Transports scolaires à Ajaccio : une entreprise dénonce des "contrôles intempestifs" de la Collectivité de Corse

Vendredi 9 février, les dirigeants et les salariés des Transports Phoenix ont manifesté devant le siège de la Collectivité de Corse. Ils dénoncent des "contrôles à répétition" et des pénalités visant leur entreprise en charge du ramassage scolaire dans la région ajaccienne. De son côté, la Collectivité de Corse explique qu’il est dans ses "prérogatives de procéder aux contrôles qu’elle juge nécessaires".

Depuis ce vendredi matin, une dizaine d'autocars sont stationnés devant les grilles de la Collectivité de Corse.

Ils appartiennent à la société des Transports Phoenix, qui assure le ramassage scolaire sur dix lignes dans la région ajaccienne.

Les dirigeants de l'entreprise dénoncent des "contrôles à répétition" sur leurs autobus.

"Nous avons prévenu la Collectivité de Corse bien en amont que nous allions descendre manifester pour que ces contrôles intempestifs et les pénalités injustement infligées à notre entreprise cessent, expose Mickaël Pellegrini, président des Transports Phoenix. Depuis septembre, nous avons eu une centaine de contrôles. Sur les pénalités que nous avons contestées, aucune n'a été maintenue pour la simple et bonne raison qu'elles n'étaient pas justifiées et justifiables."

"Cette société a adressé le 8 février, en fin de journée, un mail à la Collectivité de Corse, indiquant qu’elle exigeait d’être reçue et qu’il soit mis fin aux contrôles diligentés par l’autorité organisatrice, dans le cadre de la vérification de la bonne exécution du marché, et qu’à défaut, elle stationnerait de façon sauvage ses bus devant le siège de la Collectivité", indique ce vendredi soir la Collectivité de Corse dans un communiqué.

Un texte dans lequel l'instance explique "qu’il est dans [ses] prérogatives de procéder aux contrôles qu’elle juge nécessaires, ceux-ci ayant d’ailleurs donné lieu au constat de plusieurs manquements".

Polémique sur l'attribution des lignes

Cette mobilisation n'est pas la première concernant les transports scolaires dans le Grand Ajaccio.

Depuis la rentrée de septembre 2023, une polémique est née après l'attribution de dix lignes de service public par la Collectivité de Corse à la SAS Phoenix. L'instance avait alors expliqué que cette société "avait été classée très largement première, dans le cadre de ces 10 lignes, par le rapport d’analyse des offres, construit sur une répartition des critères à 60% pour le prix et à 40% pour les critères techniques".

Ce choix avait provoqué le mécontentement des dirigeants d'autres sociétés de transports scolaires qui assurent le ramassage depuis de nombreuses années dans la région ajaccienne. Ces derniers déploraient le fait d’avoir perdu la gestion de certaines lignes dans les vallées du Prunelli, de la Gravona et sur la rive sud du golfe d'Ajaccio.

Les représentants de ces entreprises-là, qui pointaient "un délit de favoritisme" de la CdC dans l'attribution de ces lots, avaient également manifesté en octobre dernier devant ces mêmes grilles du cours Grandval.

"En octobre, lorsque mes confrères sont descendus manifester, ils ont émis certaines revendications, notamment celle de la résiliation des marchés non conformes, expose Mickaël Pellegrini. À mon sens, sans trop extrapoler, aujourd'hui, la Collectivité de Corse, par le biais de son directeur des transports, cherche à rendre ces marchés non conformes avec des pénalités qui ne sont pas réglées, et donc à résilier très clairement les marchés des Transports Phoenix." 

Le président de l'entreprise basée à Sarrola-Carcopino évoque des "pénalités de 500 euros par jour sur quatre lignes". 

"Notre but n'est pas de pénaliser la population, ni les familles que nous transportons. Mais force est de constater qu'avec ces sommes-là, nous ne pouvons pas continuer à assurer un service car ce n'est pas pérenne pour notre entreprise. Ces pénalités-là portent aujourd'hui sur des véhicules sur lesquels nous attendons une immatriculation définitive de la part des services administratifs de l'État, avec lesquels nous avons prochainement rendez-vous. Et, en attendant, nous avons mis en place des véhicules de location qui sont en tous points conformes aux véhicules de référence."

Concernant ces pénalités-là, Mickaël Pellegrini dit "avoir demandé à la Collectivité de prouver par A plus B qu'elles étaient indues". "Là encore, ajoute-t-il, nous avons eu une fin de non-recevoir quant au fait de savoir si la CdC les retirait ou les maintenait." 

"Manquement grave", dixit la Collectivité

Devant la Collectivité depuis ce matin, les dirigeants de la société demandent à être reçus "soit par Monsieur Simeoni, soit par un représentant de son cabinet ou soit par un élu", précise Mickaël Pellegrini.

"Nous avons également demandé une médiation par le biais de nos services juridiques et, aujourd'hui, nous n'avons aucune médiation qui a été actée, poursuit-il. Il faut savoir que c'est une obligation dans le cadre du cahier des clauses particulières."

Concernant cette mobilisation, la Collectivité de Corse estime que l'entreprise Phoenix a "choisi de persister dans son attitude en entravant la circulation sur le cours Grandval, et en décidant délibérément de ne pas procéder au ramassage scolaire des lignes le vendredi 9 février, pour le trajet retour, privant ainsi près de 400 scolaires du service de transport. Cette attitude représente un nouveau manquement grave au contrat".

Et l'instance d'ajouter qu'"elle tirera toutes les conséquences de l’attitude gravement fautive de la SAS Phoenix" et qu'elle "est mobilisée pour que le service de ramassage scolaire puisse reprendre le plus rapidement possible".

"Pour le moment, nous n'avons eu aucun retour des services de la Collectivité de Corse."

Mickaël Pellegrini

Transports Phoenix

Ce vendredi en début de soirée, les cars des Transports Phoenix étaient toujours stationnés devant l'Hôtel de Région.

"Pour le moment, nous n'avons eu aucun retour des services de la Collectivité de Corse, indique Mickaël Pellegrini. Dans l'attente d'un rendez-vous, le ramassage pourrait également être menacé sur nos lignes ce lundi."

Ce soir, les dirigeants de l'entreprise ont décidé de passer la nuit prochaine dans leurs autocars, devant les grilles de la Collectivité.

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