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“J'étais sûre que ce n'était pas lui” : une ex-compagne dédouane Guy Orsoni

Ex-petite amie de Guy Orsoni, Vanina avait été un témoin direct du meurtre de Sabri Brahimi le 26 janvier 2009 à Ajaccio / © FTVIASTELLA
Ex-petite amie de Guy Orsoni, Vanina avait été un témoin direct du meurtre de Sabri Brahimi le 26 janvier 2009 à Ajaccio / © FTVIASTELLA

Une ex-petite amie de Guy Orsoni a affirmé vendredi devant les assises à Aix-en Provence n'avoir subi "aucune pression" pour modifier de premières déclarations considérées par l'accusation comme accablantes pour le fils d'Alain Orsoni dans une affaire d'assassinat.

Par France 3 Corse ViaStella avec AFP

Ex-petite amie de Guy Orsoni, Vanina avait été un témoin direct du meurtre de Sabri Brahimi le 26 janvier 2009 à Ajaccio. Elle avait rapporté que le tireur avait relevé la visière de son casque de moto et que leurs regards s'étaient croisés, et avait évoqué "ses yeux noirs, ses sourcils et ses cils noirs".

Dans son arrêt de renvoi, la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence avait estimé que "sa proximité avec Guy Orsoni (avait) pu laisser penser qu'elle l'avait reconnu, même si elle ne l'a jamais verbalisé aussi clairement". "J'étais sûre de moi, sûre que ce n'était pas lui. Les policiers m'ont poussé à dire que c'était lui", a expliqué, nerveuse, la jeune femme entendue en visioconférence vendredi depuis Ajaccio.

A l'issue d'une garde à vue de 96 heures, Vanina  répondait au juge d'instruction qui lui demandait si elle avait reconnu quelqu'un: "J'ai eu un doute, un pressentiment mais je ne veux pas aller au-delà, j'ai une petite fille, je ne peux pas vous en dire plus".

La jeune femme avait expliqué aux enquêteurs que, le 15 février 2009, deux semaines après l'assassinat, elle avait été appelée  par Guy Orsoni qui lui demandait de le rejoindre à Vero, le village de la famille Orsoni. Elle présentait cette rencontre comme une "convocation" et les interrogations de son ex-petit ami comme "un questionnaire" sur ce qu'elle avait vu et dit aux policiers.

La jeune femme était revenue sur ses déclarations de garde à vue lors d'une confrontation avec Guy Orsoni, après son interpellation en mars 2011, le jeune homme étant assisté de cinq avocats dans le bureau du juge.

"Les policiers me mettaient la pression, me disaient que je ne reverrai plus ma fille", a expliqué vendredi le témoin. Avant de l'entendre, la cour d'assises avait écouté à huis clos une conversation que Vanina avait eue avec une amie à laquelle elle faisait le récit de sa garde à vue.

La défense y a vu la démonstration des pressions subies de la part des policiers: "A trois reprises", a pointé Hervé Témime, avocat de Guy Orsoni, "vous  dites à votre amie: +Ils ont voulu nous faire dire, voulu nous faire avouer+". Dans cette conversation, l'avocat général Pierre Cortes a en revanche vu l'illustration d'une garde à vue qui s'est déroulée de façon correcte: "Trois fois vous dites: +J'ai dit la vérité...+  Un policier vous a proposé d'aller vous acheter des fraises, des cerises et des cigarettes".

Au total, 11 hommes, dont l'ex-leader nationaliste Alain Orsoni, poursuivi pour des menaces de mort, sont jugés jusqu'à début juillet pour leur implication à des degrés divers dans deux assassinats et une tentative d'assassinat, sur fond, selon l'accusation, de "guerre des clans" en Corse.

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