Jean-Jacques Ciccolini élu président de l’association des maires de Corse-du-Sud

Soutenu par la majorité nationaliste, le maire de Cozzano l'emporte de dix voix d'avance devant son adversaire Paul-Marie Bartoli. Le maire de Propriano bénéficiait lui de l'appui de Laurent Marcangeli et de Jean-Charles Orsucci. De quoi donner au scrutin un air de premier round des territoriales

Election du président de l'association des maires de Corse-du-Sud au Palatinu - Ajaccio
Election du président de l'association des maires de Corse-du-Sud au Palatinu - Ajaccio © Pierre Simonpoli

Sur le papier, c'est une élection qui se veut sans trop d’envergure, même si l’association des maires de Corse permet  en théorie de faire le lien entre les mairies et les services de l’Etat. Malgré la volonté d’Emmanuel Macron de mettre au centre du débat les élus des communes et des intercommunalités, l'association en elle même est rarement associée aux décisions, encore moins sur des questions purement politiques.


Un avant goût des territoriales ?

Cette fois, cependant, l’élection du président de l’association des maires revêt un caractère stratégique. Car sans le dire clairement, deux camps s’affrontent, dans ce qui peut vaguement s’apparenter à un tour de chauffe des territoriales de 2021.

D’un coté, Jean-Jacques Ciccolini, maire de Cozzano, à la tête d'une liste issue en partie de la majorité territoriale. De l'autre, Paul-Marie Bartoli maire de Propriano, soutenu lui par Laurent Marcangeli et Jean-Charles Orsucci, élus d'opposition et potentiels concurrents aux nationalistes. 

Jean-Jacques Ciccolini maire de Cozzano élu
Jean-Jacques Ciccolini maire de Cozzano élu © Pierre Simonpoli

Pour saisir le réel enjeu de cette élection, il faut regarder dans le détail les soutiens respectifs des deux listes. Et ils sont de poids.

Si l’objectif est ici de se compter et de faire l’état des lieux des forces en présence du sud de la Corse, les participants ne l'admettent qu'à demi-mot.

Voire le réfutent totalement. Pour le maire de Porto-Vecchio  Jean Christophe Angelini, par exemple,  les territoriales n'étaient pas au cœur de ce scrutin :

« Bien-sur que cette élection il ne fallait pas la perdre. Pour un certain nombre de raisons... Pour des raisons liées à nos projets pas pour des raisons liées aux territoriales », assure le leader du PNC. 

Même discours du côté Laurent Marcangeli, maire d'Ajaccio :

« Je ne pense pas que la vocation de l’association des maires de corse soit d’injecter de la politique, tempère celui que l'on présente comme le plus sérieux challenger de Gilles Simeoni dans la course aux territoriales. [L'association ]est au service de tous c’est pour ça que j’avais plaidé pour une liste unique. Je vois beaucoup moins de politique dans cette élection, les corses ne sont pas tous conviés aujourd’hui. Les territoriales donneront à tout le monde la possibilité de s’exprimer. Ici, on le voit bien, il y a de l’amitié, des hommes de gauche, de droite et des nationalistes qui travaillent ensemble. Cela ne sera pas la même chose aux élections territoriales. »

Deux maires en lice

En dépit de ces discours, Jean-Jacques Ciccolini prend la relève de Jocelyne Fazi dans un contexte où sa victoire s'apparente à une démonstration de force.


Dans son discours, le nouveau président insiste d'ailleurs sur le rôle de la collectivité de corse et se veut un interlocuteur avec l'État. Au programme : plan de relance, problématique de l'abandon des services publics dans le rural. Le tout vu par le prisme des petites communes de l’intérieur.

Paul-Marie Bartoli, très attentif durant le dépouillement, est bon perdant. Il se dit prêt à travailler avec son adversaire, mais prévient tout de même:  son cheval de bataille c’est l’urbanisme avec une attention toute particulière sur le PADDUC. 

Selon le candidat malheureux, tout s’est joué dans les heures précédant le scrutin :

« La dernière semaine a été décisive. Pour être totalement franc, je pensais l’emporter avec 67 voix contre 60, et je suis battu. C’est qu’il y a eu des gens qui ont été travaillés au corps ces derniers jours, mais c’est la politique ! »

Paul-Marie Bartoli maire de Propriano lors du scrutin
Paul-Marie Bartoli maire de Propriano lors du scrutin © Pierre Simonpoli

L’enjeu des prochaines élections a donc effacé toutes les bonnes volontés de maintenir cette institution apolitique. Même si il est vrai qu’avec seulement 10 voix d’écart, il est difficile d’en tirer des conclusions attives, et encore moins de faire des prédictions sur le vote de juin prochain. Reste que cette longue campagne pour un poste d’ordinaire peu convoité a comme un petit avant goût de territoriales.

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