Covid-19 : le tourisme en Corse fortement touché par la crise sanitaire à la veille des vacances de février

L'année 2021 démarre au ralenti pour le tourisme en Corse, fortement touché par la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19. A la veille des vacances de février, les professionnels du secteur sont au point mort et craignent que la saison estivale soit également affectée. 

Par rapport à la même période l'an passé, les compagnies aériennes constatent une baisse de trafic de 50%.
Par rapport à la même période l'an passé, les compagnies aériennes constatent une baisse de trafic de 50%. © Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

L'année 2020 accusait une perte d'1,5 milliards d'euros, selon l'Agence du tourisme de la Corse. Le début de l'année 2021 semble suivre la même trajectoire. À la veille des vacances de février, le bilan est morose. Par rapport à la même période l'an dernier, Air Corsica et Corsica Linea enregistrent une baisse de trafic de -50%. Du côté de Corsica Ferries, le constat est identique. Si l'on prend par exemple la date du premier février, 1.500 passagers avaient embarqué en 2020, 700 cette année.

En outre, l'apparition du variant britannique sur le territoire a contraint les autorités à prendre des mesures sanitaires plus restrictives. À partir du 6 février, les personnes qui souhaitent se rendre en Corse doivent en effet fournir un test RT-PCR négatif.

Les agences de voyages au point mort

Pour Élodie Andreani, directrice d'Aria Voyages à Ajaccio, le bilan est sans appel : "On a complètement changé de métier, déclare-t-elle. On n'est plus des assistants, on fait beaucoup de dossiers d’assurance, on est beaucoup dans la paperasse, dans le conseil au client et on est quasiment plus agents de voyage".

"Nous sommes actuellement au point mort, commente Jean-Marc Ollandini, dirigeant du groupe Ollandini Voyages. Dans l’activité tour operator, on enregistre actuellement à peu près 10 % des réservations normales à cette époque, donc c’est dire que nous sommes quasiment en gel de réservation"

Des hôtels vides les week-ends

Dans les hôtels, la clientèle a changé : "On accueille beaucoup de clientèle d'affaires, beaucoup de clientèle VRP, témoigne Benoît Chaudron, directeur de l'hôtel Club Marina Viva de Porticcio. On accueille uniquement la semaine et le week-end est vide. Parce que toute la clientèle de tourisme, de proximité, ne bouge pas".

Pas de vision d'avenir pour les hôteliers, ni même pour les clients : "Tout le monde est dans l'attente de savoir ce qu’il va se passer. Est-ce que ça va ouvrir, quand, comment, quelles seront les conditions? Les questions que les gens posent sont "quelles sont les conditions d’annulation?", avant même "quelles sont les conditions de réservation?""

De l'espoir pour l'été ?

Les réservations pour les vacances d'été se font habituellement à cette période de l'année. Mais en 2021, elles se font encore attendre. Du côté de l'Agence du tourisme de la Corse, on mise sur le label "Safe Corsica" mis en place en juillet dernier pour rassurer les touristes et les résidents locaux en terme de sécurité sanitaire. 

Vendredi dernier, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la fermeture des frontières aux pays hors de l'Union européenne. Impossible également de rejoindre les départements d'Outre-mer.

Ces restrictions vont-elles inciter les Français à passer leurs vacances d'été au soleil dans l'hexagone ? Si oui, la Corse pourrait être une des destinations privilégiées. Mardi, la compagnie low-cost Transavia a annoncé l'ouverture de six nouvelles lignes vers l'Île de Beauté dès le printemps prochain, avec des billets à partir de 39 euros l'aller-simple. Des perspectives évidemment soumises à l'évolution incertaine de l'épidémie. 

 

 

 

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