Jets de cocktails molotov en 2020 : Sulidarità dénonce les conditions de détention des deux personnes mises en examen

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Écrit par Sébastien Bonifay
Le siège de la sous-division antiterroriste à Levallois-Perret.
Le siège de la sous-division antiterroriste à Levallois-Perret. © PHOTOPQR/LE PARISIEN

Le 16 décembre dernier, trois personnes étaient mises en examen, et deux d'entre elles écrouées, pour le jet de cocktails Molotov sur la sous-préfecture de Sartène. L'association Sulidarità compare les conditions d'incarcération de ces derniers à de la "torture blanche".

Les faits remontent à la nuit du 1er octobre 2020. Plusieurs cocktails Molotov viennent s'écraser sur la façade de la sous-préfecture de Sartène. Aucune victime n'est à déplorer, mais l'Etat, par la voix du préfet Lelarge, avait condamné "avec la plus grande fermeté" un "geste criminel"
Un peu plus d'un an après, l'enquête aboutissait, les 13 et 14 décembre derniers, à une vague d'arrestations menées par la sous-direction antiterroriste (Sdat), la direction territoriale de la police judiciaire d'Ajaccio et la section de recherche de la gendarmerie de Corse. Trois jours plus tard, trois hommes sont mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste", et "dégradation par substance incendiaire". 

Covid19

L'un d'eux est placé sous contrôle judiciaire. Les deux autres sont transférés à Paris, et écroués. L'association Sulidarità, par voie de communiqué, veut attirer l'attention de l'opinion publique insulaire sur les conditions d'incarcération de "Manu et José". Mais dès le début du courrier qu'elle a fait parvenir à la presse, elle dénonce "l'activation de l'appareil antiterroriste pour un fait qui, si ces deux jeunes avaient des opinions politiques différentes, aurait tout au plus relevé de la compétence du parquet d'Ajaccio, qui avait pas ailleurs été saisi au début de cette affaire". 

Pour Sulidarità, l'Etat "œuvre à briser mentalement nos jeunes". Et l'association fait la liste de tout ce qui, selon elle, donnerait cette impression depuis le début de l'incarcération : "insultes à caractère raciste de la part des forces de l'ordre", "refus de leur faire parvenir leurs vêtements en plein hiver à Paris", "refus de les laisser cantiner des produits d'hygiène et non obtention du kit de première nécessité donné à chaque arrivant", obstruction de leur droit de communiquer avec leurs proches", et "refus de soins pour l'un d'entre eux, probablement infecté par la Covid19". 

L'association conclut sa communication en appelant le "peuple corse à se tenir prêt à la mobilisation".

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