Charcuterie : le syndicat Salameria corsa tire la sonnette d'alarme

Le syndicat Salameria corsa s’est réuni ce mardi matin à Altiani. Ses membres veulent mettre en garde de la mise en place d’une nouvelle indication géographique protégée qui pourrait tromper les clients.

© Christian Giugliano/FTVIASTELLA
Le syndicat Salameria Corsa tape du poing sur la table. Réunis ce mardi matin à Altiani, ces éleveurs porcins en AOP, Appellation d'Origine Protégée, pestent contre la possible création d'un nouveau label IGP, Indication Géographique Protégée.

Commercialisé sous le nom « Île de Beauté », il permettrait d'utiliser l'image de la Corse tout en étant beaucoup moins contraignant que l'AOP. Inacceptable pour ces purcaghji qui y voient une confusion pour le consommateur.

« Vous allez mettre une IGP sur des produits qui sont transformés avec de la viande en provenance de l’Union européenne et à côté vous avez une AOP avec des produits qui sont faits avec des porcs de race Nustrale. Donner une IGP à des produits comme ça, c’est mettre à terre toute la filière porcine », alerte Nicolas Capodimacci, président du syndicat Salameria Corsa.



« C’est peut-être plus local ? »


Le consortium des salaisonniers, producteurs industriels, portent ce projet, mais ils n'ont pas souhaité répondre. Du côté de l'Odarc, on affiche un soutien aux éleveurs traditionnels.

Pour Lionel Mortini, même si l'obtention du label pose question, l'urgence, c'est de structurer la filière et d'informer le consommateur. « Je ne pense pas qu’il y ait les bons d’un côté et les méchants de l’autre. Il y a des gens qui ont été aujourd’hui plus opportunistes qui ont monté une IGP qui ne correspond pas à la réalité et qui mettrait en difficulté un bon nombre d’exploitation. Aujourd’hui il faut tout simplement réfléchir autrement. Il y a de la place pour tout le monde, il suffit que les gens soient au courant de ce qu’ils ont dans leur assiette et surtout ce qu’ils achètent », estime-t-il.

Ce qu'ils achètent justement, est bien difficile à percevoir pour certains touristes. « AOP c’est appellation d’origine protégée j’imagine et IGP … Je ne sais pas. C’est peut-être plus local. Mais je ne connais pas la différence entre les deux », déclare l’un d’entre eux.

Le dossier est passé par toutes les étapes. Il ne reste plus que la signature du ministre de l'Agriculture pour valider cette IGP. Mais le syndicat Salameria Corsa entend bien se manifester auprès de Stéphane Travert qui est attendu prochainement en Corse.


Poursuivre votre lecture sur ces sujets
agriculture économie consommation alimentation société
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter