Le conseil municipal d'Ajaccio en faveur de la levée du statut de DPS d’Alain Ferrandi et Pierre Alessandri

Publié le Mis à jour le
Écrit par Lionel Luciani
Illustration - La mairie d'Ajaccio (Corse du Sud)
Illustration - La mairie d'Ajaccio (Corse du Sud) © CAROLINE BLUMBERG / MAXPPP

À quelques jours d’un rassemblement demandant le rapprochement en Corse des deux prisonniers incarcérés sur le continent depuis pres de 22 ans, le débat s’invite autour de la table du conseil municipal d’Ajaccio. Non sans remue-ménage : deux motions différentes ont été adoptées

Déjà adoptée dans plusieurs mairies et à la Communauté d'Agglomération de Bastia, une motion réclamant la levée du statut de détenu particulièrement signalé d'Alain Ferrandi et Pierre Alessandri a été votée au conseil municipal d'Ajaccio.

Cette motion, initialement déposée par le groupe Pà Aiacciu de Jean-François Casalta, a donné lieu à d'âpres discussions ce lundi soir.
Sur le principe (se prononcer en faveur du rapprochement des deux détenus corses), tous les élus étaient pourtant d'accord. Mais l'union sacrée n'a pas fait long feu lorsqu'il s'est agi de rédiger une motion commune.

Droit contre politique

Point de discorde : la retouche du texte par Laurent Marcangeli, faisant mention de l'assassinat du préfet Erignac.

"- Considérant que Claude Erignac, Préfet de Corse a été assassiné le 6 fevrier 1998 à Ajaccio. 

- Considérant que cet acte d’une extrême gravité a provoqué une légitime indignation de la population Corse.
- Considérant que le Conseil Municipal d’Ajaccio souhaite par la présente motion réaffirmer son empathie vis-à-vis de la victime et des siens ainsi que son rejet de toute forme de violence."

Ces quelques précisions ont suffit pour enflammer le débat. Pour l’opposition nationaliste Pà Aiacciu, la motion demandant le rapprochement des détenus devait s’appuyer sur la stricte application du droit et non pas sur l'aspect politique des faits. Selon eux, la majorité a voulu minimiser le role de l'Etat dans ce que les élus nationalistes considèrent comme une "vengeance" envers les prisonniers.

"Impossible de ne pas mentionner Claude Erignac"

Un argumentaire que Laurant Marcangeli, a réfuté. Pour lui aussi l'Etat doit prendre sa résponsabilité sur le sort des prisonniers, pour autant, selon lui il était impossible de ne pas mentionner Claude Erignac et sa famille ainsi que le "fait générateur de l'affaire" :

"Nous ne pouvions pas faire du juridisme ce n'est pas un colloque d'avocat. Sans revenir sur le proces, ces hommes ont eu le courage d'assumer leur acte et ont payé. C'est le droit rien que le droit qui doit être appliqué." Martelle le maire d'Ajaccio. Une position qu'il rappelle avoir pris il y a longtemps et qu'il a exprimé plusieurs fois tout au long de ses mandats.

Deux motions différentes

A l'approche de l'écheance des territoriales de 2021, le ton monte entre les représentants des divers courants politiques du conseil municipal : "Les outrances verbales de Jean-François Casalta, je ne les fais pas miennes. Ce qui m'inquiète, c'est la radicalité avec laquelle les nationalistes prennent la parole. Cela n'augure pas de débats sains", déplore Laurent Marcangeli.

Résultat des courses :  deux motions ont finalement été votées, celle de l'opposition (sans la participation de la majorité municipale) et celle de Laurent Marcangeli, précisant en préambule l'aspect politique de l'affaire. Fait inédit.
 

 

 

 

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