Procès Orsoni : la préparation du meurtre de Sabri Brahimi au cœur des débats

Guy Orsoni et ses 11 co-accusés comparaîssent devant la courd'assises des Bouches du Rhône pour deux assassinats et une tentative. / © FTVIASTELLA
Guy Orsoni et ses 11 co-accusés comparaîssent devant la courd'assises des Bouches du Rhône pour deux assassinats et une tentative. / © FTVIASTELLA

La Cour d'Assises des Bouches-du-Rhône a poursuivi mardi l'examen des faits de l'homicide de Sabri Brahimi en janvier 2009 à Ajaccio, deuxième volet du procès qui vaut à Guy Orsoni et ses 11 co-accusés de comparaître pour deux assassinats et une tentative jusqu'en juillet. 

Par France 3 Corse ViaStella

Les accusés se sont-ils réunis dans un appartement ajaccien pour préparer l'exécution de Sabri Brahimi ? La question était au centre des débats mardi devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône. 

L'un des enquêteurs de la police judiciaire d'Ajaccio est venu détailler à la barre les déclarations de l'un des onze accusés. En garde à vue Franck Tarpinian aurait spontanément décrit ce fameux appartement.

"C'est plutôt le contraire qui s'est passé", selon son avocat Me Arnaud Silvio-Rossi. "On a soumis des photos dont on ne sait d'où elles étaient issues et on lui a demandé de confirmer, mais d'un lieu où il n'est jamais allé".

Même son de cloche dans le box des accusés. Interrogé par le président Patrick Vogt, Franck Tarpinian revient sur ses déclarations : "Cet appartement les policiers m'en ont parlé et devant le juge d'instruction on m'a dit +Confirmez nous tout ça et vous sortez de prison+".

Franck Tarpinian essaye-t-il de se dédouaner par peur des représailles ? C'est la thèse de l'accusation. Mais les avocats préfèrent pointer les nombreuses incohérences de la procédure comme la mauvaise orthographe du nom d'un policier dans la signature de certains de ses procès-verbaux. "On peut se poser la question de savoir si c'est une faute de frappe ou s'il a bien rédigé le procès-verbal", selon Me Philippe Dehapiot, avocat de Jean-Jacques Leca.

Compte-rendu d'audience Antoine Albertini et Philippe Villaret
Procès Orsoni : un appartement au coeur des débats
Me Arnaud Silvio-Rossi, avocat de Franck Tarpinian; Me Philippe Dehapiot, avocat de Jean-Jacques Leca

 

L'assassinat de Sabri Brahimi

Le 29 janvier 2009, en plein coeur d'Ajaccio, Sabri Brahimi, 35 ans, considéré comme un proche de la bande criminelle dite du "Petit Bar".

La victime était assise sur son deux-roues à l'arrêt, en discussion avec deux jeunes femmes, lorsque des hommes à moto casqués, gantés, lui avaient tiré dessus avec une arme de gros calibre. Quatre ou cinq "tirs d'achèvement" avaient été effectués sur la victime au sol.

Vivant la nuit de parties de poker, considéré comme "un agent de recouvrement" au service d'un cercle de jeux parisiens, Sabri Brahimi, ancien joueur de handball connu à Ajaccio, a été décrit comme "très proche de Jacques Santoni, considéré comme le parrain de la bande du +Petit Bar+".

Pour les enquêteurs deux équipes étaient engagées sur cet assassinat, celle de Guy Orsoni, 30 ans, et celle de Jean-Luc Codaccioni, 26 ans. Dans le schéma d'une "guerre de clans" défendu par la police et contesté par la défense, leurs intérêts auraient convergé.

D'un côté, la bande du "Petit Bar" était en effet désignée comme l'organisatrice d'un projet d'assassinat d'Alain Orsoni déjoué par la police à l'été 2008. Et d'un autre côté, Jean-Toussaint Michelosi, le frère d'Ange-Marie Michelosi, tué quelques mois plus tôt, avait nommément désigné Jean-Luc Codaccioni père comme l'un des auteurs de cet assassinat

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