« Reconstitution » d’un FLNC : retour en vidéo sur l'histoire des mouvements clandestins en Corse

Ces tracts ont été distribués lundi 30 septembre 2019 lors d'une conférence de presse clandestine où cinq personnes cagoulées ont revendiqué la "reconstitution" du Front de Libération Nationale de la Corse. / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
Ces tracts ont été distribués lundi 30 septembre 2019 lors d'une conférence de presse clandestine où cinq personnes cagoulées ont revendiqué la "reconstitution" du Front de Libération Nationale de la Corse. / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

De 1976 avec la création du Front de Libération Nationale de la Corse au dépôt des armes du FLNC Union des combattants et du 22 octobre, l'histoire des mouvements clandestins pour l’indépendance de la Corse a refait surface quand un petit groupe anonyme a annoncé la "reconstitution" du FLNC.
 

Par France 3 Corse ViaStella

Cinq militants cagoulés derrière une table, on pensait que cette image appartenait au passé et pourtant... Cinq ans après le dépôt des armes du FLNC Union des combattants, et trois ans après celui du 22 octobre, un petit groupe a annoncé la « reconstitution » du FLNC lors d’une conférence de presse clandestine.

L’occasion de revenir sur les dates clés du mouvement.
 
« Reconstitution » d’un FLNC : retour en vidéo sur l'histoire des mouvements clandestins en Corse
Equipe - Pierrick Nannini ; Chrsitophe Gineste.


5 mai 1976, naissance du Front de Libération Nationale de la Corse. Des dizaines d'attentats jalonnent les premières années, ponctuées d'un manifeste pour une Corse indépendante : le petit livre vert, à tendance maoïste.

Dans les années 1980, les nuits bleues s'enchaînent et des tensions apparaissent sur la stratégie et la ligne politique à adopter.

1989 : c'est la première scission du FLNC. Pierrot Poggioli crée l'ANC un mouvement public, puis Resistenza, son bras armé verra le jour un an plus tard.

Au début des années 1990, l'organisation clandestine implose. Le FLNC se scinde en deux branches : d'un côté le Canal Historique et la Cuncolta, de l'autre le Canal Habituel et le MPA.

Et cette scission tourne vite à l'affrontement. Ce sont les années de plomb.

Le premier à tomber en 1993 est Robert Sozzi. L'assassinat sera revendiqué par le FLNC Canal historique lors des journées de Corte.

Au total, cette guerre fratricide fera une vingtaine de morts. Le mouvement clandestin est atomisé. En 1996, le Canal Historique, décidé à peser politiquement, fait une démonstration de force à Tralonca.

Mais le point d'orgue de ces divisions sera l'assassinat du préfet Erignac en 1998 par un groupe dissident, les anonymes, dont l'un des objectifs était de refaire l'union.

1999 : un autre tournant. C'est la réunification du mouvement clandestin à l'occasion du processus de Matignon lancé par le premier ministre Lionel Jospin.

Malgré tout, l'histoire du mouvement clandestin connaîtra de nouvelles scissions.

Après le dépôt des armes en juin 2014, la page de la clandestinité semblait définitivement tournée. Jusqu'à cette curieuse conférence de presse. Mardi, le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour association de malfaiteurs terroristes.
 

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