Couvre-feu en Corse : les restaurateurs s'estiment "pris pour cible"

Suite à l'annonce ce jeudi à 17 heures de la mise en place du couvre-feu en Corse, les restaurateurs insulaires ont manifesté leur mécontentement, pointant du doigt "l'incohérence" des mesures gouvernementales et les efforts logistiques et financiers déjà consenti au cours des mois précédents.

Suite à l'annonce de la mise en place du couvre-feu en Corse, les restaurants vont devoir fermer à partir de 21 heures.
Suite à l'annonce de la mise en place du couvre-feu en Corse, les restaurants vont devoir fermer à partir de 21 heures. © Guillaume BONNEFONT / maxppp
La nouvelle tant redoutée par les professionnels de la restauration est tombée : après les annonces du Premier ministre Jean Castex ce jeudi à 17 heures, la Corse rejoint le nombre croissant de territoires concernés par un couvre-feu, destiné à enrayer la progression "rapide et préoccupante" des contaminations à la Covid-19.

Frédéric Ruiz, gérant d'un restaurant à Biguglia depuis plus de deux ans et président des restaurateurs au sein de l'Union des Métiers et des Industries de l'hôtellerie de Corse, dénonce "l'incohérence" des mesures gouvernementales.

"Selon la logique du gouvernement, les gens ne risquent donc pas d'attraper le coronavirus dans un restaurant le midi, mais passé 21 heures, si ? C'est aberrant.

"A ma connaissance, il n'y a pas eu un seul cluster enregistré dans un restaurant ici en Corse," estime-t-il. Il faut arrêter de faire croire que c'est en fermant les bars et les restaurants que nous allons ralentir la propagation du virus."
Et il rappelle que les professionnels du secteur ont mis en place de strictes mesures de sécurité, au prix d'importants efforts financiers : "Nous avons des coûts supplémentaires, avec les gels hydroalcooliques et les masques mis à disposition de la clientèle, les protocoles sanitaires, la désinfection régulière des tables, etc."

Son restaurant à Biguglia, principalement fréquenté par une clientèle locale, a rouvert ses portes au début du mois de septembre. Frédéric Ruiz estime la baisse de fréquentation de près de 30% par rapport aux années précédentes. Et selon lui, les dettes s'accumulent : "nous sommes des gens responsables. Nous avons bien conscience de l'ampleur de cette crise sanitaire. Mais qui va nous aider à payer nos factures, nos loyers ?"

Hormis les bars, les salles de sport privées vont également devoir fermer leurs portes, ainsi que les vestiaires des gymnases publics. En revanche, les rencontres sportives en extérieur sont maintenues.

D'une durée de six semaines et s'étendant de 21 heures à 6 heures, celui-ci concerne 54 départements et prendra effet ce vendredi 23 octobre à minuit. "A 21 heures, chacun devra être chez soi et tous les commerces, sauf exception, devront être fermées."

Les débits de boisson devront rester fermés pendant toute la durée du couvre-feu, tandis que les restaurants seront tenus de fermer leurs portes à partir de 21 heures.
 
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