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Festival de Porto-Vecchio: la politique sur grand écran

Pour Karl Zéro, créateur du festival du film politique de Porto-Vecchio, "C'était une évidence, de créer ce festival en Corse". / © France 3
Pour Karl Zéro, créateur du festival du film politique de Porto-Vecchio, "C'était une évidence, de créer ce festival en Corse". / © France 3

Jusqu'à dimanche, se tient à Porto-Vecchio le deuxième festival du film politique. Quatre jours de films, de documentaires et de débats. Un rendez-vous très couru, qui réunit de nombreux visages connus du monde des médias et de celui de la politique. 

Par Sébastien Bonifay

Karl Zero le répète à loisir: ce festival, le premier du genre en France, n'aurait pu se faire ailleurs qu'en Corse.

La raison? Selon le créateur de l'événement, c'est le dernier endroit de France où c'était possible: 

"Ailleurs, ils sont un peu désabusés, mais ici, j'ai pu le constater à plusieurs reprises (Karl Zero a possédé, durant une vingtaine d'années, une maison dans l'extrême sud de l'île - NDLR), ce n'est pas le cas. J'adore la politique, et quand j'en parlais avec les corses, ça pouvait durer quatre, cinq heures. Pour les insulaires, ce n'est pas encore galvaudé. C'est au centre des préoccupations. C'était une évidence, de créer ce festival en Corse."
Festival de Porto-Vecchio: la politique sur grand écran
Intervenants -Bruno Gaccio, invité du festival // Karl Zero, organisateur du festival Equipe - Sebastien Bonifay, Guillaume Leonetti

L'idée des organisateurs, c'est de faire découvrir au public porto-vecchiais le cinéma politique dans toute sa variété, à travers les dernières productions cinématographiques. 
 

Au programme

Cette année, sur l'écran du centre culturel, Un peuple et son roi, le film de Pierre Schoeller sur la Révolution française, avec Louis Garrel dans le rôle de Louis XVI. 

Utoya, 22 juillet, de Erik Poppe, qui suit le parcours de Kaya, une jeune militante du parti travailliste lors du massacre sur l'île d'Utoya, perpétré en 2011 par Anders Brevik en Norvège.

Silvio et les autres, où Tony Servillo campe un magistral Berlusconi devant la caméra baroque de Paolo Sorrentino. 

Décapitalisation, une uchronie insolente de Pierre Zellner qui se déroule en 2020, alors qu'Emmanuel Macron est toujours président. Des militants de l'ultra-gauche décident d'enlever Arnaud Lagardère et d'autres patrons du CAC 40 pour forcer le gouvernement à appliquer une politique anti-capitaliste. 

Amare amaro, de Julien Paolini, se passe en Sicile. Le boulanger d'un petit village va se heurter à l'hostilité des habitants alors qu'il s'apprête à faire enterrer son frère, qui a le double inconvénient d'être un truand, mais également un étranger, venu de France...

Enfin, Les filles du soleil, un film sur des combattantes kurdes qui veulent libérer leur ville du joug islamiste, réalisé par Eva Husson, et interprété par Golshifteh Farahani.

Ces six films sont en compétition pour le prix du jury.

Un jury constitué de Sylvie Pialat, Patrick Poivre d'Arvor, Frédérique Dumas, Alexis Corbière, Michel Field, Camille de Casabianca et Franck Louvrier. 

D'autres films, pour la plupart des documentaires, seront programmés hors compétition durant ces quelques jours. La plupart seront suivis de débats. 

Il n'y a pas un mais des cinémas politiques. Le festival le montre à travers la diversité des films qu'il propose. Mais tous, du Paris de 1789 au Kurdistan d'aujourd'hui, sont sous-tendus par des préoccupations sociales fortes. Et tous posent leur caméra à hauteur d'homme...

C'est ce que souligne Bruno Gaccio, l'un des invités du festival, auteur historique des Guignols de l'Info"Le cinéma forme les esprits, travaille l'âme humaine, la révèle au grand jour. Il sert à la fois de thermomètre et de Thermostat. Il donne sa température à une époque. Le cinéma politique dit beaucoup de l'état, et de la culture d'un pays". 

Retrouvez le programme complet du festival.
 
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