Football-Coupe de France : les clubs corses et les 16es de finale

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Écrit par Alain Stromboni (avec Vincent Madec)

Ce samedi en fin de journée, l’ACA et le Sporting disputent les 16es de finale de la Coupe de France. Un tour où les clubs corses se sont souvent illustrés. Retour sur quelques 16es qui ont marqué l’histoire du football insulaire…

Samedi 21 janvier, à 18 heures, le Sporting et à l'ACA affrontent respectivement Lorient et Toulouse en 16es de finale de la Coupe de France. L'occasion de revenir sur quelques matchs marquants des clubs insulaires ayant eu pour cadre ce tour précis de la compétition...

ACA-SCB (1966)

Après avoir éliminé Sedan au tour précédent, l’ACA d’Alberto Muro affronte le SEC Bastia de Sansonetti et Camadini en 16ème. À une époque où les matchs se disputent sur terrain neutre, le derby entre les deux clubs corses qui évoluent en Division 2 se joue à Paris. C’est donc sur la pelouse du Parc des Princes que Gérard Moresco fait trembler les filets de ses anciens coéquipiers bastiais pour qualifier l’ACA. Au tour suivant, les Ajacciens battront Aix avant de tomber avec les honneurs en quart face au FC Nantes de Budzinski et Suaudeau. À ce jour, cela reste le meilleur parcours de l’ACA en Coupe de France.

En 1966, l'ACA élimine le SECB au Parc des Princes. ©INA - V. Madec

GFCA-ACA (1968)

Les professionnels de Division 1 de l’ACA contre les (super)amateurs du GFCA. Sansonetti face à Kanyan. En 1968, le tirage au sort des 16es de finale de la Coupe de France met tout Ajaccio en ébullition. En ville, on ne parle que du match qui se disputera le dimanche 11 février sur terrain neutre, à Marseille. Ce qui n'empêche pas de nombreux Ajacciens de franchir la Méditerranée. Direction le stade Vélodrome. Devant près de 20.000 spectateurs, le GFCA arrache le nul dans les prolongations grâce à Angeot Alfonsi. Score final : 2-2. Match à rejouer, à Paris, le dimanche d'après. Pendant qu’à Ajaccio, on suit la rencontre l’oreille collée au transistor, au Parc des Princes, 10.000 personnes voient Kanyan crucifier l’ACA et qualifier le Gaz. Un match resté dans les annales, qui aura contribué à alimenter la rivalité entre les deux clubs qui devront ensuite patienter 27 ans avant de s’affronter de nouveau en Coupe de France.

En 1968, le GFCA et l'ACA font match nul au Stade Vélodrome (2-2). Le match sera rejoué une semaine plus tard au Parc des Princes. Le Gaz s'imposera 1-0. ©INA - V. Madec

GFCA-OM (1990)

Le 10 mars 1990, le grand OM de Bernard Tapie débarque dans un stade de Mezzavia incandescent et bouillonnant, qui n'aura jamais autant bien porté son surnom de "pignata". Malgré 13.000 supporters gaziers déchaînés, Papin, Waddle, Francescoli, Deschamps et consorts font fi des pétards et autres bombes agricoles pour s’imposer 3-1 face au GFCA. Alors en Division 3, les hommes de Guy Calleja s'inclinent la tête haute, après avoir réduit le score grâce à Lyambo Etshele, intenable ce soir-là. L’aventure du Gaz en Coupe s’arrête donc à l'issue de ce match de gala. Mais les partenaires de Jean-Marie Ferri se consoleront en accédant à la Division 2 à la fin de la saison.

En mars 1990, le grand OM de Bernard Tapie s'impose à Mezzavia face au GFCA. ©M.Moretti - F. Rombaldi

GFCA-Toulon (1992)

Deux ans après avoir défié l’OM sur sa pelouse, le Gazélec accueille de nouveau un pensionnaire de Division 1. Cette fois, c’est le Sporting Club de Toulon de Philippe Anziani qui se présente à Mezzavia. Le 14 mars 1992, les 6000 supporters présents voient la magie de "Dame Coupe" opérer. Car c’est bien le club ajaccien, évoluant en Division 2, qui va bousculer la hiérarchie en s'imposant 1-0. Une qualification acquise grâce à un coup de tête victorieux d’Armand Sène dans le dernier quart d'heure. Au tour suivant, les Diables rouges réaliseront une autre prouesse en écartant Saint-Étienne (D1), avant de sortir en quarts contre l’AS Monaco d’Arsène Wenger et Jean-Luc Ettori.

Le GFCA s'impose 1-0 face au SC Toulon. ©F. Tortos -

SCB-Toulouse (1992)

Cette même année 1992, le SC Bastia est lui aussi au rendez-vous de la Coupe de France. La veille de l’élimination de Toulon à Mezzavia, les Bastiais, également en D2, accueillent le Toulouse Football Club à Furiani. Les Toulousains ont beau évoluer à l’étage supérieur, ils ne font pas un pli face aux assauts de Di Fraya, Rzepka, Bourabaa et autres Mangione. Ce dernier inscrira un doublé au jeune Fabien Barthez pour envoyer le Sporting en huitièmes. Une victoire 2-0 qui ne souffre d’aucune contestation. Acquise sous les yeux d’un certain Pierre Cahuzac, elle marque le début d’une nouvelle épopée bastiaise en Coupe, stoppée brutalement par la tragique et funeste soirée du 5 mai…

Grâce à deux buts d'Yves Mangione, le Sporting élimine Toulouse à Furiani. ©P.-J. Luccioni - J.-J. Filippi - INA

AS Porto-Vecchio-Bordeaux (2000)

Le samedi 12 février 2000, nombreux sont les Porto-Vecchiais à prendre la RN198 en direction du stade Armand-Cesari. À Furiani, 3.500 spectateurs sont venus encourager les amateurs de l’AS Porto-Vecchio (CFA). Les coéquipiers d’Aubanel et Carapuca défient les Girondins de Bordeaux emmenés par Ramé, Wiltord et Laslandes. Face aux champions de France en titre, les hommes de François Ciccolini sont d’abord menés. Mais ils parviennent à revenir au score grâce Arbaud et à regagner les vestiaires sur le score de 1 partout. En seconde période, les "Moustiques" croiront à l’exploit jusqu’à l’heure de jeu, avant que Dugarry (par deux fois) puis Martins mettent fin au plus beau parcours de l’ASPV en Coupe de France.

En 2000, l'AS Porto-Vecchio s'incline à Furiani face aux Girondins de Bordeaux. ©L. Vincensini - M. Garouia - J.-L. Leccia - P. Alessandri - INA

FB Île-Rousse-Bordeaux (2014)

C’est peut-être à ce jour le plus bel exploit réalisé par un club amateur insulaire en Coupe de France. Le 22 janvier 2014, le FB Île-Rousse reçoit les Girondins de Bordeaux. Le match a beau être délocalisé à Mezzavia, les amateurs de CFA 2 sont soutenus par une importante colonie balanine qui n’a pas hésité à faire le déplacement dans le sud de l’île. Pendant 120 minutes, les partenaires de Benjamin Santelli font jeu égal avec des Bordelais alors neuvièmes de Ligue 1. 0-0, tout se jouera aux tirs au buts. Une séance dont le héros se nomme Florent Menozzi. En détournant les tentatives de Bellion et Sané, le gardien corse envoie le FBIR en 8es, où il s’inclinera face à Guingamp. Sans démériter.

En 2014, le FB Île-Rousse réalise l'exploit d'éliminer les Girondins de Bordeaux à Mezzavia. ©P. Paumier - G. Bezie - P. Euvrard
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