ajaccio, Dominique Ferrari / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

L'avocat Dominique Ferrari, bâtonnier d'Ajaccio, était présenté jeudi 09 octobre à un juge antiterroriste en vue de son éventuelle mise en examen dans l'enquête sur des attentats contre des gendarmeries en Corse en 2013.

Par France 3 Corse ViaStella avec AFP

Les casernes de gendarmerie d'Ajaccio et de Bastia avaient été la cible d'attaques à la roquette anti-char, le 5 décembre 2013.

Ces actions, qui n'avaient pas été revendiquées et n'avaient pas fait de victimes, avaient été interprétées comme la riposte à des arrestations de sympathisants nationalistes, soupçonnés d'une vague d'attentats contre des résidences secondaires en 2012.

Outre Me Dominique Ferrari, trois hommes restent en garde à vue dans ce dossier.

Au centre des investigations, la découverte en décembre 2013 d'un arsenal dans un box appartenant à la soeur de Me Ferrari, ont indiqué des sources proches du dossier. Celle-ci avait été libérée à l'issue de sa garde à vue. Mais Me Ferrari est soupçonné d'en être le gérant de fait, explique une source judiciaire.

Avaient notamment été retrouvés un pistolet automatique, des gilets pare-balles, une grenade, des armes longues, des armes de poing, des munitions, ainsi qu'une cagoule. Les enquêteurs avaient également exploité des traces d'ADN.

Or, ce box a été loué à un homme en fuite, soupçonné d'être impliqué dans les attentats, et par ailleurs client de Me Ferrari, explique la source.

Cet homme avait été condamné en 2008 à dix ans de réclusion criminelle pour des attentats commis en 2003 visant des policiers en Corse, une attaque qui avait alors été revendiquée par le FLNC-Union des combattants.

En garde à vue, il n'a rien dit, selon une source proche du dossier. Le juge d'instruction devrait également l'interroger sur ses liens avec son client, a-t-on indiqué.

La défense de Me Ferrari conteste également la saisie de pièces lors de perquisitions à son domicile. Une audience sur ce point chez un juge des libertés et de la détention (JLD) doit également se tenir.

Un autre avocat ajaccien, ancien bâtonnier, Me Philippe Gatti avait également été interpellé avant d'être relâché sans charges à son encontre.

Me Ferrari, un militant nationaliste assumé​

Me Ferrari est un militant nationaliste assumé, proche du responsable politique nationaliste Jean-Guy Talamoni, son confrère bastiais. Il a également défendu une figure historique du FLNC en Haute-Corse, Charles Pieri.

Juriste rigoureux, apprécié de ses confrères, Me Ferrari est un défenseur chaleureux des thèses nationalistes pour la survie de l'identité et de la culture corses. Militant nationaliste engagé, il a été par le passé membre de l'exécutif de la Cuncolta.

Ces interpellations ont suscité la colère des avocats sur l'île, qui manifestent par dizaines depuis lundi devant la caserne de gendarmerie d'Aspretto, à Ajaccio.

Dominique Ferrari, défenseur des thèses nationalistes
Maitre Dominique Rimiti Leandri, ordre des avocats. EQUIPE: Caroline Ferrer, Jean-Pierre Grandidier, Véronique Buresi




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