Coronavirus : gérer les enfants pendant le confinement

Le confinement peut-être la source de beaux moments en famille... mais aussi d'un certain nombre de frustrations. / © PHOTOPQR/REPUBLIQUE DU CENTRE/Gaujard Christelle
Le confinement peut-être la source de beaux moments en famille... mais aussi d'un certain nombre de frustrations. / © PHOTOPQR/REPUBLIQUE DU CENTRE/Gaujard Christelle

Le confinement généralisé est entré en vigueur en Corse comme partout en France mardi 17 mars. Comment parler du coronavirus à nos enfants ? Comment les gérer pendant ce confinement ? Nous avons posé ces questions à une pédiatre bastiaise.

Par Emilie Arraudeau (édité par Axelle Bouschon)

Depuis lundi sur le continent, et depuis un peu plus en Corse, les enfants sont donc à la maison. 24 heures sur 24 ou presque, puisque le confinement est désormais la règle et les sorties l’exception.

Certes, l’école continue et les professeurs sont pleinement investis dans les dispositifs de travail à la maison, mais il n’en demeure pas moins que nos vies et celles de nos enfants connaissent actuellement des bouleversements absolument inédits, et d’autant plus difficiles à gérer qu’ils vont s’installer dans la durée.
 

Pas question pour autant de les laisser - ou de les supporter - en pyjama toute la journée en attendant que cela se passe ! Pour vivre au mieux cette parenthèse avec des enfants, il faut la positiver : faire comme d’habitude... mais en mieux ! Explications.

 

Garder un rythme de vie régulier

« Ce qui est compliqué à vivre pour les enfants, analyse le docteur Dominique Costantini-Lutz, c’est la rupture avec le quotidien. Il est important d’organiser les journées le plus près possible de l’emploi du temps habituel. Respecter la semaine et le week-end, coller le plus possible à la vie d’avant pour ne pas déstabiliser les enfants ».
 

Les enfants aiment les rituels, s’y sentent en sécurité : l’heure du lever, l’heure du bain, c’est important surtout pour les plus petits


En somme, ne pas ajouter du bouleversement au bouleversement ! Respecter ce principe est plus facile avec les enfants scolarisés : les cours, les exercices donnent une finalité à la journée et permettent d’organiser des temps de travail distincts des temps de loisirs. « Les enfants aiment les rituels, s’y sentent en sécurité : l’heure du lever, l’heure du bain, c’est important surtout pour les plus petits ».

 

Parler, et faire parler le plus possible

Pour les adolescents, la situation peut être plus complexe; nombreux sont ceux qui passent leur journée seuls à la maison, car leurs parents travaillent. Coupés physiquement de leurs amis, ils peuvent avoir des inquiétudes pour leurs parents qui sont dehors.

Ils peuvent aussi éprouver un sentiment d’abandon, de désœuvrement. Pour garder le contact avec l’extérieur, il y a les réseaux sociaux ; mais «il faut s’assurer qu’ils ne lisent pas tout et n’importe quoi sur internet, souligne encore la pédiatre selon laquelle, il faut parler le plus possible ».
 

D’une manière générale, il faut parler du coronavirus avec ses enfants en adaptant bien entendu son discours à leur âge


« D’une manière générale, il faut parler du coronavirus avec ses enfants en adaptant bien entendu son discours à leur âge. Pour les rassurer, leur donner la bonne information, mais aussi, quand ils sont plus grands, afin de les associer à la lutte ». Parce qu’être confiné, contrairement à ce que beaucoup d’ados semblent croire, ce n’est pas du tout comme être puni : c’est juste la meilleure et la plus simple façon de sauver des vies.
 

« A 15, 16 ans, on peut leur parler franchement, leur présenter les faits tels qu’ils sont. Leur dire : en restant à la maison tu sauves des vies, la tienne, celle de ta soeur, la mienne ». Un petit effort pour l’ado.... un grand pas pour l’humanité !

Faire parler les enfants sur ce sujet est encore plus important si on les sent angoissés. Pour les plus petits, le dessin est aussi un bon moyen de leur faire exprimer leurs émotions. « C’est important de bien gérer leur anxiété aujourd’hui, explique encore la pédiatre, car les effets de cette anxiété peuvent durer très longtemps, perdurer bien après l’origine du problème ».

Bien informer ses enfants implique de bien l’être soi-même : c’est à cela que sert notamment le numéro vert mis en place par le gouvernement (0 800 130 000 l’appel est gratuit, 7 jours sur 7, 24h sur 24).
 
 


Faire mieux, oui, mais comment ?

Pour faire mieux que bien vivre cette parenthèse, on peut aussi mettre ce temps qui nous est « offert » à profit. Ce qui ne signifie pas uniquement regarder toutes les saisons d’une série qu’on a manquée.... Eviter que les enfants passent leur confinement sur écran implique de leur montrer le bon exemple, mais aussi de réaliser des activités ensemble.
 

D’habitude, cela rebuterait la plupart des ados. Mais ce contexte donne une belle occasion de se consacrer du temps les uns aux autres, pour partager des passions, un livre à lire ensemble pour en discuter, de transmettre les bases du tricot qu’on tient de sa grand-mère. Toutes ces choses qui prennent plus qu’un après-midi pluvieux, et dont on parle souvent sans jamais trouver le temps de le faire : ça tombe bien, ce temps, on l’a ! Comme il va bien falloir le passer en famille, autant en tirer le maximum.

« Ce temps peut aussi permettre de révéler de nouvelles compétences chez nos enfants, artistiques par exemple ». Bref, chacun peut faire en sorte que cette parenthèse dans nos vies et surtout dans celles de nos enfants laissent aussi de bonnes choses. Il y a de l’espoir : pour un ou une ado, ranger sa chambre ou laver son linge peut en faire partie....


Pour aller plus loin : suivez les conseils de l'UNICEF
 

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