Territoriales 2021 en Corse : après la déferlante nationaliste, Laurent Marcangeli promet une opposition "constructive"

Avec 32,02 % des suffrages exprimés au second tour de ces territoriales, Laurent Marcangeli et ses colistiers "Un soffiu novu" terminent en deuxième position du scrutin. Le maire d'Ajaccio prend ainsi la tête de l'unique groupe non-nationaliste à l'Assemblée de Corse.
Laurent Marcangeli, applaudi par ses soutiens devant l'hôtel de ville d'Ajaccio, après la tombée des résultats du second tour.
Laurent Marcangeli, applaudi par ses soutiens devant l'hôtel de ville d'Ajaccio, après la tombée des résultats du second tour. © FTV

L'ambiance n'était pas au champagne et à la fête, au sein du camp de Laurent Marcangeli, hier, dans la soirée du 27 juin. Mais sous la déception pointait aussi un certain soulagement. À 40 ans, le maire d'Ajaccio se présentait pour la première fois aux territoriales, et subit désormais sa première défaite électorale.

Avec 32,02 % des suffrages remportés pour ce second tour des élections territoriales (43.766 voix), il décroche sans surprise la seconde place, derrière Gilles Simeoni, et sauve l'honneur, en remportant 17 sièges pour sa liste "Un soffiu novu" à l'Assemblée de Corse.

Un score somme toute respectable pour la droite, qui fait mieux qu'aux élections territoriales de 2017 (+1 une place dans l'hémicycle et + 7.061 votes), 2015 (+ 6 élus et + 3.286 votes), et même 2010 (+ 6 élus et + 4.109 votes). L'élu et ses colistiers s'imposent au passage comme la seule force d'opposition face à la déferlante nationaliste, titulaire de près de 68 % des voix exprimées du scrutin.

Le combat n'aura pas été aisé : les 10.335 voix supplémentaires récoltées entre le premier et le second tour par Laurent Marcangeli l'auront été à la sueur de son front et de celui de ses soutiens, en mobilisant les maires et les territoires, avec pour maître-mot limiter les dégâts, à défaut de ravir le trône de président du conseil exécutif. 

Belle majorité dans le pays ajaccien

S'il conserve la mainmise sur ses terres, avec 46,08 % des suffrages dans la cité impériale - soit près de 13 points de plus que Gilles Simeoni - le maire ne peut se targuer "que" de 1.474 voix supplémentaires dans l'entre deux-tour (7.051 votes au premier tour contre 8.525 votes au second), quand le président sortant de l'exécutif en remporte lui 2.138 de plus (4.058 votes au premier tour, 6196 au second). Ce n'est pas un désaveu, mais plutôt le signe d'un report de voix limité.

Plus encore, s'il remporte un large soutien au sein de la communauté d'agglomération du pays Ajaccien (Capa), deux des dix communes qui la composent lui préfèrent Gilles Simeoni. Cuttoli-Corticchiato, avec plus de 40 points d'écart (66,06 % contre 15,25 %) et Afa, où le nationaliste l'emporte d'une courte tête (35,94 % contre 34,31 %), à 21 votes près.

Quelques minutes après 20h et l'annonce des résultats, c'est devant l'hôtel de ville que Laurent Marcangeli a choisi de s'exprimer.

Un discours de plusieurs minutes face à la presse et face à ses soutiens, dans lequel la tête de liste "Un soffiu novu" a d'abord tenu à souligner la participation des Corses  - 58,91 % des inscrits ont voté, soit la région qui a le plus voté en France métropolitaine, pour des élections qui ont recueilli des taux record d'abstention -, avant d'adresser ses remerciements à celles et ceux "qui se sont manifestés à travers [sa] liste qu'[il a eu] l'honneur de conduire".

"Nous n'avons certes pas été en mesure de gagner, mais nous sommes là, et bien là." Bon joueur, Laurent Marcangeli a pris le temps de féliciter Gilles Simeoni "et ses amis pour leur victoire incontestable". "Je veux lui souhaiter bonne chance, parce que sa réussite sera celle de la Corse. Mais je veux dire également que nous serons, avec celles et ceux qui m’accompagneront dans les prochaines années, une opposition de combat, une opposition ouverte, mais une opposition ferme."

Ouverte, "lorsqu’il s’agira de servir la Corse et les Corses dans leur intérêt", sans faire bloc systématique, assure le maire, mais ferme "sur ce que nous sommes. Nous n’avons pas l’intention de mettre notre chapeau dans la poche. Nous resterons fiers de nos valeurs, fiers de ce qui nous a permis d’obtenir ce score, parce que c’est ainsi que je conçois la vie publique."

Pas question, donc, de baisser les bras, ni de laisser un "règne hégémonique" se mettre en place. Valérie Bozzi, en seconde position sur la liste "Un soffiu novu", prévenait d'ailleurs dans la soirée du 27 juin sur le plateau de France 3 Corse ViaStella : cette élection ne sera sans doute pas la dernière pour le maire d'Ajaccio.

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