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“Poubelles business” : banditisme et traitement des déchets en Corse

ILLUSTRATION / © DR
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Le traitement des ordures... un marché juteux estimé à 30 millions d’euros par an. De quoi aiguiser les appétits et faire parler la poudre. Sur France 3 Corse, François Tatti, président du Syvadec en charge du traitement des déchets, reconnaît avoir subi des pressions et parle d'assassinat.

Par France 3 Corse ViaStella

"On a eu une difficulté une fois très clairement, quand on a fait le centre de stockage de Vico où effectivement on a eu des difficultés très sérieuses. Il y a eu par la suite un assassinat qui semble-t-il a pu être lié à cette opération là…"

C'était le 20 mai 2015 sur le plateau du magazine Inchiesta. François Tatti évoque certaines difficultés sur le secteur des déchets. L'assassinat dont parle le président du Syvadec, est celui de Jean-Marc Nicolaï en janvier 2009, longtemps considéré par les enquêteurs comme lié à cette question. Un homicide toujours sans coupable...

Jean-Marc Nicolaï, ancien maire de Casalabriva, a été tué le 16 janvier d'une balle dans la tête, dans le hall de sa résidence à Ajaccio, où l'attendait le tueur. Brillant homme d'affaires, il travaillait notamment pour des entreprises impliquées dans le BTP, le transport et le traitement des déchets ménagers.

Banditisme et traitement des déchets
François Tatti, émission Inchiesta du 20 mai 2015; Jacques Dallest, émission Cuntrastu du 15 mai 2015. Reportage d'Antoine Albertini

Le traitement des déchets draine des dizaines millions d'euros. Il fournit la toile de fond de conflits parfois sanglants. Autre exemple dans la Plaine orientale, comme l'illustre un procès-verbal de 2011 tiré d'une procédure ouverte pour tentative d'assassinat. Les enquêteurs y citent le cas d'un gérant d'une société du secteur, victime de sept attentats en quinze ans.

François Tatti lui-même a été entendu dans plusieurs dossiers criminels. Sans être impliqué, plutôt à titre d'expert, pour expliquer le fonctionnement d'un domaine d'activité sous étroite surveillance en matière financière.

"Depuis quelques années, on utilise l'association de malfaiteurs en vue de commettre des délits financiers, de favoritisme et autres", expliquait Jacques Dallest, ancien patron de la Jirs de Marseille sur notre antenne le 15 mai, qualifiant le traitement des déchets d'"intéressant" dans l'île.

Mais les enquêtes sont longues et complexes. L'une d'elles a été ouverte récemment au pôle économique et financier du Palais de Justice de Bastia. Pas d'assassinat cette fois mais de forts soupçons de malversations.

En 2009, le magazine Inchiesta abordait déjà le sujet. Selon l'enquête alors réalisée, l’île produit chaque année 305.000 tonnes de déchets dont 46% d’origine ménagère. Un marché juteux estimé à 30 millions d’euros par an qui suscite beaucoup de convoitises.

"Poubelles business", une enquête réalisée par Antoine Albertini et Grégoire Bézie




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