Actions devant les maisons de Gabriel Attal et Éric Dupond-Moretti en Corse : des conséquences à craindre sur le processus d’autonomie ?

Dimanche 7 avril, des militants de Core in Fronte se sont regroupés devant la maison de Gabriel Attal à Coti-Chiavari malgré une interdiction de la préfecture. Une mobilisation durant laquelle Gilles Simeoni et Gabriel Attal se sont entretenus à Paris. Cette action, qui se voulait symbolique, pourrait-elle avoir des conséquences sur le processus d'autonomie ? Éléments de réponse.

Plus de deux mois après l’action devant la maison d’Éric Dupond-Moretti, nouvelle action symbolique portée par Core in Fronte, dimanche 7 avril, à Coti-Chiavari. Dans le viseur du parti indépendantiste : une maison appartenant au Premier ministre, Gabriel Attal, et à des membres de sa famille, pour se faire entendre après l’arrestation d’un de ses militants, Stéphane Ori, il y a une dizaine de jours. 

Une action qui s’est déroulée sans encombre, mais qui intervient malgré tout dans un contexte de discussions autour de l’autonomie auxquelles participe toujours Core in Fronte. Alors, quelle stratégie pour le mouvement indépendantiste ? Entend-il continuer à participer aux échanges tout en occupant le terrain pour éviter une fuite de ses militants vers d’autres structures ? Plus largement, cette action pourrait-elle, ou non, avoir des conséquences sur les négociations ?

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J.-A. MARCHIANI ; D.MORET ; F.ROMBALDI ; S.BOKOR ©France Télévisions
 

“Il est inévitable que la Corse retrouvera des mauvais jours” 

Hasard du calendrier ou pas, Paul-Félix Benedetti, chef de file de Core in Fronte, avançait dimanche l’existence d’une entrevue à Paris entre Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, et Gabriel Attal. Une information que France 3 Corse ViaStella est en mesure de confirmer.  

J’ai entendu qu’il pouvait y avoir des concertations en ce moment au plus haut niveau de l’État avec les représentants de la majorité politique de l’Assemblée de Corse pour définir les modalités de passage du texte à la révision constitutionnelle et de son calendrier, indiquait Paul-Félix Benedetti à Coti-Chiavari. Nous ne sommes pas là pour faire des éléments bloquants, bien au contraire. Mais on met en garde. S’il continue à se passer des épisodes aussi tendancieux, il est inévitable que la Corse retrouvera des mauvais jours.” 

Aucune réaction du gouvernement 

À cette heure, l’action n’a suscité aucune réaction de la part du gouvernement. Reste à savoir si elle aura des conséquences sur le déroulé du chemin menant à l’autonomie et si Core in Fronte restera invité par l’État à y participer.  

Adopté par l’Assemblée de Corse, il y a une dizaine de jours, le texte doit désormais être validé par le président de la République avant d’être voté par le Parlement et de passer devant le Congrès. Viendra ensuite le temps du référendum local et de la loi organique.