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Corse: 10 militants et 2 avocats interpellés après des attentats contre des gendarmeries

Attentat contre la gendarmerie de Bastia, en décembre 2013 / © Maxppp
Attentat contre la gendarmerie de Bastia, en décembre 2013 / © Maxppp

Le bâtonnier de l'ordre des avocats d'Ajaccio, l'un de ses prédécesseurs et dix autres personnes appartenant à la mouvance nationaliste ont été interpellés le 6 octobre au matin et placés en garde à vue dans le cadre d'investigations sur des attentats contre deux gendarmeries en 2013.

Par POC avec AFP



D'après nos sources, la personne présentée comme le pivot de cette affaire serait en fuite.



Les interpellations ont été effectuées tôt dans la matinée à Ajaccio et dans les environs par des policiers de la sous-direction anti-terroriste et des gendarmes de la section de recherches d'Ajaccio. 

Des perquisitions se sont déroulées dans la matinée aux domiciles de la plupart des personnes interpellées qui ont été placées en garde à vue à Ajaccio.
Ces personnes sont généralement proches du parti indépendantiste Corsica Libera.
Parmi elles, se trouvent le bâtonnier des avocats d'Ajaccio, Me Dominique Ferrari, et l'un de ses prédécesseurs, Me Philippe Gatti, a-t-on indiqué
de sources proches de l'enquête.
La garde à vue en matière de terrorisme peut durer quatre jours.

Une information judiciaire avait été ouverte le 25 mars 2014 par la section anti-terroriste du parquet de Paris.

Corse: 10 militants et 2 avocats interpellés après des attentats contre des gendarmeries

Reportage: MF.Stefani; F.Fougères; O.Pallas


Rappel des faits

Les attentats contre les casernes de gendarmerie avaient été commis avant une visite en Corse du ministre de l'Intérieur de l'époque, Manuel Valls.
Venu sur place constater les dégâts, il avait indiqué le 7 décembre qu'une "roquette anti-char de fabrication serbe dotée d'une capacité de pénétration très importante" avait été tirée sur un mur de la caserne Battesti à Ajaccio, siège de la région de gendarmerie de Corse.

L'adieu aux armes du FLNC
Ce type de projectile, selon M. Valls, "n'avait pas été utilisé dans l'île depuis 2009", l'ayant été "9 ou 10 fois" auparavant. La roquette, tirée depuis une colline en face de la caserne, proche du centre-ville, avait détérioré le bas d'un immeuble d'habitation, brisé des vitres et endommagé une voiture militaire stationnée à proximité. Selon un enquêteur, le projectile avait été tiré d'une distance d'environ 300 mètres, ce qui avait atténué l'effet, sa porté optimum étant de l'ordre de 150 à 200 mètres. 

Une autre roquette, à charge creuse, avait été tirée sur un bâtiment abritant des services administratifs de la caserne de Montesoro, dans les quartiers Sud de Bastia, siège du groupement de gendarmerie de Haute-Corse. Il n'avait également provoqué que des dégâts matériels. Ces attentats n'ont pas été revendiqués. M. Valls s'était toutefois déclaré "convaincu" qu'il existait "des liens" entre ces actions et les arrestations de sympathisants nationalistes présumés, soupçonnés d'avoir commis des attentats en 2012 contre des résidences secondaires.

Le Front de libération nationale de la Corse (FLNC), bras armé du mouvement indépendantiste, qui a revendiqué des centaines d'attentats depuis sa création en 1976, généralement contre la bétonisation et la spoliation de la terre corse, a annoncé le 25 juin son adieu aux armes. Dans un long communiqué authentifié, l'organisation indépendantiste clandestine avait indiqué renoncer à l'action armée en mettant en oeuvre un "processus progressif
de démilitarisation" pour favoriser l'application de réformes votées depuis quelques mois par l'Assemblée de Corse, dont la majorité est de gauche.

Ces réformes concernent essentiellement la co-officialité de la langue corse, l'instauration d'un statut de résident pour lutter contre la spéculation foncière
et immobilière, la fiscalité et une adaptation en ce sens de la constitution française. 

Rassemblement de protestation

Un rassemblement de protestation contre ces arrestations était prévu en fin de journée à Ajaccio, a-t-on appris dans l'entourage de certains interpellés.

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