Tema pêche : à Bonifacio, des scientifiques étudient la pollution plastique en Méditerranée

Tema pêche : à Bonifacio, des scientifiques étudient la pollution plastique en Méditerranée
Intervenants - Tosca Bellerini, coordinatrice du programme 'Pelagos Plastic free" // Laura Frere, scientifique // Bruno Dumontet, chef d’expédition MED // Michel Mallaroni, directeur du Port de Plaisance de Bonifacio Equipe - Frédéric Danesi // Frédéric Roche

Les matières plastiques en décomposition sont une « petite bombe » de produits chimiques et de bactéries. Pour le prouver, l’expédition MED sillonne la Méditerranée, pour évaluer les conséquences de cette pollution sur les écosystèmes.
 

Par P.S.

Toutes voiles dehors l’expédition MED part à la chasse aux plastiques en méditerranée. Première étape : Bonifacio. Un long filet aux mailles extrêmement fines, baptisé « manta », est tracté à la vitesse de 2 nœuds pour y prélever des bouts de plastiques. A l'intérieur, un échantillonnage de ce que contient la Méditerranée.

A bord, des scientifiques vont inventorier puis envoyer pour analyse le fruit de cette pêche singulière.



Analyses

« Nous allons avoir une analyse chimique, pour savoir quel type de plastique nous avons, nous allons avoir une analyse biologique, pour ce qui est de la plastiphère, les micro-organismes qui colonisent nos plastiques et le reste on va le concentrer dans un flacon. Plus tard au laboratoire on fera le comptage des déchets plastiques qu’il y a dans nos échantillons », précise Laura Frere, scientifique.

Le plastique est un polluant redoutable parce qu'il n'est pas biodégradable. Il cause du tort notamment aux cétacés qui en ingèrent comme le rorqual commun que l'on retrouve entre la France continentale, la Corse et l'Italie, dans le sanctuaire pelagos. 
 

Le plastique, une "petite bombe"

« D’un côté les micro-plastiques ont en surface des produits chimiques qui ont été rajoutés pendant la fabrication du plastique. D’un autre côté ils peuvent absorber d’autres produits chimiques qui sont dissous dans l’eau. Donc ça devient une petite bombe. En plus, chaque morceau de plastique dans l’eau est colonisé après quelques heures par des bactéries, des algues unicellulaires, des micro-invertébrés, des virus. Nous voulons étudier quelles espèces de micro-organismes colonisent les plastiques  », explique Tosca Bellerini, coordinatrice du programme 'Pelagos Plastic free".

64 % des déchets échoués sur les plages ont été conçus pour un usage unique. La Méditerranée est la mer la plus polluée au monde par les matières plastiques : jusqu'à 10 kg au kilomètre carré. Pour Bruno Dumontet, chef d'expédition le temps presse : « On est confrontés à un problème géopolitique parce que si on met des mesures en place, notamment sur la rive Nord, européenne, si on n’associe pas les pays de la rive Sud ça servira pas à grand-chose », estime-t-il.

Chacun à son niveau peut agir contre la pollution. La ville de Bonifacio y consacre un intérêt particulier : « On a une activité de loisir, elle n’a de sens que si on prend en compte une gestion et une approche environnementale des choses », considère Michel Mallaroni, directeur du Port de Plaisance de Bonifacio.

Certaines expéditions sont ouvertes au public. Il vous en coûtera quelques centaines d'euros. Une façon de participer à la protection de la Méditerranée.


 

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